Procès Moussaoui: sept témoins exclus, suspension jusqu'à lundi (AFP)

Publié le

ALEXANDRIA (AFP) - Le tribunal d'Alexandria (Virginie), près de Washington, a reporté au lundi 20 mars la reprise du procès de Zacarias Moussaoui, à la demande de l'accusation qui envisage de faire appel d'une décision de la juge annulant sept témoignages-clés.

Le tribunal "a accepté une requête de l'accusation demandant de reporter la reprise du procès au lundi 20 mars", a-t-il indiqué dans un communiqué.

La juge Brinkema chargée du procès du Français avait décidé dans l'après-midi de poursuivre la procédure malgré une "monumentale" violation des droits de la défense constatée la veille.

Mais elle avait annulé en même temps tout un pan du dossier qui aurait pu permettre à l'accusation de prouver que Moussaoui est "passible" de la peine de mort.

Sa décision implique que sept témoins qui devaient ou pouvaient être interrogés pendant le procès ne seront plus entendus.

Lundi, Leonie Brinkema avait annoncé qu'une avocate, Carla Martin, travaillant pour l'administration chargée de la sécurité dans les transports (TSA) avait tenté d'influencer à l'avance le témoignage de sept employés ou anciens employés de l'Administration fédérale de l'aviation (FAA), dans un sens favorable à l'accusation.

Ces témoins "importants", employés ou ex-employés de l'Administration fédérale de l'aviation (FAA), devaient alimenter la thèse selon laquelle les morts du 11-Septembre auraient pu être évitées si Moussaoui avait parlé des projets d'attentats lors de son arrestation le 16 août 2001.

L'accusation a reconnu que ce volet de l'affaire représentait la "moitié" de sa démonstration.

Le département de la  Justice (DoJ) américain a indiqué dans un communiqué que ses services étudiaient la décision de la juge.

Le DoJ estime que la décision de la juge est "décevante", alors que des "actions rapides" ont été entreprises par ses services pour informer la magistrate de la violation des droits de la défense, dont les procureurs, insiste-t-il, n'avaient pas connaissance lorsqu'elle s'est produite.

"Il est important de souligner le contexte dans lequel ce procès de peine de mort se déroule. L'accusation a obtenu avec succès une reconnaissance de culpabilité de Zacarias Moussaoui, qui risque au minimum la réclusion criminelle à perpétuité", conclut son communiqué.

Moussaoui, 37 ans, a plaidé coupable en avril 2005. Le procès vise à fixer sa peine: prison à vie ou condamnation à mort.

Publié dans Dépêches

Commenter cet article