Ben Laden disculpe Zacarias Moussaoui des attentats du 11 septembre (AFP)

Publié le par Habib TRABELSI

PARIS (AFP) - Le chef d'al-Qaïda, Oussama ben Laden, a disculpé le Français Zacarias Moussaoui de toute complicité dans les attentats du 11 septembre 2001, dont il assume l'entière responsabilité, dans un message adressé au peuple américain, mis en ligne mardi."Je suis personnellement responsable de l'attribution des rôles aux 19 frères pour mener ces conquêtes et je n'ai pas chargé le frère Zacarias d'être avec eux dans cette mission", a déclaré ben Laden dans ce message audio diffusé par As-Sahab, organe habituel du réseau terroriste.

"Zacarias Moussaoui n'a aucun lien" avec ces attaques, a insisté ben Laden, dont une photo apparaît sur l'écran du site islamiste et dont les propos sont systématiquement traduits en anglais.

"Les aveux selon lesquels il était chargé de participer à ces conquêtes sont nuls et non avenus. Aucune personne sensée ne peut douter que (ces aveux) sont le résultat des pressions exercées sur lui durant quatre ans et demi", a déclaré le chef d'al-Qaïda.

"Si ces pressions sont levées et s'il recouvre son état normal, il reconnaîtra la vérité que j'ai énoncée", a affirmé ben Laden qui s'est proposé d'apporter son "témoignage sur les prisonniers musulmans détenus chez" les Américains et dévoiler "les vérités détestées par l'administration américaine".

Parmi ces "vérités", il rappelle que "le frère Moussaoui a été arrêté deux semaines avant ces événements". "S'il était au courant de la moindre information sur le groupe du 11 septembre, nous aurions demandé à l'émir Mohammed Atta (l'un des 19 kamikases) et à ses frères de quitter l'Amérique immédiatement avant que (leur projet) ne soit dévoilé", dit-il. Zacarias Moussaoui a plaidé coupable le 22 avril 2005 de complicité avec les auteurs de ces attentats. Il a été condamné le 4 mai à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité dans ces attentats. Le 8 mai, il a tenté de revenir sur ses aveux, mais sa demande a été rejetée. Ben Laden a également affirmé que les prisonniers détenus dans la base américaine de Guantanamo (Cuba) "n'ont aucun lien avec les événements du 11 septembre" et que "bon nombre d'entre eux n'ont aucun lien avec al-Qaïda". "Tous les détenus à Guantanamo qui ont été faits prisonniers en 2001 et dans la deuxième moitié de 2002, et dont le nombre se compte par centaines, n'ont aucun lien avec les événements du 11 septembre. Le plus étrange, c'est que bon nombre d'entre eux n'ont pas de lien avec al-Qaïda. Plus étrange encore: certains d'entre s'opposent à l'orientation d'al-Qaïda appelant à combattre l'Amérique", dit-il. "Je cite encore le cas de ceux qui travaillaient dans des organisations de secours, comme Abou Abdel Aziz Al-Mutrafi, ou dans les médias, comme Sami al-Haj ou Tayssir Allouni (ndlr: deux journalistes de la chaîne qatariote Al-Jazira), qui a été fait prisonnier à l'incitation de l'administration américaine", a poursuivi ben Laden. "En définitive, tous les prisonniers, à l'exception de deux frères (...), n'ont aucun lien avec les événements du 11 septembre et ne savaient rien à leur sujet. Cette vérité est connue par (le président américain George W.) Bush et son administration, mais ils évitent d'en parler pour des raisons que les personnes sensées n'ignorent pas", a-t-il déclaré. "Parmi ces raisons: trouver des justifications aux énormes dépenses, par centaines de milliards (de dollars), consacrées au ministère de la Défense et d'autres organismes dans leur guerre contre les moudjahidine", a-t-il dit. "Peut-être qu'un jour, des Américains aimant la justice et l'équité viendront (au pouvoir). Telle est la voie de la paix et de la sécurité, si vous les voulez", a-t-il conclu en guise de menace implicite aux Américains. Dans ses dernières lettres sonores en janvier 2006, après un silence de plus d'un an, et en avril 2006, ben Laden avait menacé de nouveau les Etats-Unis ainsi que les pays ayant diffusé des caricatures du prophète Mahomet. Ben Laden s'est manifesté sur une cassette vidéo pour la dernière fois le 29 octobre 2004 où il menaçait les Etats-Unis de nouveaux attentats et accusait le président George Bush de "négligences" durant les attaques du 11 septembre 2001. Le message diffusé mardi par As-Sahab n'a pas encore été authentifié par les services de renseignement américains, mais selon un responsable du contre-terrorisme, qui a requis l'anonymat, il n'y a pas de raisons de douter de son authenticité. "Ce que je voudrais dire à ce stade, c'est qu'il n'existe pas de raisons de douter qu'elle est authentique", a-t-il dit.

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