Zacarias Moussaoui revient sur ses aveux et reconnaît une "invention complète" (Le Monde)

Publié le par Alain Salles

Zacarias Moussaoui a encore changé d'avis, mais trop tard. La juge du tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie), Leonie Brinkema, a rejeté, lundi 8 mai, sa demande, faite le même jour, de revenir sur son aveu de culpabilité.

Le 22 avril 2005, Zacarias Moussaoui avait plaidé coupable contre l'avis de ses avocats, pour complicité dans les attentats du 11-Septembre. Ce sont ces aveux qui ont permis l'ouverture de son procès, du 6 mars au 4 mai, à l'issue duquel il a été condamné à la réclusion à perpétuité, sans possibilité de libération. Il échappait ainsi à la peine de mort que cherchait à obtenir le gouvernement pour celui qui est le seul condamné pour les attaques d'Al-Qaida à New York et Washington, en 2001, qui ont fait près de 3 000 morts.

"J'ai été extrêmement surpris quand le jury a rendu son verdict, car je savais que c'était l'intention du système judiciaire américain de m'envoyer à la mort", explique Moussaoui dans la motion soumise à la justice. Le Français n'avait guère ménagé sa peine, lors du procès, pour expliquer qu'il était censé piloter un cinquième avion le 11 septembre 2001.

Il reconnaît aujourd'hui que c'était "une invention complète". "Je n'ai jamais rencontré Mohammed Atta, poursuit-il, contrairement à ce qu'il avait indiqué au tribunal. Et si j'ai pu voir quelques pirates de l'air à la maison d'hôte (de Kandahar), je ne les connaissais pas et je ne savais rien de leur opération."
Après avoir maudit ses avocats et la justice américaine pendant toute la procédure, Moussaoui semble en découvrir aujourd'hui les vertus. Il estime qu'il pourrait avoir "un procès équitable, même avec des jurés américains, pour prouver que je n'avais aucune connaissance et que je n'étais pas membre du complot du 11-Septembre".
Depuis son arrestation en août 2001, Zacarias Moussaoui a changé plusieurs fois de discours et de stratégies judiciaires. La juge l'avait prévenu des conséquences de ses aveux. Elle a rejeté sa motion, car un accusé ne peut revenir sur son plaider-coupable une fois sa peine prononcée. Ce refus n'épuise pas les recours du Français, mais les chances d'un appel semblent faibles.

Publié dans Articles de presse

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