Interviewes

Jeudi 13 décembre 2001

La mère du Narbonnais réagit à l’annonce de son inculpation aux Etats-Unis

Bouleversée par l’annonce de l’inculpation de son fils et la possibilité qu’il soit condamné à mort pour sa participation supposée aux attentats sanglants du 11 septembre, la mère de Zacarias Moussaoui nous a reçus dans sa maison narbonnaise. Elle affirme sa confiance en l’innocence de son fils et avoue sa méfiance vis-à-vis de la justice américaine. Aïcha Moussaoui dénonce également le racisme et l’intégrisme.

Midi Libre : Quelle est votre réaction à l’annonce de l’inculpation de votre fils ?

Aïcha Moussaoui : Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise… Quand j’ai appris son inculpation, c’est comme si on m’avait envoyé une décharge électrique ! Ce ne sont même pas les autorités françaises qui m’ont avertie hier soir (Ndlr : mardi). J’ai appris ça par un journaliste américain qui m’a appelée de là-bas avant même que ce soit su en France.

M.L. : Quand avez-vous eu des nouvelles de votre fils pour la dernière fois ?

A.M. : Les dernières nouvelles que j’ai eues de lui, c’est une lettre que j’ai reçue en octobre. Il me disait qu’il allait bien moralement. Qu’il n’avait rien fait. Au moment voulu, il montrera qu’il est innocent et qu’il n’a rien fait. Qu’il a des vraies preuves et que les Américains sont capables de fabriquer des fausses preuves. Ils sont forts pour ça. J’espère qu’ils le laisseront s’exprimer. Pour le moment, c’est eux qui sont forts. Ils peuvent l’empêcher de révéler ses preuves. Je n’en sais rien !

M.L. : Vous n’avez pas confiance en la justice américaine ?

A.M. : Quand on est pauvre comme moi et loin, j’ai du mal à faire confiance. Surtout quand je vois, dans certaines émissions, que 80 personnes étaient dans le "couloir de la mort", à tort ! Elles n’ont eu la vie sauve que grâce aux tests ADN. Quand on sait que ce sont des Mexicains ou des Noirs… Mon fils a tout contre lui !

M.L. : Pourtant, il semble bien qu’il ait versé dans l’intégrisme…

A.M. :
Ça, il y a plusieurs raisons depuis sa scolarité. Parce que, quand il était ici à Narbonne, on ne lui a pas laissé la chance de faire un parcours scolaire normal. Il voulait faire un bac général comme tout le monde. On le lui a refusé, en lui disant qu’un brevet d’électricien suffisait… Ils ont fait la même chose avec son frère qui a un brevet de plombier.
Quand Zacarias sortait avec ses copains, il se faisait refouler parce qu’il n’avait pas la même couleur que les autres ! Il a fréquenté une copine pendant dix ans et il n’a jamais été accepté par sa famille ! Il y a trop de choses qui se sont accumulées.
Il y avait aussi ma nièce qui est venue du Maroc. Elle a monté la tête de mes enfants en leur expliquant tous les pouvoirs, les droits et les avantages que devait avoir l’homme musulman.
Pendant un an, je pris en charge cette fille qui a mangé et dormi sous mon toit pendant que je travaillais. Elle m’a détruit moi, mes enfants et mon bonheur. Dans un moment de faiblesse, Zacarias a glissé du mauvais côté. Voilà ! M.L. : Vous pensez qu’il a pu être entraîné vers le terrorisme ? A.M. : Les Américains disent qu’ils ont des preuves qu’il a consulté un site Internet islamiste. Mais ça ne veut rien dire. Je ne les crois pas. On veut absolument la tête de quelqu’un, on l’a ! Ils veulent faire un exemple ! Ils veulent un coupable et ils l’ont. J’aimerais bien qu’ils fassent vraiment la justice. Qu’ils cherchent vraiment les preuves. Je fais plus confiance à la justice française. Sinon, c’est trop facile.

Propos recueillis par Sid MOKHTARI
(Midi Libre. 13.12.01)

Par Sid Mokhtari
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Lundi 4 février 2002

Il a été l'avocat français le plus médiatisé de ce début d'année. François Roux, avocat à Montpellier, spécialiste des Droits de l'homme, habitué du tribunal pénal international pour les crimes du Rwanda, a accompagné la mère du Narbonnais Zacarias Moussaoui lors de la première comparution de l'accusé français des attentats du 11 septembre. Regard sur une procédure qui peut déboucher sur la réquisition de la peine capitale.

Midi Libre : Avec un mois de recul, quel regard portez-vous sur le fonctionnement de la justice américaine ?
François Roux : Son gros avantage, c'est que les témoins sont interrogés par les avocats. Son inconvénient, c'est son goût forcené du détail. Si un témoin est incapable de dire combien de pétales a cette fleur, il n'est plus crédible. S'il ne peut répondre qu'à quinze points sur vingt-cinq soumis par l'accusation, il est hors débat. Nous, nous avons l'intime conviction du juge, qui repose tout de même sur des éléments rationnels : elle peut paraître plus subjective mais elle permet d'éviter cette impression parfois donnée aux Etats- Unis que c'est un jeu où c'est le meilleur qui gagne. On a le sentiment qu'un détail peut faire la différence. Est-ce vraiment la justice ? On peut se poser d'autant plus la question que, dans le cas de la peine de mort, on s'est aperçu, après les exécutions, qu'un certain nombre de condamnés étaient innocents. C'est donc une culture judiciaire qui a montré largement ses limites.

Et plus spécifiquement dans le dossier Moussaoui ? Pensez-vous que le premier accusé des attentats du 11 septembre aura un procès équitable ?

Je suis très inquiet de la manière dont cela se passe. Je suis obligé de constater que la défense a déposé deux requêtes et qu'elles ont été toutes deux rejetées : un délai nécessaire pour préparer la défense et la demande de diffusion télévisée des débats qui me paraissait être une des conditions d'un procès équitable. Je suis donc préoccupé par le peu de temps que la défense aura pour se préparer face à l'énormité du dossier. Quelques mois à peine pour chercher les preuves à décharge, c'est peu. Et puis il y a le lieu choisi : Alexandria, banlieue résidentielle de Washington, où habitent beaucoup d'employés du Pentagone.

Est-ce que le climat contre Moussaoui est très passionnel ?
C'était très intéressant de voir l'évolution : dans un pays qui continue à être couvert de drapeaux, sont arrivées peu à peu des réactions de soutien. Beaucoup de la part de gens originaires d'Afrique du Nord ou de Noirs. Je crois que la venue de la mère de Moussaoui a été plutôt bien accueillie. Les journaux lui ont fait un bon écho. Il me semble que cette présence a donné un peu d'humanité à ce garçon qui, jusque-là, était le diable, le terroriste. Comme si les Américains s'étaient soudain dit : il a donc une maman.

Le fait qu'il soit de nationalité française joue dans un sens ou dans l'autre ?

C'est difficile à sentir. La France ne nous aide pas beaucoup. J'avais tenu à aller rencontrer une responsable du Quai d'Orsay avant de partir. Il nous a été répondu que, dans la mesure où Moussaoui avait décliné la protection consulaire, la France n'interviendrait pas. Pourtant, je me suis rendu compte aux Etats-Unis qu'on était très attentif aux positions de la France sur la peine de mort. La ministre de la Justice Marylise Lebranchu a été parfaitement claire en disant : « Il n'est pas question de laisser appliquer la peine de mort à un concitoyen ». Le Quai d'Orsay, lui, se contente de se retrancher derrière cette déclaration. Il faut donc, avant le 29 mars, date où le procureur doit faire savoir s'il demande la peine capitale, que les plus hautes autorités de l'Etat, les organisations de défense des Droits de l'homme se fassent entendre haut et fort. Les autorités judiciaires américaines y sont très attentives, même si on sent parfaitement que c'est un procès américano-américain.

Quelle impression vous a fait Moussaoui, et notamment sa référence à Allah dans l'unique phrase qu'il a prononcée lors de sa première comparution ?

J'ai trouvé un garçon totalement dépassé par cette histoire. Cinq mois à l'isolement total puis, soudain, cette audience d'une extraordinaire solennité où il comparaît en tenue orange de prisonnier… Si ce n'est pas le toro dans l'arène… Je l'ai vécu douloureusement. Quant à la référence à Allah, regardez ce billet de cent dollars. Qu'y a-t-il écrit : « In God we trust ». Nous nous en remettons à Dieu. Je crois que cela se passe de commentaire.

Ses conditions de détention sont normales ?


Il est à l'isolement total, ce sont donc des conditions très dures. Mais il est vu régulièrement par ses avocats et je n'ai pas d'échos selon lesquels sa détention serait contraire aux normes. Cela dit, sa mère n'a plus reçu de lettres – la première lui était arrivée par des voies détournées – et celles qu'elle lui écrit n'arrivent pas.
Un mot sur José Bové que vous défendez et le dossier du McDo devant la Cour de Cassation. Vous êtes optimiste ? La Cour rend sa décision le 6 février. Si elle rejette notre pourvoi, ce sera alors au juge d'application des peines de Millau de faire exécuter la peine. Très clairement, José Bové se prépare à retourner en prison. Cela dit, nous avons des armes pour plaider ce que j'ai appelé « l'état de légitime révolte »devant la Cour européenne.

Propos recueillis par J. Vilaceque

Par J. Vilaceque
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Vendredi 29 mars 2002

Avocat français de Zacarias Moussaoui, le Montpelliérain François Roux entend se battre à la fois pour l’accusé et contre la peine capitale.

Qu’allez-vous faire après l’annonce de la décision américaine ?

Je regrette bien sûr la position de John Ashcroft même si ce n’est pas une surprise. Mais je suis très préoccupé par la position du gouvernement français. Hubert Védrine "regrette" mais c’est à la fois trop peu et trop tard. Je répète qu’on aurait dû s’opposer aux démarches des procureurs américains qui il y a dix jours sont venus à Narbonne, à Montpellier et à Perpignan pour étayer leurs réquisitions.

Est-ce que cette annonce modifie la ligne de votre défense ?

Elle ne change rien sur le fond du procès. Il faut que le procureur prouve ce qu’il rapporte, que le jury soit convaincu et qu’il vote la mort. On est tout de même dans un cas de figure curieux : on requiert contre quelqu’un qui n’a rien fait mais dont on estime qu’il aurait pu faire. C’est ce qui a fait dire à un juriste américain que Moussaoui était plus un trophée pour le procureur qu’un terroriste.

Allez-vous plaider pour Moussaoui ou contre la peine de mort ?

Les deux. Il est évident que la tragédie est atroce et qu’il faut un procès. Mais un procès serein, quand les passions seront retombées. Et il va de soi que même si Moussaoui était déclaré coupable, je continuerais à me battre contre la peine de mort qui n’est pas digne d’un grand pays démocratique.

Propos recueillis par J. Vilaceque

Par J. Vilaceque
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Lundi 1 avril 2002

Le 13 septembre, Aïcha El Wafi découvreà l'écran la photo de son fils : Zacarias Moussaoui, premier inculpé dans les attentats de New York. Depuis Aïcha se bat. Elle multiplie les déclarations pour obtenir un procès équitable. Son enfant risque aujourd'hui la peine de mort. L'Etat français, lui, semble se désintéresser de son sort. Sur les hauteurs de Narbonne, Aïcha nous reçoit chez elle. Devant un étalage de coupures de journaux et du thé à la menthe, elle nous dit sa souffrance et sa révolte.

" Je voyais la tête de mon fils entre les deux tours qui s'effondraient
J'avais mes tripes qui me faisaient mal "

- Où en êtes-vous aujourd'hui ? Y a t il eu du nouveau dans l'affaire de Zacarias ?

Rien. Je suis passé en Amérique pour le voir, voir où il se trouve et aussi comment fonctionne le système juridique américain. Il était à New York. Il a été transféré en Virginie. La raison c'est qu'en Virginie, il y a plus de condamnations à mort que dans tout autre Etat américain [1]. C'est pour ça. Pour mettre la peine de mort sur sa tête ! Il a donc changé de prison, d'avocats (des avocats commis d'office). Le premier ne s'est même pas intéressé à lui. Il lui a simplement dit qu'il était " condamné d'avance ". Je comprends pourquoi mon fils ne veut plus parler…

- Vous ne l'avez pas vu, pourtant. Que s'est-il passé ?

J'ai demandé à voir mon fils. Le procureur m'a dit que c'était possible mais en présence d'un agent du FBI qui devait écouter, même enregistrer la conversation... " Une violation du droit de la défense " m'ont dit les avocats. Le procureur voulait aussi m'interroger. Moi je ne voulais pas. Les avocats m'ont déconseillé de voir mon fils. Ils m'ont dit que cela pourrait se retourner contre lui à cause de risques de mauvaises traductions. Alors, je ne l'ai pas vu. Aujourd'hui je le regrette. Je voulais juste le protéger…

- Quels contacts avez-vous eu avec votre fils ?

Aucun. J'ai envoyé trois lettres avec accusé réception. On m'a dit qu'il n'avait rien reçu. Lui aussi m'a envoyé trois lettres. Je n'en ai reçue qu'une. Il était alors encore dans l'Etat de New York. Je ne sais pas qui fait barrage… J'ai écrit au gouvernement français la première fois pour lui adresser un courrier à travers le consulat. Je n'ai jamais eu de réponse. J'ai envoyé une lettre avec une photo de moi et les petits (sortant une lettre). Rien de spécial. Que des mots de gentillesse. On m'a retourné la photo et ils ont pris la lettre.

- La diplomatie française vous a-t-elle aidée ?

Elle n'a pas bougé du tout ! Elle parle de tout le monde, sauf de mon fils. Pour les ressortissants français arrêtés, ils ont envoyé du personnel d'ambassade pour voir s'ils sont maltraités. Pour mon fils, rien. J'ai reçu une seule réponse de la Direction des Français à l'étranger, le 16 novembre. (Sortant la lettre). Voilà ! (Lisant) " Votre fils aurait été informé de ses droits consulaires qu'il aurait aussitôt récusés… " Je ne sais pas si c'est vrai ! (2) " …Notre consulat ne peut intervenir en sa faveur… ". Mais on peut aussi agir sans sa demande, non ? J'ai téléphoné au consulat général de France de New York pour savoir ce qu'il a refusé exactement. Il a été arrêté le 17 août et le 18 il a refusé de passer un coup de fil au consulat. Mais c'était pour une histoire de passeport périmé, rien d'autre ! Pas pour l'affaire des attentats. Il a été incarcéré un mois avant les attentats !

Il y a des chefs d'accusation (3) mais aucune preuve. Où sont ces preuves ? J'ai dit au gouvernement français que ses droits en tant que Français n'étaient pas respectés. Mon fils est né en France, à Saint-Jean-de-Luz. Je suis aussi naturalisée française. J'ai écrit au ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine…. Pourquoi la France ne dit rien non plus contre ces chefs d'accusation " détournement d'avion, destruction d'avion… ". On peut dire n'importe quoi ! Richard Reid (4) a été pris sur le fait avec ses baskets pleines d'explosifs, il ne risque pas la peine de mort, lui. Je suis contre la peine de mort pour tous, mais pourquoi cette différence ? Même un professeur de droit américain l'a dit quand j'étais en Amérique. (Aïcha sort un article relatant les propos de Jonathan Turley et lit) : " aucun des actes dont il est accusé n'est criminel à lui seul et rien ne démontre jusque-là un lien direct entre lui et les autres terroristes du 11 septembre "... "… Si l'accusation parvient à ses fins, c'est uniquement parce qu'elle a choisi la bonne juridiction pour cela ".

- Le Maroc s'est-il manifesté ?

Le consulat est venu. Il ne m'a pas trouvé. Il m'a ensuite téléphoné et m'a demandé une fiche d'état civil de Zacarias et de son père. C'est tout ! C'était, parait-il, à la demande du consulat marocain de Washington. Je n'en sais pas plus.

- Comment aviez-vous appris pour Zacarias ?

C'était le 13 septembre. Ma fille Jamila m'a téléphonée. Elle m'a dit : " Maman, Zacarias est à la télé. Je peux pas te dire… allume la télé, allume !". Il était 7h30, j'ai allumé mais il n'y avait plus rien. Alors, je suis restée devant la télé jusqu'à 8h30 et je l'ai vu. C'était le journal de Télématin. Puis j'ai téléphoné à la DST, j'ai demandé. Ils ne savaient pas. Deux heures plus tard, ils m'ont dit que oui, c'était bien lui. Et ils sont venus passer une journée avec moi pour discuter, me poser des questions.

- Vous avez déclaré à la presse que votre fils servait de bouc émissaire…

Oui, c'est un bouc émissaire. C'est clair ! Le gouvernement américain n'a personne à se mettre sous la main. Il a besoin de quelqu'un pour faire plaisir aux gens. Il a trouvé Zacarias qui était au mauvais endroit, au mauvais moment. Quand j'étais aux Etats-Unis je voyais la tête de mon fils entre les deux tours qui s'effondraient. J'avais mes tripes qui me faisaient mal. Et puis ce jour où ils ont montré les chefs d'accusation… C'était sur tous les écrans, dans toute l'Amérique, les cafés, partout... Je sais que mon fils n'est pas un assassin. Il ne doit être jugé que pour ce qu'il a fait. Et le 11 septembre, il était déjà en prison ! Personne n'est allé le voir. Le consulat l'a bien fait pourtant avec les Talibans français de Guantanamo. Même son avocat n'a pas pu le voir ! Mon fils est aujourd'hui en isolement total depuis six mois, avec un traitement spécial !

- Comment sent-on son fils glisser vers l'intégrisme ?

J'ai élevé seule mes quatre enfants. Sans le poids d'un père. Zacarias était un garçon sans problème. Il sortait, s'amusait. On parlait de tout. Aucun sujet tabou : ses sorties, ses copines… Les garçons ont plus souffert que leurs sœurs du racisme. Peut-être que ça, je ne l'ai pas senti. Je n'ai jamais vraiment pris au sérieux ce que Zacarias me disait à ce propos. Quand Zacarias me disait " on m'a traité de sale négro, de sale arabe ! ", je l'embrassais et je rigolais… Mais je crois que les gens doivent faire attention. Quand un enfant se fait insulter vers 13, 14 ans et plus tard rejeté des boites, ou rejeté par les parents des filles qu'il fréquente… toutes ces choses s'accumulent dans le cœur, dans la tête du jeune. Et puis il y a ces mosquées que les enfants ne doivent pas fréquenter. Avant 90/92, il n'y avait pas encore toutes ces mosquées qui poussent aujourd'hui en France comme des champignons. Ici, les imams ont 25/30 ans ! Dans les pays arabes, les imams ne sont pas aussi jeunes. Ce sont des hommes d'expérience, des sages qui connaissent le Coran. Je dis toujours aux familles de faire attention quand on leur dit par exemple " on va aider ton fils pour ses devoirs, etc… " Il y a souvent quelque chose derrière. Toutes ces mosquées qui s'ouvrent n'importe comment ne prêchent pas le vrai islam.

- A l'origine d'une telle dérive, il y a souvent aussi une rencontre. Qui a mené Zacarias à l'islam radical ?

En 90, une nièce est venue à la maison. Elle fréquentait les Frères musulmans de l'université de Rabat Agdal. Son père, gendarme, craignait pour sa place. Les Frères musulmans étaient la bête noire de Hassan II. Alors elle est venue ici, pour me voir. Elle n'a plus voulu partir. Je l'ai prise en charge un an. Elle a commencé à parler d'islam. Avant, mes garçons et mes filles participaient à tout. Les filles faisaient la cuisine, les garçons passaient l'aspirateur, faisaient la vaisselle, moi je m'occupais du linge… C'était bien. Il y avait toujours plein de copains, de copines. Ils mangeaient ici, dormaient ici. Ils étaient mignons. Tout le monde me disait que j'avais des enfants gentils. C'est tout ce que je demandais. Tout a changé quand elle est arrivée…

- Comment s'est passée la rupture ?

Abd Samad, le frère de Zacarias, était assis dans ce canapé. Je lui ai dit " Sois vous participez, sois vous partez ! " Ils avaient 22 et 23 ans. Abd Samad m'a répondu " Tu crois qu'on a peur de toi ? On fait tout comme des femmes ici ! On passe l'aspirateur, on fait la vaisselle… " Et moi je lui ai dit : " Tu crois que je vais tout faire pendant que tu regardes la télé ? " Là, il se retourne vers sa cousine Fouzia et lui demande " chez toi tes frères ils ne font rien du tout, n'est-ce pas ? " Alors, j'ai compris que ça venait d'elle. Ils ont quitté ce jour-là tous les trois la maison pour Montpellier. Abd Samad et Zacarias ne se quittaient jamais. Ils parlaient pour deux. Et aujourd'hui il y en a un qui casse des œufs sur l'autre.

- Les premières déclarations de Abd Samad dans les médias étaient en effet accablantes pour son frère. Proche d'une mouvance islamiste, voulait-il de cette manière se protéger ?

Ils ont connu l'islam ensemble. Abd Samad est dans un mouvement à peu près identique. Il s'est marié avec Fouzia, qui a depuis rejoint les " Ahbache ". Au Maroc, Fouzia n'aurait pas pu exister, mais ici elle est utile pour l'imam. Elle parle et écrit l'arabe, à la différence de tous ces Français de la mosquée qui ne parlent même pas l'arabe. Elle disait que " c'est bien, qu'en France on peut vivre son islam comme on veut ". Elle est porte parole des femmes islamistes de Montpellier. Mon fils est sous l'emprise de cette femme et de l'imam en même temps. Il doit taper sur son frère pour sauver la mosquée qui est dans le collimateur de la Justice.

- Quelle relation avez-vous aujourd'hui avec le Maroc ?

J'ai ma famille là-bas, ma mère... Je suis allée encore au Maroc l'année dernière, deux mois et demi, puis encore un mois… Je suis de Meknès, de Azrou. Je suis une Berbère ! J'ai grandi au Maroc. Je suis arrivée ici j'avais 18 ans. J'ai été mariée à 14 ans, divorcée à 24 ans, avec quatre enfants. Zacarias avait deux ans. J'étais seule. Ni tante, ni cousine pour m'aider. C'était très dur physiquement, moralement et financièrement. J'étais couturière de métier. Je suis rentrée à France Télécom comme femme de service. J'ai pris des cours du soir, des cours d'aide technicien. J'étais préposée interne. Je n'ai jamais été au chômage. Je n'ai jamais demandé l'aide d'une assistante sociale. J'ai horreur de ça. Je me suis toujours débrouillée toute seule.

- 14 ans, c'était donc un mariage arrangé ?

Oui. Il était locataire à côté de ma mère. Ma mère voyait cet homme seul. Elle a attendu un an parce que je n'avais que 13 ans. Puis elle a fait les papiers avec lui et elle m'a mariée. Je suis venue en France et j'ai eu mes deux filles, puis mes deux garçons. C'était un homme méchant, très violent.

- Ce mariage raté à-t-il influencé votre façon d'éduquer vos enfants ?

J'étais trop gentille avec les enfants. Mes gosses avaient de l'argent de poche, des copains… Ils ne manquaient de rien. Je croyais bien faire mais je crois que j'ai trop donné. Parce qu'ils n'avaient que moi. En 1979, j'ai acheté un magnétoscope, 4.500 francs ! Je me suis dit, comme ça, ils resteront à la maison. Ils n'iront pas rôder dehors. J'étais contente. J'avais de la chance parce qu'ils dormaient beaucoup. Le mercredi, je me rappelle, j'allais travailler. Lorsque je revenais le midi tout le monde dormait encore (rires).

- La menace a toujours été pour vous à l'extérieur ?

Oui et je ne me suis pas trompée. L'extérieur m'a toujours fait peur pour eux. A 22/23 ans, ils sont partis de la maison avec cette fille. Ils étaient naïfs. Ils n'ont été que deux fois au Maroc. Ils étaient vierges côté religion. Je n'aurais jamais pensé qu'une chose pareille m'arrive. Jusqu'à maintenant j'ai toujours mal au ventre. Quand j'entends ces condamnations à mort, c'est dur, dur…

- Vos filles ont suivi un tout autre chemin que les garçons. Comment expliquez-vous cela ?

Les filles voulaient vivre leur vie comme les Français. Les garçons, eux, ont ouvert leurs yeux vers l'islam…qui profite toujours plus à l'homme. J'ai éduqué mes enfants de la même façon.

Ce que je reproche souvent aux femmes musulmanes c'est qu'elles ne donnent pas la même éducation aux filles et aux garçons. Elles disent aux filles " Toi tu n'as pas le droit de faire ça, ton frère, lui, peut, parce que c'est un garçon. Tu n'as pas le droit de lui répondre, etc… Ton frère ne fait pas le ménage, parce que c'est un garçon... " Ce sont des femmes qui détruisent les femmes. Ce sont elles qui donnent l'éducation. Moi je ne veux pas jouer ce jeu. Je veux le respect de chacun dans la famille. Le frère n'a pas à dire à sa sœur " va me chercher à boire ! "

Au Maroc si tu travailles, si tu as les moyens, tu vis comme en Europe. Mais plus tu es pauvre et plus l'islam va jouer un rôle. Pas parce que tu respectes l'islam, mais parce que tu n'as pas les moyens de faire autrement. Quand je vais au Maroc je vois deux type de femmes, celles qui travaillent, qui sortent au ciné, au théâtre, à la mer, qui sont dans l'islam, mais à leur manière et puis les autres, celles qui n'ont pas de moyens et qui vivent l'islam comme les autres veulent qu'elles le vivent.

(Propos recueillis par Yann Barte)

 [1]La Virginie détient avec le Texas le triste record d'exécutions depuis le rétablissement de la peine de mort. Le choix d'une cour civile de cet Etat n'est en effet pas neutre, alors même que les poursuites contre le réseau Ben Landen sont instruites depuis plus de cinq ans dans l'Etat de New York. Le tribunal fédéral d'Alexandria est l'une des cours les plus répressives et conservatrices des Etats-Unis. Enfin, elle est très proche de l'un des lieux du drame, le Pentagone.
(2) L'Etat français ignore en fait si Zacarias Moussaoui a oui ou non récusé ses droits (ce que confirme toute les précautions de langage des communiqués du Quai d'Orsay). De plus, cette récusation n'aurait de valeur que si elle avait fait l'objet d'un document écrit et signé (cela ne semble pas être le cas).
(3) Les chefs d'inculpation sont : complot dans le but de commettre des actes de terrorisme, piratage des avions de ligne, destruction d'avions, utilisation des armes de destruction massive, recours au meurtre, complot pour détruire des biens.
(4) Richard Reid est le Britannique, auteur de l'attentat raté du vol Paris-Miami (American Airlines) du 22 décembre 2001. Il avait effectivement dissimulé des explosifs dans ses baskets.

Par Yann Barte
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Jeudi 9 mars 2006

Pour Patrick Baudouin, avocat de la mère de Zacarias Moussaoui, le Français risque de faire figure de bouc émissaire.


Le Nouvel Observateur. - Que reproche la justice américaine à Zacarias Moussaoui?

Patrick Baudouin . -Zacarias Moussaoui a été présenté, d'emblée, comme le vingtième pirate de l'air choisi pour les attentats du 11 septembre 2001. Il a toujours nié cette implication, qui n'a jamais été prouvée. A plusieurs reprises, il a indiqué avoir été contacté pour une action séparée qui aurait visé la Maison-Blanche. La seule certitude, c'est qu'interpellé le 16 août 2001 pour une infraction au droit de séjour, et emprisonné depuis lors, il n'a participé directement à aucun attentat.

N. O. - A-t-il une chance de sauver sa tête?

P. Baudouin
. -Le procureur reproche à Moussaoui de n'avoir pas dénoncé la préparation des attentats dont il aurait eu connaissance, lors des interrogatoires qui ont suivi son arrestation. Cela semble traduire un affaiblissement des charges. N'ayant pas commis de crime de sang, Zacarias Moussaoui devrait sauver sa tête. Mais le risque de condamnation à mort reste important car le contexte ne lui est pas favorable. En raison de l'émotion légitime suscitée par les attentats du 11 septembre. Et de la recherche, beaucoup moins légitime, d'un bouc émissaire expiatoire.

N. O. - La stratégie de défense de Moussaoui ne joue-t-elle pas contre lui?

P. Baudouin
. - En ayant choisi de plaider coupable, contre l'avis de ses avocats, et en adoptant une attitude provocatrice, Zacarias Moussaoui semble parfois être le meilleur allié de l'accusation, qui a fait part de son intention de demander la peine capitale. Son application serait autant une erreur qu'une injustice. Elle ferait de Moussaoui un martyr, au risque de susciter de nouvelles vocations terroristes. Enfin, l'enjeu de ce procès, c'est aussi celui de la violation des libertés et droits fondamentaux au nom de la lutte contre le terrorisme. Si le procès, sous une apparence de légalité, s'avère joué d'avance, il s'inscrira dans la lignée de Guantanamo et d'Abou Ghraib.



N. O. - S'il n'est pas condamné à mort, Moussaoui a-t-il une chance d'être expulsé en France ?

P. Baudouin
. -S'il n'est pas condamné à mort, Zacarias Moussaoui risque fort d'être condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité. Il restera alors incarcéré dans une prison américaine. Car il y a fort peu de chances de le voir expulser vers la France. Il appartiendra ensuite à celle-ci de faire pression pour obtenir un retour dans son pays afin d'y purger une peine dont il pourrait être permis d'espérer qu'elle serait considérablement abrégée. Mais il est difficile d'être optimiste sur ce point à bref délai.

 

N. O. - Quel rôle a joué la France jusqu'à présent ?

P. Baudouin
. -Les autorités françaises ont fait preuve d'une grande frilosité. Elles ont même accepté que soient remis au procureur américain des éléments à charge contre Moussaoui, en se contentant de l'assurance donnée qu'ils ne seraient pas utilisés pour requérir la peine de mort. Or, précisément puisque cette peine est encourue, ils n'auraient jamais dû être communiqués. En fait, la France s'est désintéressée de son ressortissant pour des raisons diverses : souci de ne pas ajouter aux divergences sur l'Irak un sujet de frictions supplémentaire avec les Etats-Unis, indifférence voire impopularité vis-à-vis du cas Moussaoui, alliance sacro-sainte contre le terrorisme... Pourtant, il est indispensable d'entendre enfin la voix de la France pour exiger que soient respectés les droits d'un citoyen français, et que soit exclue à son encontre une peine de mort bannie dans tous les pays européens.

Alain Chouffan 

Par Alain Chouffan
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Lundi 24 avril 2006

Par François Roux, avocat de Zacarias Moussaoui

Zacarias Moussaoui a souvent qualifié d'ennemis ses avocats américains. Comment a-t-il reçu votre nomination d'office ? Quels contacts entretenez-vous avec lui ?

- Je suis intervenu dans cette affaire à la fin de 2001 à la demande d’Aïcha el Wafi, la maman de Zacarias Moussaoui.
Très vite, j’ai été intégré à l’équipe d’avocats américains commis d’office à sa défense, comme leur correspondant en France, avec ma collaboratrice Dorothée le Fraper du Hellen.
Mais n’étant pas avocat américain, je n’ai jamais été autorisé à rencontrer comme avocat Zacarias Moussaoui et vu les relations qu’il a avec ses avocats américains je ne sais pas s’il connaissait, avant de me voir à l’audience, mon rôle dans son affaire. C’est une situation très inconfortable de ne pas pouvoir m’entretenir avec lui, comme ce le sera de ne pas pouvoir prendre la parole à l’audience pour les mêmes raisons d’extranéité ; mais c’était convenu dès le début et je l’ai accepté puisque c’était la seule façon pour un avocat français de pouvoir participer à sa défense et essayer d’empêcher la peine de mort.

J’ajoute qu’étant donné l’absence totale de coopération de Zacarias Moussaoui, notre équipe n’aurait pu mener nombre de ses investigations en France et au Maroc sans l’aide constante et dévouée de sa maman, de son vieux répertoire téléphonique usé par les ans …et de sa valise en carton dans laquelle elle avait conservé tous les documents de l’enfance de ses quatre enfants ! Je veux dire toute ma reconnaissance et celle de l’équipe d’abord à elle, mais également aux différents témoins que nous avons rencontrés et interrogés pendant ces quatre années et qui nous ont, chacun et chacune à leur manière, apporté une aide fondamentale.

Est-ce que son système de défense, souvent à contre-courant des plaidoiries de ses avocats, vont le desservir ou au contraire appuyer l'expertise de schizophrénie à son égard ?

- Le système de défense adopté pas Zacarias Moussaoui depuis le début est –hélas pour lui- révélateur de son désordre mental (cf.
ses déclarations incohérentes, ses rêves fous, ses changements constants de stratégie, ses injures proférées à la Juge, aux avocats et même aux victimes) mais, en l’espèce, ce désordre peut le sauver si les jurés acceptent qu’il souffre bien de schizophrénie comme le disent nos experts et s’ils considèrent cela comme une circonstance atténuante de nature à lui éviter la peine de mort.

Quelle est votre analyse du climat ambiant aux Etats-Unis, autour du procès ? Est-ce qu'il est très relayé médiatiquement, créant l'attente d'un jugement exemplaire ? Est-ce que le maintien de la procédure, malgré la violation des droits de la défense, n'est pas le signe que l'issue du procès est jouée d'avance ?

- Ce procès est suivi aux Etats-Unis mais sans excès, comme si l’opinion publique savait bien que ce n’est pas le « bon » procès du 11 Septembre puisque il est connu que le Gouvernement américain détient depuis plusieurs années les grands responsables et ordonnateurs de ces attentats et qu’il refuse tant de les juger que de les amener au procès de Zacarias Moussaoui alors qu’ils le disculpent de tout rôle dans les attentats.
J’espère évidemment que les jurés ne seront pas dupes de la stratégie du Gouvernement qui a cherché à couvrir ses propres erreurs gravissimes en faisant de Zacarias Moussaoui le "bouc-émissaire" de la tragédie du 11 Septembre. Cette tragédie aurait mérité un tout autre procès ; il reste à faire.

Propos recueillis par Justine Charlet (lundi 24 avril 2006)


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Lundi 24 avril 2006

Pour Jean-Charles Brisard, consultant auprès des familles des victimes du 11-Septembre, la responsabilité de ben Laden est totale.

- Le procès Moussaoui vous a-t-il appris quelque chose de nouveau ?

- On sait que l'idée des attentats a été lancée par ben Laden lui-même début 1998, lorsqu'il a demandé à Khaled Cheikh Mohammed (ndlr : le cerveau présumé des attentats détenu au secret par les USA depuis son arrestation en mars 2003) de réfléchir au moyen de faire d'un avion une arme. Jusqu'à présent, on estimait que le début de la planification datait de 1999.

On sait qu'Al-Qaïda disposait dès 1997 de vidéos détaillées du World Trade Center réalisées par un membre du groupe en Espagne et acheminées en Afghanistan par un journaliste d'Al-Jazira. Par ailleurs, on sait que le complot a impliqué un plus grand nombre d'acteurs qu'on ne le pensait. Les attentats sont par exemple connus d'autres groupes proches d'Al-Qaïda, notamment Abu Sayyaf en Indonésie. Ce qui prouve que la logistique financière et matérielle a été plus importante qu'on ne le pense généralement.

Enfin, ben Laden a été tenu informé de l'évolution des préparatifs à chaque stade et il connaissait la date précise des attentats.

- Le témoignage écrit du cerveau présumé du 11-Septembre parle d'une 2e vague d'attaques dans laquelle Moussaoui était prévu. Qu'en pensez-vous ?

- Cette thèse n'est établie par aucun fait probant. L'idée que Moussaoui, intégré à l'infrastructure et au réseau de soutien logistique et financier du 11-Septembre, ait pu conduire une seconde vague d'attentats est illusoire, dans la mesure où les services américains, moins de 24 heures après les attentats, disposaient de l'intégralité des connexions et des transferts financiers opérés par ou vers les membres du commando, y compris Moussaoui.

Propos recueillis par Sébastien MICHAUX

  • Les pièces produites par l'accusation et la défense sont accessible sur internet : http : //www. rcfp. org/moussaoui/index. php
  • Par Sébastien Michaux
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    - Hubert Védrine et Marylise Lebranchu se sont longtemps cachés derrière un refus de l'aide consulaire de Z. Moussaoui pour ne pas agir (lors de la demande, il n'était alors question que de visa expiré).

    - Comme le gouvernement précédent, le suivant a accepté l'entraide judiciaire avec les Etats-Unis au mépris total des principes de la France sur la peine de mort. Procureurs américains et agents du FBI ont ainsi pu venir enquêter en France pour recueillir des témoignages à charge contre Moussaoui.

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