Déclarations

Jeudi 13 décembre 2001

Elle a dit...

"Comme ils le montrent chaque jour en Afghanistan en organisant des chasses à l'homme, les Américains semblent prêts à tout depuis le 11 septembre. L'organisation d'un jugement par une cour civile et non pas militaire n'est pas un gage de sûreté puisque c'est la peine de mort qui semble être au programme dans tous les cas"

..."Il doit donc être jugé en France. Et il revient au gouvernement français, qui milite à travers le monde contre la peine de mort, de prouver que son militantisme est sincère en se battant à mes côtés"

"De toute façon, l'argument qui consiste à dire que mon client a refusé soi-disant l'assistance judiciaire consulaire de la France ne tient pas"

"Il paraît qu'il a pris des cours de pilotage mais en refusant d'apprendre à décoller. Et encore, cette thèse a été depuis démentie, je crois. Quoi qu'il en soit, prendre des cours de pilotage n'est quand même pas un délit punissable de la peine de mort

Par Me Isabelle Coutant-Peyre
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Mercredi 19 décembre 2001

Il a osé dire...

 

M. Charles Ehrmann a souhaité que l'on évite de passer encore pour des donneurs de leçons à l'égard des Etats-Unis, car la France ne doit pas oublier leur rôle pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s'est interrogé sur l'opportunité de protester contre l'éventuelle condamnation à mort de M. Moussaoui.

(Extrait du compte rendu de la Commission Affaires étrangères - Assemblée nationale)


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Vendredi 29 mars 2002


Il collabore, fait des voeux pieux,
et ferme les yeux sur les suites...

Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères questionné par RFI:

RFI - Un mot sur un autre sujet, Hubert Védrine. Les autorités américaines ont annoncé, hier, qu'elles avaient l'intention de requérir le peine de mort contre M. Moussaoui, français, arrêté en liaison avec l'affaire des attentats du 11 septembre. Qu'en pensez-vous ?

Hubert Védrine - Mme Lebranchu et moi-même, nous sommes exprimés à ce sujet. D'abord, il faut rappeler que nous sommes solidaires des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme et que nous sommes donc prêts à aider les autorités judiciaires américaines. Nous l'avons fait. Nous continuerons à le faire. Nous avons un traité d'entraide judiciaire avec les Américains de décembre 1998, qui ne change pas, qui doit être appliqué. A l'intérieur de ce traité, et c'est une position de droit qui est connue, qui existe, que nous appliquons dans les cas d'extradition, nous avons décidé que les pièces transmises par la France ne devaient pas pouvoir servir à condamner à mort une personne. On sera tout à fait vigilant sur ce point. Tout en continuant à coopérer avec les Etats-Unis, globalement, dans la lutte contre le terrorisme.

 

 

 

 


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Lundi 9 septembre 2002

... a un "petit problème"

M. le Président, est-ce que le cas Moussaoui vous inquiète ? Est-ce que vous pouvez nous dire quelque chose sur ce cas ?

Moussaoui est un terroriste. Il y en a beaucoup, de toutes les nationalités. Celui là est français de nationalité, d'origine marocaine et il appartiendra à la justice de se prononcer. Je ne crois pas que cela fasse beaucoup exemple. En revanche, cela crée un problème entre la France et les États-Unis parce qu'il existe entre nos deux pays une coopération tout à fait exemplaire. D'ailleurs le Président BUSH l'a également soulignée, dans le cadre des enquêtes à la suite des attentats du 11 septembre. nous avons une excellente coopération judiciaire. Vous savez que la France a beaucoup milité au sein de l'Europe pour l'instauration du mandat d'arrêt européen, pour renforcer la lutte contre le terrorisme. Nous sommes très en pointe sur ces sujets. Il y a donc dans tous ces domaines, sur les suites des attentats du 11 septembre, une très bonne coopération pour les enquêtes. Là où nous avons un petit problème, c'est que l'accusation a requis la peine de mort contre Moussaoui. Or notre coopération doit s'inscrire dans le respect de l'ordre juridique des États-Unis et de la France, et plus largement de l'Europe.

Les principes fondamentaux du droit européen, tels qu'ils sont repris dans la Convention européenne des Droits de l'Homme, excluent la peine de mort et donc toute action qui pourrait conduire à la peine de mort.

Alors, nous essayons de faire un gros effort pour coopérer au maximum sur cette affaire MOUSSAOUI, qui est particulière puisque la peine de mort a été requise. Mais nous sommes obligés, pour rester conformes à la Convention européenne des Droits de l'Homme, de faire attention de ne pas apporter quelque chose qui pourrait conduire à la peine de mort. 

Nous avons envoyé à Moussaoui le Consul de France, parce qu'il avait le droit à la protection consulaire, cela c'est très, très mal passé, nous n'avons jamais recommencé. C'est un homme très renfermé. Voilà,, MOUSSAOUI, c'est un problème particulier.

Extrait d'une interview  accordée au New York Times
le lundi 9 septembre 2002


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Samedi 4 mars 2006


... a déclaré

" aucun des actes dont il est accusé n'est criminel à lui seul et rien ne démontre jusque-là un lien direct entre lui et les autres terroristes du 11 septembre "... "… Si l'accusation parvient à ses fins, c'est uniquement parce qu'elle a choisi la bonne juridiction pour cela ".

"Il était vraisemblablement perturbé au moment de son arrestation et les conditions de son incarcération ont forcément aggravé les choses. A l'heure actuelle, il est sans doute fou à lier"

"Cette procédure est chaotique depuis le début, mais elle prendrait un tournant vraiment sombre si l'on y voyait un homme mentalement perturbé plaider coupable d'accusations l'exposant à la peine de mort".


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Samedi 4 mars 2006

Elle a osé dire...

« Il nous est impossible d’interférer dans la procédure judiciaire.
Tout ce qu’on peut faire, c’est lui apporter une assistance consulaire, mais il la refuse ».

 

 

 


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Samedi 4 mars 2006

Il a dit...

« ... Ce jour-là, la France a rétabli la peine de mort par procuration » 

Fin 2002, Dominique Perben, ministre de la Justice, venait de conclure un arrangement assez jésuite dans lequel Washington s’engageait à n’utiliser les renseignements français que pour établir la culpabilité de Moussaoui, pas pour définir sa peine.


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Samedi 4 mars 2006

Il a dit...

«Concernant l'histoire américaine, ne t'inquiète pas, je n'ai rien fait et je le prouverai le temps venu, Inch' Allah. Je n'ai pas accès aux informations, mais j'ai l'impression que je suis déjà condamné, d'après ce que l'avocat qu'ils m'ont donné, me dit.»

Zacarias Moussaoui à sa mère


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Samedi 4 mars 2006

... se lave les mains de l'affaire Moussaoui. Ses déclarations 3 jours avant le procès :

Pire, Pascal Clément s'est félicité de la coopération judiciaire franco-américaine. Il a en outre rappelé à l'Attorney General (ministre de la Justice) la position de la France sur la peine de mort".
Jolie contradiction !

"Nos systèmes judiciaires comportent des différences notables, mais elles ne nous empêchent pas de collaborer sur tous les domaines d'intérêt commun, au premier titre (...) le terrorisme et le sécurité". 

 

Pascal Clément a assuré que les informations ne seraient pas utilisées pour le faire condamner à mort.
Mais quelle garantie a-t-il eu ? Aucune. Des paroles dont il s'est contenté.

"La France a obtenu la garantie que les informations qu'elle a transmises ne seraient pas utilisées, directement ou indirectement, à l'appui d'une réquisition capitale". C'est pourtant bien la peine de mort que risque Moussaoui.

C'était le 3 mars 2006, à trois jours du procès Moussaoui, lors d'une conférence de presse où il n'a pas été autorisé aux journalistes à poser des questions.

Par YKB
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Mardi 14 mars 2006

Voici l'intégralité du mail envoyée par la juge Leonnie Brinkema aux protagonistes du procès Moussaoui.

"Pendant toutes ces années au siège, je n'ai jamais constaté une violation aussi monumentale des règles du tribunal sur les témoins que celle qui s'est produite", a déclaré en remarque préliminaire, la juge. La juge a appris durant le week-end qu'une avocate de l'Admistration de la sécurité des transports (TSA) avait contacté sept personnes devant témoigner à l'audience - trois pour le gouvernement, quatre pour la défense - en leur transmettant des informations sur l'audience et commentant leur témoignage à venir. De tels contacts, absolument interdits et provenant d'une avocate qui avait par ailleurs accès à des documents confidentiels, peuvent clairement affecter la crédibilité des témoins. Leur révélation intervient alors que jeudi déjà, l'audience s'était terminée sur un incident, après qu'un avocat de l'accusation ait posé une question clairement à charge à l'un des témoins et violant là encore les droits de Zacarias Moussaoui. La défense avait alors déposé sans succès une requête en nullité.

"Il s'agit de la deuxième erreur du gouvernement portant atteinte aux droits constitutionnels de l'accusé et, plus significativement, à l'intégrité de la justice pénale de ce pays, dans le contexte d'une affaire où la peine de mort est en jeu et je dois réfléchir de manière très prudente à cette question", a dit la juge. "Nous avons donc deux problèmes sérieux. J'ai laissé passer la première question déplacée, mais nous avons désormais ce problème pour lequel absolument aucune excuse n'est valable". "Cependant, je ne veux pas agir dans la précipitation. Il y a trop d'enjeux dans cette affaire. Nous avons 17 membres de la communauté (les jurés, ndlr) qui ont sacrifié une semaine de leur temps et qui forment le jury et je veux m'assurer que quelle que soit ma décision, elle sera juste". Concernant les courriers électroniques adressés par l'avocate aux témoins, "je ne vois pas pourquoi ils ne doivent pas être rendus publics, car s'il faut arrêter ce procès, s'il faut annuler la réquisition de peine de mort - le public a le droit de savoir pourquoi c'est arrivé et je vais donc ordonner que cette information soit publiée".

 

 


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Ils soutiennent

Elle joue double jeu...

- Hubert Védrine et Marylise Lebranchu se sont longtemps cachés derrière un refus de l'aide consulaire de Z. Moussaoui pour ne pas agir (lors de la demande, il n'était alors question que de visa expiré).

- Comme le gouvernement précédent, le suivant a accepté l'entraide judiciaire avec les Etats-Unis au mépris total des principes de la France sur la peine de mort. Procureurs américains et agents du FBI ont ainsi pu venir enquêter en France pour recueillir des témoignages à charge contre Moussaoui.

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