Dépêches

Mardi 11 décembre 2001

WASHINGTON (Reuters) - Le ministre américain de la Justice, John Ashcroft, a annoncé que le Français d'origine marocaine Zacarias Moussaoui, détenu depuis trois mois comme simple témoin, avait été inculpé de conspiration en vue de perpétrer les attentats du 11 septembre.
Les six chefs d'inculpation, dont quatre sont passibles de la peine de mort, ont été annoncés trois mois exactement après les attentats perpétrés à l'aide d'avions détournés contre le World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone, à Washington.
Les autorités américaines ont indiqué que Moussaoui était le premier suspect important à être inculpé.
Moussaoui sera jugé par un tribunal fédéral et non par un tribunal militaire instauré par le président George W. Bush. Il sera présenté le 2 janvier devant un tribunal de Virginie.
Ashcroft a précisé qu'un grand jury de Virginie avait inculpé Moussaoui de "conspiration avec Oussama ben Laden et al Qaïda pour assassiner des milliers de personnes innocentes à New York, en Virginie et en Pennsylvanie le 11 septembre".
"Al Qaïda va maintenant faire face à la justice qu'il déteste et au jugement qu'il redoute", a déclaré l'Attorney general.
Il a précisé que Ben Laden et d'autres dirigeants de son réseau Al Qaïda figuraient dans l'acte d'accusation en tant que complices non inculpés.
Ashcroft n'a pas voulu révéler où Moussaoui est détenu, se contentant de dire qu'il se trouve aux Etats-Unis.
Le Français est inculpé de complot en vue de perpétrer des actes de terrorisme, de commettre un acte de piraterie aérienne, de détruire un aéronef, d'utiliser des armes de destruction massive, de conspiration en vue de tuer des fonctionnaires américains et de conspiration en vue de détruire des biens.
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Entraînement en Afghanistan
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L'acte d'inculpation accuse Moussaoui de s'être entraîné dans un camp d'al Qaïda en Afghanistan et d'avoir reçu des fonds provenant du Proche-Orient et d'Allemagne.
Ce Français de 33 ans avait été arrêté le 16 août dans le Minnesota pour infraction aux lois sur l'immigration après avoir attiré l'attention des autorités en cherchant à s'initier dans une école d'aviation au pilotage d'avions gros porteurs.
Après le 11 septembre, il a été maintenu en détention comme témoin et envoyé à New York pour y être interrogé.
Les Etats-Unis soupçonnent que son arrestation l'a empêché de participer au détournement du quatrième avion, qui s'est écrasé le 11 septembre en Pennsylvanie. Il n'avait embarqué que quatre pirates de l'air et non cinq comme les trois autres appareils qui ont heurté volontairement les deux tours du World Trade Center à New York et le bâtiment du Pentagone à Washington.
Le directeur du FBI, Robert Mueller, a déclaré que Moussaoui était arrivé aux Etats-Unis en février 2001, qu'il y avait ouvert un compte en banque, y avait déposé 32.000 dollars en liquide et s'était aussitôt inscrit dans une école de pilotage.
Il a ajouté que le Français ne coopérait pas avec les enquêteurs et qu'ils n'avaient obtenu aucune information de lui depuis son arrestation.
Moussaoui fait l'objet en France depuis deux mois d'une information pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", une enquête confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Brugière.
Dans une lettre à sa mère publiée par Le Monde, le détenu avait déclaré l'intention de "démontrer son innocence dans (cette) histoire à dormir debout".  

Par Reuters
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Mardi 11 décembre 2001

WASHINGTON (Reuters) - Le ministre américain de la Justice, John Ashcroft, a annoncé que le Français d'origine marocaine Zacarias Moussaoui, détenu depuis trois mois comme simple témoin, avait été inculpé de conspiration en vue de perpétrer les attentats du 11 septembre.


Les six chefs d'inculpation, dont quatre sont passibles de la peine de mort, ont été annoncés trois mois exactement après les attentats perpétrés à l'aide d'avions détournés contre le World Trade Center, à New York, et contre le Pentagone, à Washington.

Les autorités américaines ont indiqué que Moussaoui était le premier suspect important à être inculpé.
Moussaoui sera jugé par un tribunal fédéral et non par un tribunal militaire instauré par le président George W. Bush. Il sera présenté le 2 janvier devant un tribunal de Virginie.

Ashcroft a précisé qu'un grand jury de Virginie avait inculpé Moussaoui de "conspiration avec Oussama ben Laden et al Qaïda pour assassiner des milliers de personnes innocentes à New York, en Virginie et en Pennsylvanie le 11 septembre".

"Al Qaïda va maintenant faire face à la justice qu'il déteste et au jugement qu'il redoute", a déclaré l'Attorney general.
Il a précisé que Ben Laden et d'autres dirigeants de son réseau Al Qaïda figuraient dans l'acte d'accusation en tant que complices non inculpés.
Ashcroft n'a pas voulu révéler où Moussaoui est détenu, se contentant de dire qu'il se trouve aux Etats-Unis.
Le Français est inculpé de complot en vue de perpétrer des actes de terrorisme, de commettre un acte de piraterie aérienne, de détruire un aéronef, d'utiliser des armes de destruction massive, de conspiration en vue de tuer des fonctionnaires américains et de conspiration en vue de détruire des biens.

Entraînement en Afghanistan

L'acte d'inculpation accuse Moussaoui de s'être entraîné dans un camp d'al Qaïda en Afghanistan et d'avoir reçu des fonds provenant du Proche-Orient et d'Allemagne.
Ce Français de 33 ans avait été arrêté le 16 août dans le Minnesota pour infraction aux lois sur l'immigration après avoir attiré l'attention des autorités en cherchant à s'initier dans une école d'aviation au pilotage d'avions gros porteurs.
Après le 11 septembre, il a été maintenu en détention comme témoin et envoyé à New York pour y être interrogé.

Les Etats-Unis soupçonnent que son arrestation l'a empêché de participer au détournement du quatrième avion, qui s'est écrasé le 11 septembre en Pennsylvanie. Il n'avait embarqué que quatre pirates de l'air et non cinq comme les trois autres appareils qui ont heurté volontairement les deux tours du World Trade Center à New York et le bâtiment du Pentagone à Washington.
Le directeur du FBI, Robert Mueller, a déclaré que Moussaoui était arrivé aux Etats-Unis en février 2001, qu'il y avait ouvert un compte en banque, y avait déposé 32.000 dollars en liquide et s'était aussitôt inscrit dans une école de pilotage.

Il a ajouté que le Français ne coopérait pas avec les enquêteurs et qu'ils n'avaient obtenu aucune information de lui depuis son arrestation.
Moussaoui fait l'objet en France depuis deux mois d'une information pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", une enquête confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Brugière.

Dans une lettre à sa mère publiée par Le Monde, le détenu avait déclaré l'intention de "démontrer son innocence dans (cette) histoire à dormir debout".  

Par Reuters
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Mardi 11 décembre 2001

WASHINGTON, 11 déc (AFP) - Un suspect actuellement détenu aux Etats-Unis dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 11 septembre, le Français d'origine marocaine Zacarias Moussaoui, a été inculpé d'implication dans ces attaques, ont annoncé mardi plusieurs chaînes de télévision américaines.

Moussaoui, 33 ans, serait inculpé de complots multiples en relation avec les attentats perpétrés le 11 septembre contre le Pentagone et contre le World Trade Center, ont précisé les chaînes CNN et MSNBC.

L'Attorney general (ministre de la Justice) John Ashcroft pourrait annoncer cette inculpation mardi dans le courant de l'après-midi, lors d'une conférence de presse.

Moussaoui était détenu depuis le 17 août pour violation des lois d'immmigration américaines.
Il s'était inscrit en février dans une école d'aviation aux Etats-Unis, dans l'Oklahoma, pour obtenir son brevet de pilote. Selon la presse américaine, il s'était ensuite présenté dans une autre école du Minnesota afin d'y apprendre à piloter un Boeing 747 dans un simulateur, en précisant n'être intéressé que par les virages et non les décollages ou atterrissages.

Intrigué par ce comportement bizarre, les responsables de l'école l'avaient signalé à la police fédérale (FBI) qui l'avait arrêté au motif que son visa était échu.

Lors de son arrestation, il était en possession d'un ordinateur portable, d'une importante somme d'argent apparemment destinée à payer les leçons de pilotage, ses loyers et ses déplacements, ainsi que d'une mallette noire contenant du matériel de communication sophistiqué, selon la presse américaine.

Les enquêteurs du FBI avaient un temps soupçonné que Moussaoui soit le cinquième pirate de l'air prévu à bord du Boeing d'United Airlines qui s'est écrasé dans un champ, en Pennsylvanie, le seul des quatre avions détournés à n'avoir que quatre terroristes à bord au lieu de cinq. AFP


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Mercredi 12 décembre 2001

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises estiment que Zacarias Moussaoui, qui risque la peine de mort après son inculpation par un tribunal américain pour complicité dans les attentats du 11 septembre, ne doit pas être exécuté.


La ministre de la Justice, Marylise Lebranchu, a assuré que ce ressortissant français d'origine marocaine bénéficierait de la protection consulaire française.
"(...) Bien évidemment, aucune personne bénéficiant de la protection consulaire française ne doit être exécutée", a-t-elle déclaré sur RMC-Info.
Zacarias Moussaoui est passible de la peine de mort aux Etats-Unis, alors que celle-ci a été abolie dans les pays de l'Union européenne.
"M. Moussaoui doit pouvoir bénéficier de tous les droits de la défense prévus par la législation américaine", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, qui a confirmé que Paris estimait qu'il ne devait pas être exécuté. "Cela découle de notre position générale sur la peine de mort", a-t-il dit.
Zacarias Moussaoui, Français d'origine marocaine de 33 ans, a été arrêté le 16 août dans le Minnesota pour infraction aux lois sur l'immigration après avoir attiré l'attentation des autorités en cherchant à s'initier au pilotage d'avions gros porteurs dans une école d'aviation.
Après le 11 septembre, il a été maintenu en détention comme témoin et envoyé à New York pour y être interrogé.
Mardi, l'attorney general (ministre américain de la Justice), John Ashcroft, a annoncé que le jeune homme avait été inculpé de "conspiration".
Les six chefs d'inculpation, dont quatre sont passibles de la peine de mort, ont été rendus publics trois mois jour pour jour après les attentats perpétrés à l'aide d'avions détournés contre le World Trade Center et le Pentagone.
Zacarias Moussaoui, qui sera jugé par un tribunal fédéral et non par un tribunal militaire du type de ceux que veut mettre en place George W. Bush pour les suspects du réseau Al Qaïda, sera présenté le 2 janvier devant un tribunal de Virginie.
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"Votre fils bénéficie de la protection consulaire"
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"Je rappelle que son arrestation avait été précédée d'une coopération étroite entre les Etats-Unis et la France dans le domaine de la police et du renseignement", a souligné le porte-parole du Quai d'Orsay.
Zacarias Moussaoui fait, en outre, l'objet en France depuis deux mois d'une information pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, une enquête confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière.
Dans une lettre adressée à sa mère rendue publique le mois dernier par Le Monde, il lui demandait de ne pas s'inquiéter. "Ils vont essayer de fabriquer des preuves et des témoins mais, moi, j'ai des vraies preuves et témoins et Allah, inch'Allah, ridiculisera leur complot", ajoutait-il.
Lors d'une brève conversation avec sa mère sur l'antenne de RMC-Info, Marylise Lebranchu lui a dit: "Votre fils, comme tous les ressortissants français sur un autre territoire que le nôtre, bénéficie de la protection consulaire, c'est-à-dire le droit à la défense, et ça c'est important que vous le sachiez, et puis il sera suivi pas à pas par le consulat qui sera affecté à ce dossier."
Dans un communiqué, Bruno Mégret, candidat MNR (extrême droite) à la présidentielle, a réclamé pour sa part que Zacarias Moussaoui soit "déchu immédiatement de sa nationalité française".

Par Reuters
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Jeudi 13 décembre 2001

TOULOUSE (Reuters) - L'avocate de Zacarias Moussaoui demande au gouvernement de tout faire pour que son client soit jugé en France et non aux Etats-Unis, où il risque la peine de mort après son inculpation dans l'enquête sur les attentats du 11 septembre.


Dans un entretien accordé par téléphone à Reuters, Me Isabelle Coutant-Peyre, qui défend également le Vénézuélien Carlos, affirme craindre en effet les "manipulations de la justice américaine".
Elle estime que l'engagement de Washington à juger le suspect devant une cour civile de l'Etat de Virginie n'est pas un gage de garantie pour son client, qui risque, pour quatre des six chefs d'inculpation qui le visent, la peine de mort.
"Comme ils le montrent chaque jour en Afghanistan en organisant des chasses à l'homme, les Américains semblent prêts à tout depuis le 11 septembre. L'organisation d'un jugement par une cour civile et non pas militaire n'est pas un gage de sûreté puisque c'est la peine de mort qui semble être au programme dans tous les cas", explique-t-elle.
L'avocate rappelle que Moussaoui est français et encourt donc, dans son pays, une peine maximale de 10 ans de réclusion.
"Il doit donc être jugé en France. Et il revient au gouvernement français, qui milite à travers le monde contre la peine de mort, de prouver que son militantisme est sincère en se battant à mes côtés", avance-t-elle.
Me Coutant-Peyre précise qu'elle compte écrire dans ce but au gouvernement.
"De toute façon, l'argument qui consiste à dire que mon client a refusé soi-disant l'assistance judiciaire consulaire de la France ne tient pas", ajoute-t-elle.

L'avocate conteste les charges

Elle précise que ce refus présumé "émane seulement d'un courrier parti d'on ne sait où, et destiné à la mère de mon client, après avoir transité par on ne sait quels moyens. Ce refus est donc irrecevable".
Sur les faits reprochés au Français d'origine marocaine, l'avocate juge les éléments avancés par la justice américaine proprement "hallucinants".
"Il paraît qu'il a pris des cours de pilotage mais en refusant d'apprendre à décoller. Et encore, cette thèse a été depuis démentie, je crois. Quoi qu'il en soit, prendre des cours de pilotage n'est quand même pas un délit punissable de la peine de mort", dit-elle.
Elle rejette également l'élément de preuve, selon lequel son client a reçu des fonds de Hambourg.
"Là encore, que je sache, il ne s'agit pas d'un délit passible de la peine de mort", insiste Isabelle Coutant-Peyre.
Elle précise avoir contacté des avocats aux Etats-Unis pour qu'ils la secondent dans ce dossier, en attendant qu'elle puisse s'y rendre elle-même car elle redoute l'attitude d'éventuels avocats commis d'office.
"Parallèlement à cette action sur le terrain, j'ai bien l'intention aussi, s'il le faut, de mettre en place un comité de soutien pour mon client", poursuit-elle. "Dans ce comité, seront les bienvenus ceux qui militent contre la peine de mort et les manipulations judiciaires".
Les autorités françaises ont estimé, mercredi, que Zacarias Moussaoui ne devait pas être exécuté.
La ministre de la Justice, Marylise Lebranchu, a assuré qu'il bénéficierait de la protection consulaire française.
"Bien évidemment, aucune personne bénéficiant de la protection consulaire française ne doit être exécutée", a-t-elle déclaré sur RMC-Info.  

Par Nicolas Fichot (Reuters)
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Mardi 18 décembre 2001

CHANTILLY, Virginie (AP) -- Aïcha El Wafi, la mère du Français Zacarias Moussaoui, premier inculpé dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, est arrivée à Washington jeudi où elle souhaite rendre visite à son fils et assister à son procès le 2 janvier prochain.

A son arrivée à l'aéroport international de Dulles-Washington, Aïcha El Wafi a déclaré qu'elle espérait voir son fils âgé de 33 ans. Elle a également l'intention d'assister à son inculpation formelle par un tribunal d'Alexandrie (Virginie), le 2 janvier.
Son avocat, Me François Roux du barreau de Montpellier (Hérault) a déclaré aux journalistes qu'Aïcha El Wafi et lui étaient aux Etats-Unis ''pour tenter de voir M. Moussaoui et de travailler avec l'avocat de Moussaoui pour préparer sa défense. La mère de Zacarias espère rencontrer son fils dès que possible''.
Interrogé pour savoir si son client est innocent, Me Roux a répondu: ''Nous ne disons pas qu'il est innocent''. Il n'a pas donné plus de détails mais a ajouté que Zacarias Moussaoui avait ''droit à un procès équitable''.
En cas de culpabilité de Moussaoui, ''nous ne voulons pas de la peine de mort'', a souligné l'avocat français.
Au cours d'une conférence de presse donnée en français par Aïcha El Wafi, elle a déclaré qu'elle était inquiète du fait que son fils ne parle pas anglais et ne comprend pas les charges qui pèsent contre lui. Elle s'est également demandée si son fils pourrait avoir un procès équitable aux Etats-Unis.
Au cours de cette conférence de presse, la mère de Zacarias Moussaoui, visiblement très émue, n'a pas pu retenir ses larmes.
''Elle est fatiguée par un long voyage et une dure journée'', a expliqué Me François Roux.

Par Associated Press (AP)
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Jeudi 28 mars 2002

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a annoncé sa décision de poursuivre sa coopération judiciaire avec les Etats-Unis, malgré la décision de la justice américaine de requérir la peine de mort contre Zacarias Moussaoui.


Tout en "regrettant" cette décision, le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine et la ministre de la Justice Marylise Lebranchu ont expliqué qu'ils ne renonceraient pas, comme une Convention de décembre 1998 leur en donne la possibilité, à transmettre des pièces concernant Zacarias Moussaoui au parquet américain.


"La France est prête à poursuivre ses consultations dans un esprit de coopération, mais elle fera en sorte que les pièces ne soient pas utilisées comme fondement d'une réquisition de peine de mort, d'un verdict ou d'une sentence en ce sens", a souligné Hubert Védrine.


Zacarias Moussaoui, ressortissant français âgé de 33 ans, est accusé d'avoir participé à la préparation des attentats du 11 septembre à New York et Washington. Il doit être jugé à partir du 30 septembre en Virginie.


Les Etats-Unis demandent à la France de transmettre les résultats d'actes effectués courant mars en France par un procureur de Virginie, Robert Spencer, ainsi que différents éléments d'enquête sur le "curriculum vitae" de l'accusé et son parcours de militant islamiste, qui lui avait valu d'être fiché par les services du contre-espionnage.


"pièce par pièce"


"Il n'est pas dans notre esprit d'arrêter la coopération car vous comprenez bien que les réseaux terroristes mis en place qui ont oeuvré de manière terrible aux Etats-Unis, étaient implantés sur notre territoire et le sont peut-être encore. Il est donc important que France et Etats-Unis travaillent ensemble", a dit Marylise Lebranchu.


Elle a précisé toutefois que Paris n'avait pas transmis de document pour l'instant et que la question serait examinée "pièce par pièce".


Zacarias Moussaoui a été arrêté avant les attentats du 11 septembre, en août, en raison de son attitude jugée suspecte lors de cours de pilotage. Selon le parquet américain, il aurait dû être le vingtième des kamikazes impliqués dans les attentats.


L'accusation américaine a retenu six charges contre lui, dont quatre passibles de la peine de mort, notamment elle de "conspiration" en vue de commettre un acte de terrorisme.


Les documents français qui font notamment état de son adhésion à des thèses islamistes radicales avant son départ au Royaume-Uni, puis d'un séjour en Afghanistan, sont susceptibles de peser lourd dans le procès, puisque le parquet américain ne dispose pas pour l'instant de ces éléments de personnalité.


La Ligue des droits de l'homme et le Syndicat de la magistrature estiment que le "tri" des documents est impossible et ils ont demandé au gouvernement de renoncer à toute coopération. L'avocat de la famille Moussaoui, Me François Roux, a déclaré qu'il se battrait "jusqu'au bout" pour éviter au Français la peine de mort.  

Par Reuters
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Jeudi 28 mars 2002

WASHINGTON (Reuters) - Les autorités judiciaires américaines ont l'intention de requérir la peine de mort contre le Français Zacarias Moussaoui, accusé d'avoir participé à la préparation des attentats du 11 septembre et d'avoir ainsi projeté la mort de milliers de personnes, selon des documents judiciaires rendus publics jeudi.


Le ministre de la Justice américain, John Ashcroft, a fait valoir que les Etats-Unis étaient "une nation souveraine". La France, où la peine de mort est abolie, s'était déjà déclarée opposée à une telle hypothèse.

Le ministre français de la Justice Marylise Lebranchu a déclaré jeudi qu'elle réservait sa réaction, qui selon une porte-parole pourrait faire l'objet d'un communiqué avant la fin de la journée.

Le chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, a dit pour sa part "regretter" la décision américaine. "La France est prête à poursuivre ses consultations dans un esprit de coopération, mais elle fera en sorte que les pièces (qui seront éventuellement communiquées aux autorités américaines) ne soient pas utilisées comme fondement d'une réquisition de peine de mort, d'un verdict ou d'une sentence en ce sens", a-t-il prévenu.

La Ligue des droits de l'homme et le Syndicat de la magistrature (SM) avaient auparavant demandé au gouvernement français de refuser toute coopération judiciaire avec les Etats-Unis.

Moussaoui avait été arrêté un mois avant les attentats en raison d'un comportement suspect lors de cours de pilotage dans le Minnesota. Il aurait dû être, selon l'accusation, le vingtième pirate de l'air du groupe qui a détourné quatre avions de ligne pour les jeter notamment sur les tours jumelles du World Trade Center de New York et le Pentagone.


"ABSENCE DE REMORDS"

C'est la seule personne faisant l'objet d'une inculpation dans l'enquête sur les attentats du 11 septembre. Son avocat, Me François Roux, a annoncé qu'il "se battrait jusqu'au bout" pour éviter que son client soit condamné à mort.

Un autre conseil de Moussaoui, Frank Dunham, a estimé pour sa part que la prise de position de John Ashcroft - au cours d'une conférence de presse - était susceptible d'influencer les futurs membres du jury appelé à trancher le cas Moussaoui.

"Il ne peut s'agir d'une erreur. C'est un acte intentionnel visant à influencer les jurés", a-t-il déclaré.

Ashcroft, à qui il revient d'approuver tous les dossiers fédéraux où peut être requise la peine de mort, a accepté mercredi les recommandations de ses procureurs et a annoncé qu'il les autorisait à requérir la peine capitale.

"Le gouvernement va requérir la peine de mort, en raison des circonstances des crimes qui font qu'une condamnation à mort est justifiée", arguent les procureurs Paul McNulty et James Comey dans un document de huit pages.

A l'appui de leur demande, ils ont souligné que les actes de Moussaoui avaient entraîné la mort d'environ 3.000 personnes, soit le bilan le plus lourd jamais enregistré à la suite d'un acte criminel aux Etats-Unis, et ils ont ajouté que ce dernier avait "fait preuve d'une absence de remords concernant son comportement criminel".

Dans l'acte d'inculpation édicté le 11 décembre, Moussaoui, 33 ans, est accusé d'avoir participé à la préparation par le milliardaire intégriste Oussama ben Laden et son réseau Al Qaïda des attentats du 11 septembre.

Les avocats de Moussaoui ont jusqu'au 18 avril pour formuler leurs objections à une éventuelle condamnation à la peine capitale. Une audience a été fixée au 15 mai.

Ses conseils ont en outre plaidé non coupable en son nom. Son procès doit s'ouvrir le 30 septembre

Par Reuters
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Vendredi 26 avril 2002

ALEXANDRIA, Virginie (Reuters) - Le Français Zacarias Moussaoui, seule personne inculpée dans l'affaire des attentats du 11 septembre, estime que le parquet fédéral ne peut requérir la peine de mort contre lui parce qu'il n'est pas accusé d'avoir commis des actes ayant directement entraîné la mort.

Dans un document judiciaire communiqué au tribunal du district d'Alexandria (Virginie) et rendu public vendredi, les avocats de Moussaoui demandent au juge Leonie Brinkema d'empêcher le gouvernement de requérir la peine capitale à l'encontre de leur client.

Le mois dernier, le parquet avait fait savoir au tribunal que Moussaoui devait être exécuté pour avoir participé à la préparation des attentats suicide du 11 septembre, qui ont fait environ 3.000 morts.

Arrêté le 16 août 2001 dans le Minnesota, Moussaoui devait, selon l'accusation, être le vingtième kamikaze des attentats contre New York et Washington

Par Reuters
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Dimanche 1 septembre 2002

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne ne communiquera pas les informations dont elle dispose concernant le Français Zacarias Moussaoui, seul suspect inculpé dans l'enquête sur les attentats-suicide du 11 septembre contre les Etats-Unis, sauf si Washington lui garantit que ces documents ne serviront pas à prononcer à son encontre une condamnation à mort, déclare le ministre allemand de la Justice.

Les autorités américaines pensent que Moussaoui, arrêté pour violation des lois sur l'immigration avant le 11 septembre, devait être le 20e des pirates de l'air qui ont détourné des avions de ligne américains avant de les précipiter contre des cibles à New York et à Washington.

Les enquêteurs allemands disposeraient de preuves permettant d'établir un lien entre Moussaoui et Mohammed Atta, qui était aux commandes de l'un des avions qui se sont écrasés sur le World Trade Center.

Quatre des six chefs d'accusation dont Moussaoui fait l'objet sont passibles de la peine capitale, abolie au sein de l'Union européenne.

L'Allemagne au coeur de lenquête sur le 11 septembre

"Nos documents ne peuvent servir la peine capitale ou une exécution", a déclaré le ministre allemand de la Justice, Herta Daeubler-Gmelin, dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire Der Spiegel.

"Les Etats-Unis sont en train d'examiner notre réponse (...) et nous contacteront par la suite", a-t-elle ajouté.

L'Allemagne joue un rôle central dans l'enquête sur les attentats du 11 septembre, perpétrés par 19 pirates de l'air au moyen de quatre avions de ligne détournés. Plus de 3.000 personnes ont péri dans ces attaques.

Trois des pirates de l'air, dont le cerveau présumé du groupe, Mohammed Atta, vivaient dans la ville de Hambourg (Nord).

Moussaoui, un Français d'origine marocaine, a été arrêté au Minnesota en août 2001 pour violation des lois sur l'immigration après avoir éveillé les soupçons des autorités en fréquentant une école de pilotage.


Même s'il était en prison le 11 septembre, il est accusé de complot d'attentat avec le milliardaire intégriste d'origine saoudienne Oussama ben Laden et son réseau Al Qaïda. Il a démenti toute implication dans le complot mais a reconnu appartenir au réseau Al Qaïda.

Par Reuters
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Ils soutiennent

Elle joue double jeu...

- Hubert Védrine et Marylise Lebranchu se sont longtemps cachés derrière un refus de l'aide consulaire de Z. Moussaoui pour ne pas agir (lors de la demande, il n'était alors question que de visa expiré).

- Comme le gouvernement précédent, le suivant a accepté l'entraide judiciaire avec les Etats-Unis au mépris total des principes de la France sur la peine de mort. Procureurs américains et agents du FBI ont ainsi pu venir enquêter en France pour recueillir des témoignages à charge contre Moussaoui.

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