Les jeunes années perpignano-audoises de Zacarias Moussaoui, terroriste présumé (L'Indépendant)

Publié le par Corine Sabouraud

Elève sérieux, étudiant studieux à Montpellier et Perpignan où il a obtenu de nombreux diplômes, Zacarias Moussaoui est-il un des terroristes impliqués dans les terribles attentats de mardi dernier ?

Aurait-il même pu se trouver aux commandes d’un des Boeing détournés ? En France, la DST qui le fiche dès 1999 et diffuse son nom à toutes les polices et gendarmeries afin de tenter de suivre ses moindres faits et gestes n’exclurait pas l’hypothèse. Depuis cette époque, les services du contre-espionnage français soupçonnent en effet Moussaoui d’avoir effectué plusieurs séjours en Afghanistan, et d’avoir entretenu des liens avec le groupe terroriste du Djihad islamique qui avait revendiqué des attentats commis en 1995 dans le métro et le RER parisiens. Il a ici une forte réputation d’islamiste radical, fondamentaliste. Pour le FBI, le suspect semble d’autant plus sérieux que ses services l’ont justement démasqué fin août dernier. Zacarias Moussaoui, élève pilote d’avion à Boston, attire leur attention à cause notamment de son étrange entêtement à ne s’intéresser qu’au vol horizontal et au pilotage des Boeing 747 sur simulateur. Il se serait même souvent débrouillé pour sécher les cours de décollage et d’atterrissage.

Entré de surcroît aux Etats- Unis grâce à un faux passeport, Moussaoui est donc interpellé et incarcéré dans une prison de Minnesota. La France, qui le recherche, dépose aussitôt une demande d’extradition, mais la requête remonte à trois semaines à peine.... Vendredi dernier, le suspect a été transféré dans un pénitencier américain tenu secret. Natif de Saint-Jean de Luz, au pays basque, où il a vu le jour le 31 mai 1968, Zacarias Moussaoui était a priori arrivé aux USA au printemps, après avoir quitté Londres où il s’était précédemment installé. « Je voudrais acquérir l’anglais commercial pour pouvoir travailler dans des entreprises internationales. De plus, j’ai l’opportunité de me rendre en Angleterre », avait d’ailleurs écrit Moussaoui 1991 au moment de s’inscrire à l’université de Perpignan, en deuxième année de LEA. Non boursier, surveillant au lycée du Docteur-Lacroix à Narbonne, où il était domicilié chez ses parents, employés administratifs d’entreprise, l’étudiant ne fréquentera finalement jamais le campus catalan. Il ne vint même pas retirer sa carte universitaire. Unanimement dépeint jusque-là comme un jeune homme intelligent, cultivé, compétent, rigoureux et performant, Zacarias Moussaoui brise ainsi son autoportrait modèle et disparaît.

C’est la fin d’un parcours scolaire sans faute marqué par l’obtention de trois diplômes. Pion au collège Hugo de Narbonne dès 1986, il décroche un bac professionnel de maintenance des systèmes mécaniques automatisés à Montpellier en 1988. Puis il intègre le lycée Arago de Perpignan d’où il sort, en 1990, avec un BTS technico-commercial et des attestations de stage riches en superlatifs.
Partout où Moussaoui passe, il donne plus que satisfaction. Apparu sur les listes électorales de la ville de Narbonne en 87 d’où il ne se retire jamais, il retourne ensuite à Montpellier. Devenu maître d’internat, il empoche un Deug d’AES en un an à l’Université Paul-Valéry et obtient son permis de conduire.

Réformé du service militaire, il décide de conserver son statut d’étudiant à Perpignan. Il est alors âgé de 23 ans et ne cache pas ses intentions de rallier l’Angleterre, pour raisons professionnelles. Il atteste de son souhait d’accroître son sens des responsabilités dans ses lettres de motivation à l’écriture soignée et rectiligne. Zacarias Moussaoui est-il déjà ce "mercenaire afghan" que la DST pense avoir dévoilé huit ans plus tard ? Les investigations concernant son environnement et son itinéraire occulte ont, en tous les cas, continué hier en France et à l’étranger.

Publié dans Articles de presse

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grenouille 26/10/2009 18:10


ah! que des diplômes,je croyais avoir lu de propos venant de sa mère comme quoi le pauvre petit il n'aurait pas eu une scolarité normale à cause du racisme subi.Il faut arrêter,merde,quand je pense
que d'autres comme des espagnols,italiens et autres que eux aussi ont vraiment souffert du racisme à l'époque et pourtant personne les entent jamais.