François Roux : « Plus un trophée qu'un terroriste » (Midi Libre)

Publié le par J. Vilaceque

Avocat français de Zacarias Moussaoui, le Montpelliérain François Roux entend se battre à la fois pour l’accusé et contre la peine capitale.

Qu’allez-vous faire après l’annonce de la décision américaine ?

Je regrette bien sûr la position de John Ashcroft même si ce n’est pas une surprise. Mais je suis très préoccupé par la position du gouvernement français. Hubert Védrine "regrette" mais c’est à la fois trop peu et trop tard. Je répète qu’on aurait dû s’opposer aux démarches des procureurs américains qui il y a dix jours sont venus à Narbonne, à Montpellier et à Perpignan pour étayer leurs réquisitions.

Est-ce que cette annonce modifie la ligne de votre défense ?

Elle ne change rien sur le fond du procès. Il faut que le procureur prouve ce qu’il rapporte, que le jury soit convaincu et qu’il vote la mort. On est tout de même dans un cas de figure curieux : on requiert contre quelqu’un qui n’a rien fait mais dont on estime qu’il aurait pu faire. C’est ce qui a fait dire à un juriste américain que Moussaoui était plus un trophée pour le procureur qu’un terroriste.

Allez-vous plaider pour Moussaoui ou contre la peine de mort ?

Les deux. Il est évident que la tragédie est atroce et qu’il faut un procès. Mais un procès serein, quand les passions seront retombées. Et il va de soi que même si Moussaoui était déclaré coupable, je continuerais à me battre contre la peine de mort qui n’est pas digne d’un grand pays démocratique.

Propos recueillis par J. Vilaceque

Publié dans Interviewes

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