Zacarias Moussaoui accablé par son frère (La Vie Eco-Maroc)

Publié le par Yann Barte

Que cache l'attitude d'Abd Samad Moussaoui ?

Publié simultanément dans le monde entier, le témoignage de Abd Samad : « Zacarias Moussaoui, mon frère » (1) pourrait bien être le best seller de la saison. Mais qu’est-ce qui a poussé Abd Samad à écrire ce livre ?

A quelques jours des attentats du World Trate Center, Abd Samad répond aux journalistes. Ses mots sont terribles pour son frère Zakarias qui risque pourtant la peine de mort. On s’interroge alors, on pense à un règlement de compte.

Avec la publication il y a quelques jours du livre « Zakarias Moussaoui, mon frère », l’attitude de Abd Samad laisse plus perplexe encore.  Pourquoi ce livre ? S’agirait-il pour l’auteur de se protéger ? D’après le quotidien Le Monde, Abd Samad appartient au « courant ahbache, (2) dénoncé par la plupart des musulmans comme une secte malfaisante ».

Alors que la presse américaine dénonce un dossier d’accusation extrêmement faible et que des doutes se font entendre au sein même du FBI, Abd Samad, lui, a déjà condamné son frère. Pas une page, pas un mot en effet pour laisser place au doute quant à l’implication de son frère dans les attentats ! Pas même un rappel de l’ambiguïté de ce procès : lors des événements rappelons-le, Zakarias était en prison pour « visa expiré ». Une condamnation à mort pour intention criminelle constituerait un précédent.

L’auteur préfère régler ses comptes avec sa famille et dénoncer violemment les idéologues de l’extrémisme wahhabite et qotbiste (3). Ainsi décrit-il avec application les méthodes de recrutement de ces mouvements.

"L'Etat français ne fait rien"

Ce livre, moralisateur avant tout, est aussi une mise en garde des dérives de plus en plus fréquentes en Occident de jeunes vers cet Islam radical et ravageur. Pour Abd Samad, tous les ingrédients étaient là : les problèmes identitaires d’un franco-marocain ne parlant pas l’arabe et ignorant sa culture, sans père, ni repère, le racisme ordinaire, celui bien connu de l’Education nationale et de la police mais aussi des employeurs, des parents de la petite amie et bien sûr... la rencontre.

Si Aïcha El Wafi accepte de nous répondre, bien que très secouée par les propos de son fils Abd Samad, elle refuse pourtant de polémiquer : « J’ai fait tout ce que j’ai pu pour mes enfants. J’aime mes deux fils mais c’est Zakari qui a aujourd’hui besoin de moi. J’aurais fait pareil pour Abd Samad. S’il règle ses comptes à travers cette histoire tragique ou qu’il se protège, comme beaucoup le disent, lui ou son mouvement, c’est son problème ! ». Pour l’heure, Zakarias est l’objet unique de toutes ces préoccupations, de toutes ses angoisses et douleurs de mère. Et que fait aujourd’hui l’Etat français ? La réponse de Aïcha est laconique et sans appel : « rien ! Je ne vois rien. Ils ne sont pas pires que les précédents ! » On se souvient en effet qu’au mépris de ses principes contre la peine de mort, la France sous le précédent gouvernement avait accepté l’entraide judiciaire avec les Etats-Unis, destinée à recueillir sur le sol français, des éléments à charge contre Zakarias. Quant au Maroc... il ne s’est toujours pas manifesté.

(1) Zacarias Moussaoui mon frère, de Abd Samad Moussaoui et Florence Bouquillat (journaliste à France 2), aux éditions Denoël Impacts. 214 pages, 16 euros.

(2) Ce courant dont le maître à penser est le cheikh Abdallah Al-Harari (de la ville de Harar en Ethiopie), dit Al-Habachi est apparu au Liban au début des années 80. Très rigoristes sur le fond, les Ahbaches se donnent une image d’ouverture en critiquant violemment les wahhabites et les Frères Musulmans qu’ils accusent d’intégrisme. Présents en France sous le nom d’Association des projets de bienfaisance islamique en France (Apbif), ils sont implantés dans plusieurs villes comme Montpellier, Narbonne, Lyon, Toulouse.

(3) Sayyed Qotb fut un des grands idéologues égyptiens des « Frères musulmans ». Il décrète que le monde n'est plus musulman, qu'on vit à nouveau la jahiliyya, la " barbarie " anté-islamique et qu'on a le devoir d'abattre le pouvoir impie pour instaurer de nouveau l'Etat islamique. Qotb meurt pendu en 1966.

Publié dans Articles de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

ducon 13/02/2015 22:46

ntm bitch