La mère de Moussaoui souhaite qu'il purge sa peine en France (Reuters)

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PARIS - La mère de Zacarias Moussaoui, condamné aux Etats-Unis à la prison à vie pour complicité dans les attentats du 11 septembre 2001, souhaite que son fils purge sa peine en France.
"Une petite lueur subsiste: on peut espérer qu'à très long terme une intervention des autorités françaises permette à son fils de purger sa peine dans son pays", a déclaré jeudi au Monde Me Patrick Baudouin, avocat de la mère de Moussaoui, Aïcha al Wafi.
La France et les Etats-Unis sont liés par deux conventions sur le transfèrement des personnes condamnées, une convention bilatérale du 25 janvier 1983 et une convention du Conseil de l'Europe entrée en vigueur le 1er juillet 1985, selon le ministère français des Affaires étrangères.
"Une éventuelle demande de transfèrement de M. Zacarias Moussaoui serait examinée dans ce cadre", a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay.
"En tout état de cause, il faut attendre que la justice américaine ait prononcé la condamnation définitive et défini les conditions d'exécution de la peine", a-t-il ajouté.
Le ministre de la Justice, Pascal Clément, a également insisté sur les conditions de la peine prononcée contre Zacarias Moussaoui.
"En France, nous avons des conditions qui sont précises et il faut savoir si elles seront compatibles", a-t-il expliqué sur
LCI.
Le verdict contre Zacarias Moussaoui a été formellement prononcé jeudi par la juge fédérale américaine Leonie Brinkema.
Me Baudouin, dans Le Monde, relève que la sanction prononcée contre Zacarias Moussaoui est "extrêmement lourde alors que l'accusé n'a pas participé aux actes visés, les attentats du 11 septembre, puisqu'il se trouvait déjà en prison depuis plusieurs semaines".
"S'il avait été jugé en France, la peine maximum encourue aurait été de dix ans", ajoute-t-il. "La prison à vie, cette mort lente, est une peine incompressible. Moussaoui sera détenu dans des conditions d'isolement extrêmement dures dans un pénitencier du Colorado."
La mère de Zacarias Moussaoui, lors d'une conférence de presse à Paris, a critiqué l'attitude de la France.
"J'aurais voulu que la France dise qu'il doit être jugé pour ce qu'il a fait et non pour ce qu'il a dit", a-t-elle déploré. "Mon fils va être enterré vivant car la France n'a pas osé contrarier les Américains."
Le ministre français des Affaires étrangères a par la suite fait savoir qu'il ne lui "appartient pas de commenter" la décision de la justice américaine.
"J'ai demandé à mes services et à notre ambassade à Washington, qui ont offert leur protection consulaire et qui ont suivi au jour le jour le déroulement du procès, de continuer à rester très attentifs à la situation de M. Zacarias Moussaoui, en liaison avec les services du ministère de la Justice", a précisé Philippe Douste-Blazy dans un communiqué.
"Les autorités françaises avaient eu l'occasion, à plusieurs reprises, de rappeler leur constante opposition à la peine capitale", a remarqué le chef de la diplomatie française.

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