Moussaoui: suspension des délibérations (AP)

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ALEXANDRIA, Virginie (AP) -- Les délibérations du procès de Zacarias Moussaoui, entrées dans leur deuxième semaine, ont été suspendues lundi sans qu'aucune décision ne soit prise sur le sort à réserver à l'accusé.
Le jury, qui a déjà délibéré plus de 28 heures sur cinq jours, est appelé à décider si le Français, unique inculpé aux Etats-Unis dans l'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, doit être condamné à mort ou à la prison à vie après avoir plaidé coupable de complot en avril 2005.
Pour l'heure, les jurés n'ont rien laissé transparaître sur leur décision. Leur seule requête a consisté à demander à pouvoir consulter un dictionnaire, ce que la juge Leonie Brinkema leur a refusé au motif qu'un tel ouvrage constituerait une pièce supplémentaire à verser au dossier.
De l'avis des experts, le prolongement des délibérations donne à penser qu'une partie du jury ne souhaite pas que Moussaoui se voit infliger la peine capitale. Un seul "non" dans le vote final suffirait à condamner le Français d'origine marocaine à la prison à perpétuité.
L'absence d'unanimité favoriserait donc la défense de Moussaoui, les avocats de ce dernier ayant plaidé la schizophrénie dans l'espoir d'éviter une exécution à leur client.
Les travaux du jury, qui ont essentiellement consisté à remplir les 42 pages du formulaire de verdict destiné à guider leur décision, avaient été interrompues vendredi après que l'un des jurés eut reconnu avoir cherché la définition de "circonstances aggravantes" dans un dictionnaire Webster.
La juge a finalement estimé, lors d'une audience à huis clos, que ce faux-pas ne justifiait pas une interruption prolongée des délibérations, mais elle a demandé à l'ensemble des jurés de ne plus chercher de définitions.
Mme Brinkema a fourni elle-même l'explication réclamée, notant que l'expression en question voulait "surtout dire rendre les choses pires". Elle a aussi rappelé que les instructions données aux jurés définissaient les circonstances aggravantes comme "des facteurs ou circonstances qui tendent à plaider pour la peine de mort".
Le poids des circonstances aggravantes ou atténuantes se révèle crucial dans les délibérations en cours, les jurés devant trancher entre l'éventuelle préméditation de l'accusé, passible de la peine capitale, et ses possibles troubles mentaux. AP

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