Procès Moussaoui: sixième jour de délibérations des jurés (AFP)

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Les jurés au procès de Zacarias Moussaoui, le premier aux Etats-Unis en lien avec les attentats du 11-Septembre ont entamé mardi leur sixième jour de délibérations pour savoir s'il doit être condamné à  mort.
Les neuf hommes et trois femmes qui forment ce jury ont repris vers 08H30 mardi matin (12H30 GMT) leur réunion à  huis-clos, au septième étage du tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est).
Avant de se séparer lundi après-midi, ils avaient délibéré quelque 28 heures, sur cinq jours depuis le 24 avril.
Les spécialistes interrogés par l'AFP ne voient rien d'inhabituel dans la durée de ces délibérations, et des avocats de Zacarias Moussaoui croisés au tribunal ne se sont risqués à  aucun pronostic.
Dans une autre affaire terroriste n'impliquant pas la peine de mort, dans ce même tribunal, les jurés avaient ainsi délibéré pendant une semaine.
Dans un tout autre registre, au procès du chanteur Michael Jackson accusé d'abus sexuels sur un mineur, 32 heures de délibérations avaient été nécessaires pour son acquittement, le 13 juin 2005.
Le tribunal a annoncé lundi soir un emploi du temps pour leurs délibérations jusqu'au 8 mai, mais là  encore la défense n'en a pas déduit que le verdict n'interviendra que la semaine prochaine.
Les jurés avaient estimé le 3 avril que le Français de 37 ans était "passible de la peine de mort", pour avoir directement causé la mort d'au moins une des 3.000 victimes des attentats en niant être un terroriste et avoir des complices, lors de son arrestation dans le nord des Etats-Unis.
Selon le ministère public, les attentats auraient pu être prévenus au moins en partie si Moussaoui avait évoqué son appartenance à  Al-Qaïda.
Désormais, les jurés débattent sur le verdict final.
Pour condamner Zacarias Moussaoui à  l'injection mortelle, ils doivent être unanimes et suivre une procédure très encadrée, exposée dans un formulaire de 42 pages garantissant qu'ils ont examiné tous les éléments à  charge et à  décharge.
Dans leur démarche, ils doivent en premier lieu examiner les "circonstances aggravantes" et pour que Zacarias Moussaoui soit condamné à  mort, estimer que l'accusation a prouvé au moins une des trois circonstances aggravantes dites "obligatoires".
Il s'agit de la mise en danger de mort de personnes autres que les victimes, de la cruauté de l'"acte" de Zacarias Moussaoui, de nature à  entraîner "torture" ou "mauvais traitements", ou de la préméditation.
La défense a présenté 23 circonstances atténuantes. Parmi celles-ci, trois impliquent qu'une condamnation à  la prison à  vie constituerait une punition "plus sévère" car une exécution ferait de lui un "martyr" pour les partisans d'Al-Qaïda.
Les avocats font également état de son éventuelle schizophrénie.
Enfin, selon eux, "son rôle, s'il a existé, est mineur dans l'opération 11-Septembre", alors qu'il était en prison le jour des attentats.
Pour chacune de ces circonstances aggravantes et atténuantes, le jury devra indiquer combien de membres ont estimé qu'elles étaient prouvées, ce qui permettra d'analyser leur verdict et ses motivations.
Si le jury opte pour une condamnation à  mort, Zacarias Moussaoui pourra faire appel dans les dix jours ouvrables suivant le prononcé de la peine.
Si le jury vote contre, le Français sera automatiquement condamné à  la réclusion à  perpétuité, car il a plaidé coupable de complicité avec les auteurs des attentats, en avril 2005.

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