Procès Moussaoui: les jurés se séparent pour le week-end sans décision (AFP)

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MoussaouiALEXANDRIA (AFP) - Les jurés au procès de Zacarias Moussaoui se sont séparés vendredi après-midi pour le week-end, après avoir manifestement pesé chaque mot dans leurs délibérations en vue de déterminer s'il doit être condamné à mort, qui reprendront lundi.

Vendredi, les neuf hommes et trois femmes du jury étaient arrivés comme à leur habitude entourés de strictes mesures de sécurité et avaient été accompagnés par les gardes du tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est) au septième étage de l'immeuble, où se trouve la pièce qui leur est réservée.

Puis ils ont passé un petit mot à la juge chargée de l'affaire, Leonie Brinkema.

Dans la missive, les jurés signalaient que l'un d'entre eux n'avait pas résisté et vérifié jeudi soir la définition du mot "aggravant" dans un dictionnaire de référence, le Webster's, alors que la juge avait déjà indiqué qu'ils ne pouvaient mener d'enquête par eux-mêmes. Les jurés délibèrent depuis lundi pour décider si le Français doit être condamné à mort pour complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre qui ont fait près de 3.000 morts.

Il doivent d'abord examiner les "circonstances aggravantes" présentées par l'accusation et les "circonstances atténuantes" exposées par la défense et c'est seulement ensuite qu'ils pourront décider de leur verdict.

Vendredi matin, le juré qui a eu recours au dictionnaire a été interrogé à huis-clos par la juge, en présence de l'accusation et de la défense, pour déterminer s'il y avait eu violation des règles du tribunal. Lors d'une audience publique, la juge a expliqué ensuite qu'elle n'avait constaté "aucune violation intentionnelle ou matérielle" de celles-ci. Elle a quand-même un peu sermoné les jurés en leur expliquant que dans cette procédure "contradictoire", il ne leur revenait pas de mener l'enquête, même sur le sens des mots et que c'était elle, en présence des parties, qui répondait à des problèmes de définition.

Mardi, les 12 jurés avaient demandé à la juge s'ils pouvaient disposer d'un dictionnaire au tribunal. Elle avait refusé, en leur disant la même chose, mais le juré n'avait apparemment pas compris qu'il lui était interdit de consulter son dictionnaire à la maison. Maternelle, la juge a cependant remercié les jurés de l'avoir prévenue, estimant qu'ils étaient "très consciencieux". Les jurés ont ensuite repris leurs délibérations. Vers 15H00 (19H00 GMT), ils ont suspendu leurs discussions, a indiqué le tribunal qui a précisé qu'ils se retrouveront lundi à partir de 08H30 (12H30 GMT). Au total, ils auront débattu pendant quelque 21 heures et 30 minutes depuis lundi. Le jury n'a pas de limite dans le temps pour prendre sa décision, qui, si elle est favorable à la peine de mort, doit être unanime. La longueur des délibérations des jurés n'a rien d'inhabituel: en 2004, dans une autre affaire mettant en cause dans ce même tribunal l'islamiste Ali Al-Timimi, accusé d'avoir tenté de recruter des combattants pour les talibans, les jurés avaient débattu pendant sept jours, alors qu'il n'y avait pas de peine de mort en jeu. La mère de Zacarias Moussaoui, Aïcha el-Wafi, est arrivée mardi soir et attend l'issue des délibérations dans un hôtel à proximité du tribunal. Pendant la journée, elle est constamment en compagnie d'une autre mère, celle d'une victime des attentats du 11-Septembre, Phyllis Rodriguez. Cette dernière a indiqué qu'elle comptait emmener Mme el-Wafi chez elle, à New York, pour le week-end

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