Les jurés poursuivent leurs délibérations sur Zacarias Moussaoui (AFP)

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Les jurés au procès de Zacarias Moussaoui ont poursuivi leurs délibérations mercredi en vue de décider si le Français, dont la mère est arrivée mardi aux Etats-Unis, doit être condamné à  mort pour son rôle dans les attentats du 11 septembre 2001.
Dans le secret d'une pièce qui leur est réservée au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est), les jurés ont continué mercredi à  évaluer les éléments à  charge et à  décharge, pour décider si le Français de 37 ans mérite la mort ou la prison à  vie.
Le jury de neuf hommes et trois femmes, a entamé ses délibérations vers 9h00 et les a suspendues vers 16h00. Sa réunion se poursuivra jeudi à  partir de 8h30, a indiqué le tribunal.
A l'arrivée des jurés, des journalistes ont guetté comme chaque jour leur tenue, signe pour certains de l'approche d'un verdict lorsqu'elle est plus élégante.
Mais rien n'a filtré de l'avancée de leurs délibérations, même dans leur habits: mercredi, certains hommes portaient veste et cravate, d'autres un polo.
Pour prendre leur décision les jurés disposent de leurs notes et peuvent consulter toutes les pièces à  conviction présentées pendant le procès, dont les débats au fond ont démarré le 6 mars.
Ils ont déjà  délibéré 16h00 au total et n'ont pas de limite dans le temps. Leur démarche est cependant strictement encadrée, de sorte qu'ils examinent réellement tous les éléments à  charge et à  décharge.
Ils doivent en particulier, avant de rendre leur verdict, remplir un document de 42 pages, où ils précisent quelles circonstances aggravantes ont été selon eux prouvées par l'accusation et quelles circonstances atténuantes la défense a pu établir.
Par ailleurs, ils doivent être unanimes pour se prononcer en faveur de la peine de mort: un seul vote contre suffira pour épargner cette peine à  Zacarias Moussaoui, qui irait alors en prison pour la vie.
Lors des réquisitions finales, l'accusation a affirmé que Moussaoui, un membre d'Al-Qaïda, n'avait "pas sa place sur cette bonne terre", car il avait causé, au même titre que les kamikazes, la mort des victimes en mentant à  la police pour protéger ses complices, lors de son arrestation en août 2001 dans le nord des Etats-Unis.
Elle a souligné qu'il n'avait exprimé aucun remords face à  la souffrance des quelque 3.000 victimes des attaques et de leurs proches, pendant que Moussaoui approuvait d'un mouvement de tête.
La défense a pour sa part imploré les jurés de ne pas donner au Français ce qu'il recherche: la mort.
Pendant que les jurés débattaient, Aïcha el-Wafi, la mère de Zacarias Moussaoui, arrivée mardi après-midi à  Washington, patientait en compagnie d'une amie, la mère d'une victime des attentats du 11-Septembre, Phyllis Rodriguez, qui a perdu son fils de 31 ans, Greg, et reste opposée à  la peine de mort.
Son époux Orlando a témoigné pendant le procès en faveur de la défense.
Le verdict n'est pas tombé, mais pour Mme el-Wafi, qui estime que son fils ne mérite ni la peine de mort ni la prison à  vie, "le pire est déjà  fait".
"La justice, c'est chercher des preuves et montrer ce qu'il a fait, pas ce qu'il a dit", a déclaré Mme el-Wafi aux abords de l'hôtel où elle est descendue, estimant, comme la défense, que le rôle de son fils n'a jamais été établi avec clarté.
Une fois le verdict lu, une deuxième audience doit être organisée, peut-être le jour-même, au cours de laquelle la peine choisie par les jurés sera prononcée formellement par la juge chargée de l'affaire.
Pendant cette audience, Zacarias Moussaoui a en principe le droit de prendre une dernière fois la parole.

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