Moussaoui: le jury délibère, sa mère arrive aux Etats-Unis (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - Les jurés au procès du Français Zacarias Moussaoui ont poursuivi mardi leurs délibérations afin de décider s'il mérite la peine de mort en lien avec les attentats du 11-Septembre, alors que sa mère est arrivée aux Etats-Unis pour assister au verdict.

Les neuf hommes et trois femmes du jury ont discuté à huis-clos pendant près de sept heures au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est).

Le tribunal a indiqué qu'ils reprendraient leurs délibérations mercredi à partir de 08H30 (12H30 GMT).

Consciencieux, ils ont demandé en mi-journée à la juge Léonie Brinkema s'ils pouvaient disposer d'un dictionnaire. La magistrate a rejeté leur requête en présence de Zacarias Moussaoui et des parties, en expliquant qu'ils n'avaient pas à décider eux-mêmes de l'interprétation de certains mots.

Pour décider du verdict, les jurés n'ont aucune limite dans le temps mais la mère de Zacarias Moussaoui, Aïcha el-Wafi, a décidé d'arriver dès mardi.

"Aïcha est partie, elle bouillait d'impatience, elle se sentait trop éloignée de son fils et cela suscitait beaucoup d'angoisses pour elle", a déclaré l'un de ses avocats, Me Patrick Baudoin, précisant qu'elle se déplaçait pour assister à un verdict "qu'elle redoute". Mme El-Wafi est arrivée à Washington dans l'après-midi. Jointe par téléphone, elle n'a pas souhaité faire de commentaires. Lundi, les jurés avaient délibéré trois heures, après avoir écouté les instructions de la juge sur la démarche à suivre en droit et les derniers arguments des parties. Zacarias Moussaoui ayant plaidé coupable en avril 2005 de complicité avec les auteurs des attentats, les jurés doivent uniquement déterminer sa peine: injection mortelle ou prison à vie.

Pour le condamner à mort, les jurés doivent être unanimes. Dans le cas contraire, le Français de 37 ans serait condamné d'office à la réclusion à perpétuité dans une prison de haute sécurité. "Vous et vous seuls déciderez", a souligné lundi la juge en invitant les jurés à mener une réflexion "prudente et approfondie". La loi fédérale en matière de peine de mort encadre strictement leur démarche. Ils doivent remplir un formulaire de 42 pages garantissant qu'ils ont examiné tous les éléments à charge et à décharge. Ils doivent d'abord déterminer si l'accusation a prouvé au moins une des trois circonstances aggravantes obligatoires, sans lesquelles Zacarias Moussaoui ne peut être condamné à mort. Ces circonstances aggravantes sont la mise en danger de mort de personnes autres que les victimes, le fait que l'acte ait été commis de manière particulièrement "haineuse, cruelle ou dépravée, entraînant torture ou mauvais traitement", et la préméditation. Outre la mort de près de 3.000 personnes, l'accusation avance d'autres circonstances aggravantes dont la destruction de millions de mètres carrés de bureaux ou encore la paralysie temporaire de la Bourse de New York et l'absence de "remords" de Moussaoui, qui a souhaité encore plus de souffrance pour l'Amérique.

Ses avocats ont pour leur part établi une liste de 23 circonstances atténuantes. Ils avancent que la peine de mort serait pour lui une punition "moins sévère" que la prison à vie car son exécution en ferait "un martyr" pour ses "frères d'Al-Qaïda". Moussaoui, insistent-ils, souffre par ailleurs "très probablement d'une schizophrénie". Son rôle, s'il a existé, est "mineur", il était "en prison le jour des attentats" et d'autres personnes impliquées, dont le cerveau des attentats, ne comparaissent pas, plaident-ils. Une fois le verdict rendu, la peine sera formellement prononcée lors d'une audience ultérieure, qui pourrait cependant avoir lieu très rapidement, y compris le jour-même.

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leloup 27/04/2006 01:09

Il doit être condamné à mort !!