Procès Moussaoui: derniers arguments avant les délibérations du jury (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - Zacarias Moussaoui n'a pas sa place sur terre. Il ne doit pas mourir en martyr. Accusation et défense ont présenté lundi leurs derniers arguments aux jurés qui doivent commencer à délibérer dans l'après-midi pour savoir si le Français doit être exécuté.

"Il est temps de mettre fin à cette haine et à ce venin. Le temps est venu de condamner à mort Zacarias Moussaoui", a lancé David Raskin, qui avait joué jusque-là le rôle du "tendre" dans l'équipe des procureurs, aux jurés du tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est).

"Il n'y a pas de place sur cette bonne planète pour Zacarias Moussaoui", a-t-il encore asséné: "lui et Al-Qaïda ont assassiné 2.972 innocents".

"Vous avez appris qui étaient certaines de ces personnes extraordinaires, et vous avez appris la douleur, la douleur éternelle que ressentent encore leurs proches", a-t-il poursuivi, dénonçant: "l'accusé prend plaisir à leur douleur". Moussaoui a affiché un large sourire et approuvé de la tête. Le 3 avril, les douze jurés (9 hommes et 3 femmes) avaient estimé que le Français était passible de la peine de mort pour la complicité qu'il revendique avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001, trois semaines après son arrestation dans le nord des Etats-Unis. Le procureur a rejeté toutes les circonstances atténuantes avancées par la défense, notamment l'éventuelle schizophrénie de Moussaoui: "Le fait que nous ne pouvons simplement pas comprendre ce type d'esprit diabolique ne veut pas dire qu'il (l'accusé) est fou". L'avocat de la défense Gerald Zerkin a pourtant longuement évoqué cet argument, mais il s'exprimait avec hésitation et s'est plusieurs fois perdu dans ses notes. Il a aussi tenté une dernière fois de convaincre les jurés qu'en condamnant Moussaoui à l'injection mortelle, ils lui donneraient exactement ce qu'il cherche. "Il est venu en Amérique pour mourir et vous êtes sa dernière chance...", a affirmé l'avocat, en rappelant aux jurés: "Vous pouvez le confiner à une existence misérable jusqu'à sa mort (...) celle des criminels de droit commun, pas celle des combattants du Djihad". Evoquant la souffrance des victimes et de leurs proches, M. Zerkin a insisté: "C'est précisément parce que leur douleur est si profonde (...) que sa mort ne peut y remédier". Les deux parties ont tenté d'attendrir les jurés en faisant référence aux enfants. M. Zerkin a terminé sa plaidoirie en implorant les jurés de songer à l'héritage qu'ils laisseraient aux plus jeunes et en lisant les paroles d'un livre pour enfants: "Entendez les cloches de la liberté ... la terreur peut venir mais elle ne restera pas". "Comment un être humain peut-il se réjouir de la mort de cette petite fille qui se rendait à Disneyland", a dit le procureur David Novak, en montrant la photo de Christine Hanson, la plus jeune victime des attentats, morte à bord d'un des avions détournés à l'âge de deux ans et demi. Moussaoui "n'est pas un agneau qu'on apporte en sacrifice. C'est un meurtrier de sang froid (... Dites-lui) que les Etats-Unis n'accepteront pas qu'une bande de brutes qui invoquent Dieu massacrent des milliers de personnes", a conclu David Novak, lors du "droit de réponse" final dont disposait l'accusation. En quittant la salle à la fin de la matinée, Zacarias Moussaoui, a crié qu'il existait plus d'un moyen "d'arracher la peau des porcs américains". L'audience a repris peu après 13H00 (17H00 GMT) avec les instructions aux jurés, qui devraient entamer leurs délibérations environ une heure plus tard.

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