Moussaoui "n'est pas "le bon coupable" (AP)

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Nouveaux témoignages jeudi de proches de victimes du 11-Septembre, opposés à la condamnation à mort de Zacarias Moussaoui.

Les proches de victimes du 11 septembre opposés à la condamnation à mort de Zacarias Moussaoui ont témoigné jeudi 20 avril pour le deuxième jour en faveur du Français, unique inculpé aux Etats-Unis dans les attentats qui ont fait près de 3.000 morts en 2001.
Ils ont expliqué au tribunal fédéral d'Alexandria, en Virginie, qu'ils ne cherchaient pas la vengeance, ou que Moussaoui n'était pas le bon coupable. Il sera exécuté ou emprisonné à vie, selon le choix des 12 jurés qui entameront leurs délibérations la semaine prochaine.
Les avocats du Français d'origine marocaine, qui dit appartenir à Al-Qaïda, espèrent encore pouvoir contrebalancer l'impact des témoignages déchirants d'une quarantaine de personnes citées par l'accusation.

Le cas Reid

Ils ont notamment présenté un document révélant que l'administration Bush ne disposait d'aucune preuve montrant que Richard Reid, l'homme qui avait essayé de faire exploser un avion reliant Paris à Miami, en 2001, devait participer aux attentats du 11 septembre, comme l'avait affirmé Zacarias Moussaoui.


Richard Reid purge une peine de perpétuité dans une prison de sécurité maximale à Florence (Colorado) pour avoir tenté de faire sauter en vol un avion d'American Airlines avec des explosifs cachés dans l'une de ses chaussures.
Le mois dernier, Zacarias Moussaoui avait affirmé que Richard Reid et lui devaient détourner un cinquième avion le 11 septembre 2001 pour le faire s'écraser sur la Maison Blanche.
Par ailleurs, l'un des témoins de la défense, Andrea LeBlanc, du New Hampshire, a expliqué jeudi comment elle avait vécu la mort de son époux Robert, professeur retraité de géographie, qui se trouvait à bord de l'avion des United Airlines précipité par les pirates de l'air contre la seconde tour du World Trade Center de New York le 11 septembre 2001.

"Jamais de mots de colère"

Ce n'est que plusieurs heures après avoir regardé les attentats à la télévision qu'elle a découvert que son mari était l'un des passagers. Elle a dû l'annoncer à ses enfants. "Il n'y a jamais de mots de colère, de récriminations ou de recherche de la vengeance", a déclaré cette opposante à la guerre en Afghanistan et en Irak.
Les témoins n'ont pas le droit de s'exprimer pour ou contre la peine de mort pour l'accusé, mais leurs propos traduisent leur opinion sur la question,à l'exemple de Marilynn Rosenthal, professeure de médecine, qui a perdu son fils Josh dans le World Trade Center.
Sa famille, a-t-elle dit, ne veut pas "être prise dans un tourbillon de chagrin et de colère". Elle a ajouté à l'extérieur du tribunal que "Moussaoui (était) la mauvaise personne à juger". "Il y a des gens détenus par le gouvernement américain qui sont les instigateurs centraux" des attentats alors que le rôle de l'accusé n'a été que "marginal", a-t-elle poursuivi.

"Peur de faire un martyr de Moussaoui"

Mais pour Debra Burlingame, dont le frère Charles pilotait l'avion détourné qui s'écrasa sur le Pentagone, les proches de victimes du 11 septembre témoignant pour la défense se trompent. "La peur de faire un martyr de Moussaoui en l'exécutant démontre une incompréhension de la culture de mort du jihad" (guerre sainte pour les musulmans), a-t-elle estimé.


La défense tente par ailleurs de saper la crédibilité de son client en le présentant comme un déséquilibré.
Moussaoui, qui se trouvait en prison au moment des attentats, assure qu'il lutte pour sa vie mais il s'est à deux reprises félicité de ces attaques et lance régulièrement insultes à l'encontre des Etats-Unis et des Occidentaux et louanges à Al-Qaïda et son chef Oussama ben Laden.

Publié dans Dépêches

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