Les avocats de Zacarias Moussaoui décrédibilisent leur client (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - Les avocats de Zacarias Moussaoui ont achevé jeudi la présentation des circonstances atténuantes visant à épargner au Français une condamnation à mort pour les attentats de 2001, en décrédibilisant, avec un document, les affirmations de leur client.

L'accusation dispose d'un "droit de réponse", lui permettant d'appeler encore des témoins, probablement des spécialistes qui argueront que Moussaoui n'est pas atteint d'une maladie mentale. Après les réquisitions et plaidoiries finales, les jurés se retireront pour délibérer en vue d'un verdict, sans doute en début de semaine prochaine.

Le document qui a été présenté jeudi au tribunal par les avocats de Moussaoui atteste que Richard Reid, l'"homme aux chaussures piégées", ne devait pas participer aux attentats du 11-Septembre, comme l'avait affirmé le Français, qui revendiquait aussi un rôle dans ces attaques.

Ce Britannique qui purge une peine de prison à vie dans le Colorado, avait tenté de faire sauter un vol entre Paris et Miami, en décembre 2001, à l'aide de chaussures piégées. Lors de sa première intervention devant les jurés au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est), Zacarias Moussaoui avait affirmé qu'il devait participer aux attentats en projetant un avion contre la Maison Blanche, alors qu'il avait toujours nié auparavant devoir participer à ces attaques.

Il a ensuite déclaré que son ami Richard Reid, était son "second". Plus tard, il a aussi indiqué que ce dernier n'était pas au courant. Mais dans le document présenté par la défense et résumant des informations classifiées dont l'accusation admet la validité, cette version est démentie.

Non seulement Richard Reid n'avait pas connaissance, à l'avance, des attentats du 11-Septembre, mais aucune information n'indique qu'il devait y participer. "Il est très improbable que Reid ait fait partie de cette opération", indique le document en citant deux experts du FBI (police fédérale) dont l'identité n'est pas révélée. Ces spécialistes notent que Richard Reid avait établi un testament en faveur de Moussaoui et ne devait donc, logiquement, pas mourir avec lui. Les avocats de Zacarias Moussaoui ont ainsi cherché à décrédibiliser leur client et prouver que sa revendication d'un rôle dans les attentats du 11-Septembre était purement fantaisiste. Le Français de 37 ans risque la peine de mort ou la prison à vie pour complicité avec les auteurs des attentats. L'accusation estime que s'il n'avait pas menti lors de son arrestation en août 2001, en niant être en terroriste et avoir des complices aux Etats-Unis, les attentats auraient pu être prévenus.

La défense a aussi présenté jeudi des témoignages de proches des victimes des attentats du 11-Septembre en faveur du Français. Ces témoins ont évoqué leur tristesse mais aussi leur volonté de "réconciliation",de "compassion", de "compréhension". Ils n'ont pas le droit, en vertu de la loi fédérale, d'exprimer ouvertement devant les jurés leur position sur la peine de mort. Mais, en témoignant pour la défense, c'est bien contre cette peine qu'ils cherchent à s'exprimer.

Ainsi Andrea LeBlanc, petite femme aux cheveux gris très lisses, a expliqué que son mari Bob, géographe et grand voyageur tué à bord d'un des avions détournés, cherchait toujours à "connaître et comprendre les souffrances des gens".

Paula Shapiro, qui a perdu un fils, a espéré qu'il n'était pas mort en vain souhaitant que ses valeurs et celles de son pays, "la justice, la compréhension, la compassion", prévalent. La défense du Français avait précédemment fait entendre deux spécialistes - un psychologue et un psychiatre - qui ont affirmé que Zacarias Moussaoui était atteint d'une schizophrénie, autre circonstance atténuante pour la défense.

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