11-Septembre: des familles de victimes volent au secours de Moussaoui (AFP)

Publié le par YKB

ALEXANDRIA (AFP) - Des proches de victimes du 11-Septembre ont témoigné mercredi au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est) en faveur de Zacarias Moussaoui, qui risque la peine de mort pour sa complicité avec les auteurs des attentats.

"Dans notre famille, nous avions tous un sentiment très fort que nous ne devions pas nous laisser piéger par la tristesse", a déclaré Marilynn Rosenthal, invitée à témoigner par la défense, qui a perdu son fils Josh, de 44 ans, dans les attentats.

Zacarias Moussaoui, jugé depuis le 6 février au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est) pour complicité avec les auteurs des attentats, n'avait pourtant exprimé que mépris pour les victimes, se réjouissant de la souffrance et exprimant même son souhait d'autres attentats. Mais cela n'a pas empêché des victimes, opposées à la peine de mort, de venir à sa rescousse. Les témoins de la défense comme ceux de l'accusation n'ont pas le droit de déclarer ouvertement à l'audience leur préférence entre la peine de mort ou la réclusion criminelle à perpétuité, mais leur choix de témoigner pour l'une ou l'autre des parties donne une indication de leur souhait pour le verdict.

"Nous voulions que quelque chose de bon (de ce drame) soit tiré pour nous (...) et pour notre pays", a ajouté Mme Rosenthal, qui est de confession juive, devant les jurés. Cette sociologue âgée de 75 ans, a d'ailleurs depuis entrepris d'écrire un livre où elle relate le destin de son fils et celui du kamikaze qui a détourné l'avion projeté contre la tour du World Trade Center où il se trouvait, avant qu'ils se croisent dans la mort. "La peine de mort, c'est ajouter plus de violence à la violence. C'est un désir de vengeance, mais que peut-on accomplir avec cela", avait-elle déclaré dimanche à l'AFP, acceptant de répondre à des questions à condition que ses déclarations ne soient pas diffusées avant son audition au procès. Le livre, qui est encore en cours de rédaction, a pour l'instant pour titre "11-Septembre, au-delà de la vengeance".

"Il faut avancer, et accomplir des choses positives", avait-elle déclaré dimanche. C'est ce même message qu'a voulu faire passer, toujours sans s'exprimer sur la peine de mort directement, Robin Theurkauf, veuve de Tom, tué dans l'effondrement de la tour sud du World Trade Center, mère de trois enfants à l'époque âgés de 9, 11 et 12 ans. "Mes enfants avaient le coeur brisé", a expliqué cette jolie femme à la chevelure blonde ondulée et aux traits fins. "L'espèce humaine a des défauts, elle est déchirée (...) mais nous sommes tous des enfants de Dieu et aimés par Dieu", après avoir souligné que la violence avait cours depuis toujours. L'accusation avait exposé pendant quatre jours des images de cadavres, de tours en feu, de corps carbonisés et fait venir plus de trente proches de victimes, de même que des blessés, pour exposer l'énorme souffrance entraînée par les attaques. La défense, dans le cadre de sa présentation des "circonstances atténuantes" fait ainsi passer un autre message, d'espoir et de main tendue, alors que le procès touche à sa fin. Dans les annales de la
justice pénale américaine de tels témoignages de victimes pour des accusés sont sans doute très rares.

Auparavant, les avocats de Zacarias Moussaoui avaient appelé à la barre un psychologue et un psychiatre, qui ont assuré qu'il était atteint d'une schizophrénie, autre circonstance atténuante. Ils ont également exposé mercredi matin son glissement dans un islam extrémiste à Londres, au début des années 1990. Il manquait d'affection, de repères et a erré à Londres sans le sou, a expliqué le psychologue spécialiste des phénomènes sectaires Paul Martin. Ce Français d'origine Marocaine avait eu une enfance marquée par des problèmes familiaux et, comme d'autres Français issus de l'immigration et acculturés, il représentait une proie facile pour Al-Qaïda, selon l'expert. L'audience devait se poursuivre jusqu'en début de soirée et reprendre jeudi

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