Zacarias Moussaoui ne veut plus être exécuté (Reuters)

Publié le par Deborah Charles

ALEXANDRIA, Virginie - Zacarias Moussaoui, jugé pour son rôle présumé dans les attentats du 11-Septembre, a déclaré qu'il refusait désormais la peine de mort parce qu'elle n'était pas conforme aux enseignements de l'islam, tout en disant douter que sa déposition influence le jury.
Le Français, qui a plaidé coupable de six chefs d'accusation en rapport avec les attentats de 2001, avait pourtant affirmé à plusieurs reprises qu'il acceptait la peine capitale.
Son avocat Gérald Zerkin lui a d'ailleurs présenté une communication au tribunal dans laquelle il affirmait: "Le plus grand djihad (guerre sainte) dans l'islam est de dire la vérité en face du tyran et d'être exécuté pour cela."
Mais Zacarias Moussaoui a dit vouloir supprimer la dernière partie de sa déclaration parce qu'il estimait, après avoir consulté des ouvrages islamiques, qu'elle allait à l'encontre de ses croyances religieuses.
Déposant pour la deuxième fois dans le cadre du procès qui décidera de sa condamnation à la prison à vie ou à la peine de mort, il a affirmé avoir été mal représenté par ses avocats commis d'office, estimant que ceux-ci auraient dû démontrer que la prison était, dans son cas, une meilleure sanction parce que son exécution le transformerait en martyr.
Moussaoui, 37 ans, refuse de coopérer avec ces avocats et l'un d'eux lui a demandé s'il soupçonnait ses défenseurs de faire partie d'un complot visant à le faire exécuter.
Il a répondu que l'on s'était rendu coupable de non-assistance à son égard. L'un de ses principaux griefs porte sur le fait que l'on n'a pas confié sa défense à un avocat musulman.
MONNAIE D'ECHANGE
Le mois dernier, Moussaoui a affirmé devant le tribunal d'Alexandria qu'il aurait dû se trouver le 11 septembre 2001, dans le cadre du plan d'attaque d'Al Qaïda, à bord d'un cinquième avion destiné à s'écraser sur la Maison blanche.
Sa déposition durant la première phase du procès contredisait des déclarations antérieures par lesquelles il affirmait ne pas avoir été lié aux attentats du 11-Septembre mais était censé faire partie d'une deuxième vague d'attaques.
Nombre d'observateurs ont estimé que sa déposition abondait dans le sens de l'accusation, qui l'estime impliqué dans la mort d'environ 3.000 personnes.
Moussaoui a déclaré jeudi que ses déclarations précédentes avaient changé peu de chose et que, même sans sa déposition de mars, on l'aurait considéré passible de la peine capitale.
"J'ai réfléchi aux (...) conséquences de ma déclaration sur ma participation aux attentats du 11 septembre. J'ai simplement décidé de m'en remettre à Dieu et de dire la vérité, l'avenir dira si j'ai eu raison", a-t-il expliqué.
Il a aussi déclaré qu'il allait tenter de persuader le jury qu'en le laissant en vie il pourrait sauver des Américains, affirmant qu'il pourrait servir de monnaie d'échange.
Ses avocats, qui étaient opposés à ce qu'il revienne à la barre des témoins, tentent de persuader le jury de ne pas le condamner à mort en faisant valoir que sa personnalité est celle d'un individu mentalement fragile et nourrissant des illusions sur son rôle dans le réseau Al Qaïda.

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