Moussaoui attaque ses avocats lors de son procès (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - Zacarias Moussaoui a attaqué ses avocats en témoignant jeudi pour la seconde fois devant les jurés chargés de décider s'il doit être condamné à mort pour la complicité qu'il revendique avec les auteurs des attentats du 11-Septembre.

Il a accusé ses avocats de "non assistance criminelle", leur reprochant notamment de ne pas lui avoir fourni un avocat musulman. "Je voulais quelqu'un en qui je puisse avoir confiance", a-t-il dit.

A la question posée par un de ses avocats, Gerald Zerkin, "Pensez vous que vos avocats complotent pour que vous soyez exécuté", Moussaoui a répondu: "je pense qu'au cours des quatre dernières années vous avez fait ce que j'appelerais de la 'non assistance criminelle' ".

Moussaoui a également reproché à sa défense de ne pas avoir réussi à faire changer le lieu du procès. Le procès se déroule à Alexandria en Virginie à quelques km du Pentagone où un des avions des attentats du 11 septembre s'était écrasé.

Moussaoui, seul inculpé dans les attentats du 11 septembre, a pris la parole après quatre journées d'audience éprouvantes pendant lesquelles l'accusation a exposé à quel point l'horreur des attentats justifiait selon elle que le Français soit condamné à l'injection mortelle. Moussaoui a indiqué au début de son intervention avoir donné à ses avocats une liste de questions auxquelles il était prêt à répondre.

La défense a la lourde tâche de lui trouver des circonstances atténuantes qui pourraient lui épargner ce sort. Lors de sa première prise de parole le 27 mars, Moussaoui avait sabordé le travail de ses avocats en revendiquant pour la première fois un rôle dans les attentats et en affichant son mépris pour les victimes.

Peu avant l'intervention de Moussaoui, James Evans Aiken, consultant en matière de sécurité pénitentiaire et témoin de la défense a assuré que le Français serait maintenu à l'isolement absolu et "pourrirait" en prison s'il n'était pas exécuté. "Nous ne nous apprêtons pas à le rendre à la société ou même à le réintégrer dans la population carcérale générale", a-t-il dit. Le Français qui a plaidé coupable de complicité avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001 est de ce fait passible, au minimum, de la réclusion à perpétuité, sans libération possible. "Son état se détériorera, spécialement dans un environnement de haute sécurité comme celui-ci. J'ai été dans ce système pendant de nombreuses années, et j'ai vu (les prisonniers) pourrir", a ajouté M. Aiken. M. Aiken, était appelé par la défense pour expliquer aux jurés que s'ils décidaient de condamner le Français à la prison à vie et non à la peine de mort, il poserait un risque minimum à la société, compte-tenu de ses conditions d'incarcération. En tant que terroriste international, Zacarias Moussaoui est soumis au régime carcéral le plus strict existant aux Etats-Unis. La défense devrait aussi faire témoigner au moins trois médecins et présenter les conclusions de deux autres spécialistes sur sa schizophrénie et son endoctrinement. Les avocats devraient aussi évoquer en détail l'enfance troublée du Français, issu d'une famille en crise et qui a grandi pendant quelques temps dans des orphelinats.

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