Procès Moussaoui: récits de souffrance en direct (AFP)

Publié le

ALEXANDRIA (AFP) - Les récits de souffrance se succédaient lundi au procès de Zacarias Moussaoui avec notamment le témoignage d'un père qui a vécu en direct la mort de son fils dans les attentats du 11-Septembre, avant que le Français ne dénonce "un cirque macabre hollywoodien".

Zacarias Moussaoui, jugé depuis le 6 février pour sa complicité avec les auteurs des attentats a écouté ces témoignages le regard perdu et a pris des notes, de temps à autre. Mais après que la juge et les jurés eurent quitté la chambre 700 du tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est) pour une suspension d'audience, il a lancé "cirque macabre hollywoodien!", face à un public blasé par ses invectives quotidiennes. Auparavant, huit témoins appelés par l'accusation avaient livré un concentré de leur peines, chacun en moins d'une demi-heure. Lee Hanson, 73 ans, a attendu avec émotion, assis avec son épouse au troisième rang des bancs réservés au public. C'est avec pudeur que cet homme en costume et cravate a raconté la perte de son fils Peter, de sa belle-fille Sue et de leur fillette de deux ans et demi Christine. Le 11-Septembre, Lee Hanson a reçu deux appels de son fils de 32 ans, à bord du vol 175 de United Airlines qui a frappé la deuxième tour du World Trade Center. A 8h52, "il a appelé et m'a dit que son avion avait été détourné, que quelqu'un avait été poignardé". Puis, à 9h00, le père a reçu un dernier appel. "Ca tourne mal papa. Une hôtesse a été poignardée... ça tourne très mal dans l'avion... les passagers vomissent... Je pense qu'ils vont l'écraser contre un immeuble... Ne t'inquiète pas, cela sera très rapide". "Il a ensuite dit très doucement +oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu+", a raconté le père à l'audience. Lee Hanson et son épouse étaient dans leur cuisine, un poste de télévision allumé. "J'ai regardé la télé et le deuxième avion a frappé la tour", a-t-il expliqué. C'était bien le Boeing 767 de United Airlines, projeté contre la tour sud à 9h03. L'accusation a aussi appelé à témoigner un homme dont la survie n'a tenu qu'à quelques minutes. Harry Waizer travaillait chez Cantor Fitzgerald, entreprise de services financiers qui louait cinq étages dans la tour nord du World Trade Center et a perdu 658 de ses 900 employés new-Yorkais ce jour-là. Il était dans l'ascenseur lorsque, à 8h46, le vol 11 d'American Airlines s'est écrasé contre la tour nord. M. Waizer a senti l'explosion, puis lutté contre les flammes qui envahissaient l'ascenseur. Il a été brûlé au visage, aux jambes, aux bras. Les vapeurs de kérosène se sont glissées dans ses poumons et ses cordes vocales, endommagés à vie. Il porte sur sa peau tirée et rougie les traces du drame et se sent coupable d'avoir survécu.

Puis l'accusation a diffusé l'enregistrement d'un appel au secours, depuis le 83e étage d'une des tours. Une voix féminine paniquée dit: "Il fait très très chaud. Il fait très très chaud. On ne peut pas respirer... Je vais mourir. Je vais mourir. Je vais mourir". Ronald Hans Clifford a ensuite raconté son drame. Ce matin-là, l'Irlandais a porté secours à une grande brûlée, dans la tour nord. Il a prié avec elle. Il a senti l'immeuble trembler lorsque le deuxième avion a frappé la tour sud. Il est rentré chez lui sans savoir qu'au-dessus de lui, sa soeur Ruth, à bord du vol 175, était morte. Ces récits se poursuivront jusqu'à mercredi et constituent les circonstances aggravantes qui justifient, selon l'accusation, une condamnation à mort de Zacarias Moussaoui. La présentation des circonstances atténuantes qui doivent, selon sa défense, lui épargner cette peine commencera jeudi. Le verdict ne devrait pas intervenir avant la fin du mois.

Publié dans Dépêches

Commenter cet article

N. Ledoyen 14/04/2006 00:12

Sauver Moussaoui? Tuons les innocents et maintenons les terroristes en vie, très logique. Après on s'étonne que les choses aillent si bien en France actuellement. La présence de cet animal sur le sol américain est une honte, un affront pour les quatre millions d'Américains d'origine arabe au comportement irréprochable, une perte de temps et d'argent. Que la France le reprenne, une France qui se sert bien suffisamment des impots de ses citoyens pour génereusement entretenir les cellules terroristes. Le seul problème qui se pose avec l'existence de la peine de mort aux Etats-Unis, c'est que la justice y a bien trop peu souvent recours.