Moussaoui pourrait être exécuté. Satisfaction à la Maison-Blanche, opposition de principe de la France (Libre Belgique+AFP)

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La Maison-Blanche s'est félicitée mardi de la décision du jury au procès de Zacarias Moussaoui ouvrant la possibilité d'une condamnation à mort pour le Français, tandis que Paris manifestait son opposition de principe à la peine de mort. Les procureurs vont «continuer leurs efforts au nom des victimes du 11 septembre», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan. «Nous sommes opposés à la peine de mort en tout lieu et en toutes circonstances», a répliqué le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi.
Un peu plus tôt à Strasbourg, le Conseil de l'Europe avait en revanche évoqué ouvertement sa déception: «Vous n'honorez pas la mémoire des victimes en répandant encore plus de sang», a dit dans un communiqué le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis. «Un procès qui offre une tribune aux divagations d'un extrémiste halluciné et lui donne l'occasion de devenir un martyr aux yeux de ses partisans fanatiques constitue une occasion manquée et se trompe de cible», a-t-il ajouté.
Zacarias Moussaoui, né en 1968 à Saint-Jean-de-Luz (sud-ouest de la France) comparaît depuis le 6 février devant le tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie) pour complicité avec les auteurs des attentats.
A l'issue d'une deuxième phase de son procès qui s'ouvre ce jeudi, cet «esclave» autoproclamé d'Allah interpellé alors qu'il prenait des cours de pilotage mais dont le véritable rôle n'a jamais été établi, peut être condamné à la prison à vie ou à l'injection mortelle.
Les jurés américains ont décidé lundi, comme l'accusation le leur demandait, qu'il est passible de la peine de mort, car ses «mensonges» lors de son arrestation le 16 août 2001 n'ont pas permis d'empêcher les attentats. Moussaoui, qui revendique sa responsabilité, est le seul accusé en lien avec le 11 septembre à comparaître devant la justice américaine. Le cerveau présumé Khalid Cheikh Mohammed et un autre organisateur supposé, Ramzi ben Al-Shaiba, sont détenus au secret par les Etats-Unis, mais l'administration n'a pas évoqué la possibilité d'un procès.
L'affaire s'annonce désormais difficile pour les avocats de Moussaoui. Une quarantaine de proches des quelque 3 000 victimes du 11 septembre vont raconter aux jurés leur souffrance. Les procureurs vont pour leur part exposer toute l'horreur des attentats: photos inédites, appels au secours. L'accusation pourra aussi exploiter la froideur de Moussaoui, surtout s'il prend la parole et réitère son absence de regrets pour les victimes, comme il l'a fait le 27 mars.
Pour le contrer, les avocats de la défense pourraient appeler à la barre des témoins qui s'exprimeront sur sa santé mentale. Ils ont aussi l'intention de présenter des témoignages sur l'enfance troublée du Français, avec des témoins français, par le biais d'enregistrement vidéos ou en direct.

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