Moussaoui est passible de la peine de mort (AP)

Publié le par Matthew Barakat

ALEXANDRIA, Virginie (AP) -- Les jurés du tribunal d'Alexandria ont estimé lundi que le Français Zacarias Moussaoui, unique inculpé aux Etats-Unis dans l'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, est passible de la peine de mort pour son rôle dans ces attaques terroristes.

Les 12 jurés -neuf hommes et trois femmes- ont jugé que les mensonges de Moussaoui aux agents du FBI avaient conduit directement au décès d'au moins une personne lors du 11-Septembre, a rapporté un porte-parole du tribunal.

Désormais, une deuxième phase du procès va s'ouvrir afin de déterminer si Zacarias Moussaoui doit effectivement être exécuté ou non. Cette nouvelle phase, qui pourrait durer plusieurs semaines, devrait se concentrer sur les témoignages des familles des victimes.

"Par ce verdict, le jury a estimé que la mort est une peine possible dans ce procès", a rapporté Ed Adams, porte-parole du tribunal d'Alexandria (Virginie), ville située dans la grande banlieue de la capitale fédérale Washington.

Au moment de la lecture du verdict, Moussaoui, 37 ans, a refusé de se lever. Il est resté assis sur sa chaise, en priant en silence. Une fois la lecture du verdict achevée, il a lancé: "Vous n'aurez jamais mon sang, Dieu vous maudit tous".

En dehors de la salle d'audience, Hamilton Peterson, dont le père Donald et la belle-mère Jean ont péri dans l'avion qui s'est écrasé en Pennsylvanie le 11 septembre 2001, a exprimé son soulagement à l'énoncé du verdict.

"Je suis reconnaissant au jury d'avoir rendu cette décision et je me sens confiant, à la lumière du propre témoignage de Moussaoui, sur le fait qu'il s'agit de la bonne décision et j'attends avec impatience la prochaine phase du procès et la décision finale de l'exécution", a déclaré Hamilton Peterson.
L'audience consacrée au verdict n'a duré que neuf minutes. La jurée qui présidait le jury a remis le texte du verdict à la juge Leonie Brinkema, qui l'a ensuite lu devant le tribunal. Le greffier a demandé à l'accusé de se lever avant l'énoncé, mais Moussaoui est resté assis. Son avocat, en revanche, s'est levé.

La présidente du jury a précisé que le jury était parvenu à une décision unanime sur les quatre aspects de chacun des trois chefs d'accusation retenus contre Moussaoui, à savoir complot en vue de commettre un acte de terrorisme international, de détruire un avion et d'utiliser des armes de destruction massive.

Pour chacun de ces trois chefs d'accusation, les jurés ont estimé que l'accusé était majeur au moment des faits, qu'il avait délibérément menti aux agents fédéraux lors de son interrogatoire en août 2001 et qu'il l'avait fait "en envisageant la mort d'une personne ou avec l'intention qu'une force meurtrière serait utilisée". Puis, ils ont établi que les mensonges de Moussaoui aux agents du FBI avaient directement provoqué la mort d'au moins une personne le 11 septembre 2001.

La juge a demandé aux jurés si leurs réponses aux questions qui leur étaient posées avaient toutes été unanimes. Tous les jurés ont fait signe que "oui" de la tête.
Si le jury avait considéré que l'accusé n'avait pas provoqué directement la mort d'au moins une personne lors des attentats du 11-Septembre, Moussaoui aurait échappé à la peine de mort et aurait été automatiquement condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Le jury avait commencé à délibérer sur le sort de Moussaoui mercredi dernier. Lors de leurs délibérations, les jurés n'avaient posé qu'une seule question technique: ils cherchaient à connaître la définition d'une "arme de destruction massive". L'un des trois chefs d'accusation qui pourraient valoir la peine de mort à Moussaoui est précisément "complot en vue d'utiliser des armes de destruction massive".

A leur question, les jurés avaient obtenu comme réponse qu'un avion, lorsqu'il est utilisé comme un missile -tactique employée pour les attentats du 11 septembre 2001-, remplit la définition d'une arme de destruction massive.

Zacarias Moussaoui a plaidé coupable en avril 2005 de six chefs d'accusation. Il a reconnu qu'il s'était rendu aux Etats-Unis pour participer à des attentats d'Al-Qaïda contre des bâtiments importants.
Arrêté en août 2001 à Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis, il était incarcéré au moment des attentats. Lors du procès, les procureurs ont fait valoir que les agents fédéraux auraient pu déjouer les attentats du 11-Septembre, ou au moins en limiter les conséquences, si Moussaoui avait révélé son appartenance à Al-Qaïda et ses projets terroristes lors de son arrestation et de son interrogatoire en août 2001, un mois avant les attaques. AP

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