Le procès surréaliste de Zacarias Moussaoui entre les mains des jurés (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - Les jurés au procès de Zacarias Moussaoui reprendront lundi leur délibération pour décider s'il est passible de la peine de mort après des audiences surréalistes où un témoin de l'accusation a aidé la défense, tandis que le prévenu témoignait pour ses accusateurs.

Tout dans ce procès, dont les débats au fond ont commencé le 6 mars au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est), non loin de Washington, est hors norme: la construction intellectuelle de départ, avec un accusé qui risque la peine de mort pour avoir "menti" et protégé ainsi ses "frères d'Al-Qaïda", qui ont perpétré les attentats du 11-Septembre.

 
Et surtout, Moussaoui. Le Français a offert dès le 8 mars une tranche d'absurde aux jurés, lorsqu'ils ont assisté à la diffusion vidéo de l'interrogatoire d'un témoin à charge qu'il a mené en 2002, alors qu'il assurait sa propre défense.

Faiz Abou Bakar Bafana, membre de l'organisation affiliée à Al Qaida Jemaah Islamiyah (JI) l'avait mis en cause, affirmant qu'un certain "John" ressemblant comme deux gouttes d'eau à Moussaoui lui avait dit qu'il "rêvait de lancer un avion contre la Maison Blanche". "Comment identifiez-vous ce John?", l'a interrogé Moussaoui. "Il est exactement comme vous", a répondu le détenu de Singapour. A l'écran, Moussaoui, mauvais avocat, poursuit: "Vous vous référez à moi ?". "Oui". "Etes-vous sûr?" (...) "C'est vous !".

Puis, presque quatre ans plus tard, lundi, l'accusé a offert cette fois volontairement un blanc-seing à l'accusation pour convaincre les jurés de le considérer passible de la peine de mort. Il a affirmé sans ciller qu'il devait piloter lui-même un avion et le projeter contre la Maison Blanche le 11-Septembre, ce qu'il avait toujours nié auparavant, affirmant qu'il devait participer à une opération ultérieure. Il a dit qu'il savait à l'époque que les attentats, dont il s'était réjoui, viseraient les tours jumelles. Ce sont ensuite les procureurs qui ont alimenté l'absurde: après avoir avoir sans relâche argumenté que le Français reconnu coupable de complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre devait mourir pour ses "mensonges meurtriers", ils ont imploré les jurés de le croire lorsqu'il a affirmé qu'il devait participer aux attentats. Dans un éditorial publié vendredi, le Washington Post évoque l'étrange consensus entre les procureurs et l'accusé et la tâche "peu enviable (des jurés) de trier dans cette affaire ce qui relève de la confession réelle et des fanfaronnades chimériques". Les neuf hommes et trois femmes du jury, qui reprendront lundi leur délibération, doivent aussi examiner le témoignage de l'agent Harry Samit du FBI (police fédérale), un des témoins phare de l'accusation devenu précieux pour la défense. L'agent, un petit homme trapu au regard vif, était venu raconter les "mensonges" de Moussaoui pour aider les procureurs à prouver que si ce dernier n'avait pas nié être un terroriste lors de son arrestation le 16 août 2001 pour un visa périmé, les attentats auraient pu être en au moins en partie évités. Les avocats de la défense n'ont pourtant fait qu'une bouchée du policier, qui ne souhaitait pas coopérer avec eux, mais n'a pu qu'admettre qu'il avait à 70 reprises qualifié Zacarias Moussaoui de terroriste en puissance planifiant peut-être de détourner un avion, dans des rapports à sa hiérarchie qui ont été ignorés. La défense cherche à prouver que les attentats n'auraient pu être évités, même si Moussaoui avait parlé, car la lutte antiterroriste américaine était pendant l'été 2001 structurellement inefficace.

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julien marcus 05/04/2006 08:05

de JM à VKB, dommage pour toi, j'en suis une, issue de plusieurs générations de français, ayant payé la contribution du sang au pays, payé des impôts depuis plusieurs générations pour avoir un pays moderne, tolérant, et social : RMI, CMU, etc....
parti dans la vie active avec un petit CAP d'employé et arrivé comme directeur à la DG d'un grand groupe, prof vacataire à l'université...dans le monde associatif de tout temps...! eh oui par le boulot, les cours du soir, la dignité et l'honneur, sans casier judiciaire, sans casse, sans intégrisme, une vie normale quoi !
peux tu en dire autant, sans être revanchard ! le monde changera que si on commence à changer, il est encore temps pour toi...si tu peux !

YKB 06/04/2006 00:49

tu parles à qui je ne comprends pas.Je voyais simplement pas le rapport avec le fait que l'on ait donné la nationalité française à sa mère.

julien marcus 04/04/2006 16:45

c'est le remerciement d'avoir donné la nationalité Française à sa mére,donc à lui.... d'avoir fait un fonctionnaire protégé de sa mère et de lui avoir permis de faire des études !
Bravo c'était une chance pour la FRANCE

YKB 04/04/2006 23:29

Alors sois rassuré, la France ne le traite absolument pas comme un ressortissant Français à part entière. Et au regard de ce que tu dis, je ne pense pas que tu sois non plus une chance pour la France !