Les avocats défendent Zacarias Moussaoui malgré lui (le Monde+AFP)

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Devant le tribunal fédéral d'Alexandria, les avocats, récusés par Zacarias Moussaoui, ont cherché, mardi 28 mars, à le présenter comme un être "dérangé" n'inspirant pas la confiance des chefs du terrorisme islamiste. Leur tâche était particulièrement ardue. En effet, lundi, le Français avait renforcé l'argumentaire des procureurs en reconnaissant avoir menti afin de permettre le bon déroulement des attentats. Il avait aussi indiqué avoir reçu l'ordre d'Oussama Ben Laden de percuter la Maison Blanche avec un avion le 11 septembre 2001.

Depuis le début de son procès en février, le détenu est apparu alternativement comme un être froid et intelligent ou comme un apprenti terroriste, vaniteux et peu professionnel. Ses avocats ont cherché à accréditer cette deuxième thèse en présentant des interrogatoires du présumé terroriste islamiste asiatique Hambali. L'Indonésien avait rencontré Zacarias Moussaoui en Malaisie en 2000, et l'a décrit comme un être "dérangé", "pas bien dans sa tête" et au "mauvais caractère". Plus tard, Hambali avait rapporté le comportement de Moussaoui à Khalid Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, qui lui avait confirmé que "quelque chose n'allait pas" chez le Français.

Le témoignage de Khalid Cheikh Mohammed présenté lundi après-midi allait aussi dans le sens des déclarations d'Hambali. Cheikh Mohammed a indiqué que Moussaoui ne devait pas participer aux attentats du 11-Septembre, mais plutôt à une seconde vague d'attaques, pour laquelle il n'en était qu'au stade de la préparation.
RÉVÉLATION DE L'ACCUSATION
Mais l'accusation a porté un coup à la défense en révélant mardi que Moussaoui avait dès le mois de février l'intention de s'accuser de participation à l'équipe des kamikazes du 11-Septembre, comme il l'a fait lundi. L'annonce est intervenue alors que le jury doit commencer à délibérer mercredi pour décider si le Français est passible de la peine de mort, après les réquisitions des procureurs et les plaidoiries de la défense.
En fin d'audience au tribunal fédéral d'Alexandria, l'accusation a appelé un dernier témoin. Le procureur Robert Spencer a demandé à James Fitzgerald, agent du FBI qui a enquêté sur les attentats, de raconter aux jurés un entretien avec l'accusé le 2 février 2006 à la prison d'Alexandria, où il est écroué.
Zacarias Moussaoui a demandé cet entretien avec l'accusation car "il souhaitait coopérer avec le gouvernement américain à condition de témoigner contre lui-même lors de son procès", a-t-il révélé. "Et qu'a-t-il dit sur son rôle dans les attentats du 11-Septembre ?", a alors demandé M. Spencer au policier. "Il a dit qu'il était le pilote du cinquième avion."
L'entretien resté sans suite montre que, dès février, le Français était déterminé à raconter qu'il aurait dû faire partie de l'équipe de kamikazes du 11-Septembre, ce qu'il avait jusque-là toujours nié.
Avec AFP

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