Procès du 11 septembre: nouveau coup porté à la défense de Moussaoui (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - L'accusation au procès de Zacarias Moussaoui a révélé mardi qu'il avait dès le mois de février l'intention de s'accuser de participation à l'équipe des kamikazes du 11 septembre comme il l'a fait lundi, portant un nouveau coup à sa défense.

L'annonce est intervenue alors que le jury doit commencer à délibérer mercredi pour décider si le Français est passible ou non de la peine de mort, après les réquisitions des procureurs et les plaidoiries de la défense.

En fin d'audience au tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est), l'accusation a appelé un dernier témoin, comme elle y est autorisée lorsque la défense a terminé la présentation de son argumentaire.

Le procureur Robert Spencer a demandé à James Fitzgerald, agent du FBI (police fédérale) qui a enquêté sur les attentats, de raconter aux jurés un entretien avec l'accusé, le 2 février 2006 à la prison d'Alexandria où il est écroué.

Zacarias Moussaoui a demandé cet entretien avec l'accusation car "il souhaitait coopérer avec le gouvernement américain à condition de témoigner contre lui-même lors de son procès", a-t-il révélé.

"Et qu'a-t-il dit sur son rôle dans les attentats du 11-Septembre?", a alors demandé M. Spencer au policier. "Il a dit qu'il était le pilote du cinquième avion".

Il a dit qu'il était "différent de mourir au combat... à mourir dans une prison, dans des toilettes", selon le policier. Cette déclaration sibylline semble indiquer que pour Moussaoui, une exécution serait plus honorable qu'une mort en prison après une condamnation à la réclusion à perpétuité.

L'entretien resté sans suite montre que dès février, le Français était déterminé à raconter qu'il aurait dû faire partie de l'équipe de kamikazes du 11 septembre, ce qu'il avait jusque-là toujours nié.

Mettant sa défense en pièces, Moussaoui, arrêté le 16 août 2001 pour un visa périmé, a affirmé lundi qu'il aurait dû participer aux attentats en "projetant un avion contre la Maison Blanche".

Il a dit qu'il savait que le World Trade Center serait visé, ce qui renforce la théorie de l'accusation selon laquelle il aurait pu prévenir une partie des attentats s'il n'avait pas menti, et doit donc être traité comme un "tueur".

Avant de clore leur argumentaire, les avocats de Zacarias Moussaoui avaient tenté péniblement mardi de remonter la pente après le revers infligé par leur client.

Ils ont notamment présenté le témoignage du présumé terroriste islamiste Hambali, décrivant Moussaoui comme un homme vaniteux auquel de hauts responsables d'Al-Qaïda ne pouvaient faire confiance.

Ensuite la défense a diffusé des extraits d'auditions devant la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre, notamment de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice - à l'époque conseillère présidentielle pour la sécurité nationale - ou encore de George Tenet, ancien patron de la CIA, pour montrer aux jurés les errements de la politique anti-terroriste américaine, incapable de prévenir les attentats, avec ou sans Moussaoui.

Les avocats ont tenté une dernière fois de contester la réalité des affirmations de Moussaoui, en lisant des minutes d'une audience en avril 2005 devant la juge en charge de l'affaire, Leonie Brinkema, à qui il avait affirmé ne pas faire partie "du complot" du 11 septembre.

Cette dernière a noté, alors que les jurés avaient quitté la salle, que le témoignage de Moussaoui lundi "avait changé de manière drastique l'affaire", après avoir refusé une dernière requête en nullité de la défense.

L'audience consacrée aux réquisitions de l'accusation et aux plaidoiries de la défense démarre mercredi à 13H00 (19H00 GMT).

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