Nouveau rebondissement au procès Moussaoui (LCI)

Publié le

Après avoir récusé des témoins qu'elle estimait influencés, la juge a fait vendredi une concession de taille à l'accusation. Elle a en effet autorisé la présentation de nouveaux témoins à charge contre le Français, dont le procès reprendra lundi.

Même sans audience, le procès Moussaoui connaît de multiples rebondissements. Lundi, la juge Leonie Brinkema suspendait les débats après avoir appris que des témoins, employés de l'Administration fédérale de l'aviation (FAA), avaient été contactés et "préparés" par l'accusation. Mardi, elle récusait ces témoins et ajournait le procès jusqu'à lundi.

De son côté, l'accusation estimait que dans ces conditions le procès pourrait difficilement se poursuivre et demandait à la juge de reconsidérer sa décision. Sa réponse est tombée vendredi soir : Leonie Brinkema a finalement accédé à la requête du procureur représentant le gouvernement américain en acceptant qu'il présente un ou plusieurs nouveaux témoins dans ce volet de l'affaire touchant à l'aviation.

"Modeste"

La démonstration du procureur pour obtenir la condamnation à mort de Zacarias Moussaoui porte en effet sur deux arguments. Tout d'abord, si Moussaoui n'avait pas nié être un terroriste lors de son arrestation et s'il avait livré toutes ses informations sur les attentats à venir, la police fédérale FBI aurait pu identifier au moins 11 des 19 pirates de l'air. Ensuite, des mesures de sécurité auraient pu être prises dans les avions et les aéroports pour empêcher les attentats, au moins en partie. Or l'exclusion des témoins de la FAA annulait ce deuxième argumentaire.

Dans leur requête, les procureurs ont demandé à la juge d'exposer cette théorie de manière "modeste", en présentant un nouveau témoin. Ce dernier s'exprimera uniquement en tant qu'expert sur les listes de passagers interdits de vol où auraient pu figurer "certains" des kamikazes. Selon eux, une telle solution "permettrait au public d'avoir connaissance (...) d'une version imparfaite de la théorie du gouvernement".

L'agent du FBI entendu lundi

Les avocats de la défense, qui sortent renforcés de cette crise même si leur client risque de nouveau la peine de mort, n'ont pas manifesté leur opposition à cette solution. Lundi, à la reprise du procès, ils doivent interroger un témoin-clef, l'agent du FBI Harry Samit, qui avait interpellé Moussaoui et tenté d'alerter sans succès sa hiérarchie sur sa dangerosité.

 

Publié dans Articles de presse

Commenter cet article