Concession de la juge pour la poursuite du procès de Moussaoui (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - La juge chargée du procès du Français Zacarias Moussaoui aux Etats-Unis a fait vendredi une concession permettant sa poursuite, en acceptant que l'accusation présente un ou plusieurs nouveaux témoins dans le volet de l'affaire touchant à l'aviation.

La solution "proposée par le gouvernement de l'autoriser à appeler des témoins non susceptibles d'avoir été influencés (...) est acceptée", a déclaré la juge Leonie Brinkema du tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie, est) dans un arrêt rendu dans l'après-midi.

Cette décision intervient après quatre jours de suspension du procès destiné à déterminer si Moussaoui, 37 ans, arrêté le 16 août 2001 aux Etats-Unis, doit être condamné à mort ou à la prison à vie pour sa complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre.

L'arrêt vise à mettre fin à la crise provoquée par la révélation de contacts entre une avocate du gouvernement et des témoins qui devaient être entendus au cours du procès, le premier aux Etats-Unis en lien avec les attentats de 2001.
L'avocate Carla Martin, de l'Administration chargée de la sécurité dans les transports (TSA), a cherché à influencer plusieurs de ces témoins, employés ou anciens employés de l'Administration fédérale de l'aviation (FAA). La juge Brinkema avait en conséquence décidé d'exclure ces témoins de la procédure. "Sans une solution, franchement, je pense que continuer n'a pas de sens pour nous", avait réagi alors le procureur Robert Spencer.

Le lendemain, l'accusation qu'il dirige avait demandé à la juge de reconsidérer sa décision. La démonstration des procureurs pour obtenir la condamnation à mort du Français porte sur deux arguments. Tout d'abord, si Moussaoui n'avait pas nié être un terroriste lors de son arrestation et s'il avait livré toutes ses informations sur les attentats à venir, la police fédérale (FBI) aurait pu identifier au moins 11 des 19 pirates de l'air. Ensuite, des mesures de sécurité auraient pu être prises dans les avions et les aéroports pour tenter d'empêcher les attentats. L'exclusion des témoins de la FAA annulait ce deuxième argumentaire.

Dans leur requête, les procureurs ont demandé à la juge d'exposer cette théorie de manière "modeste", en présentant un témoin qui n'a pas été en contact avec Carla Martin. Ce témoin, indiquaient-ils mercredi, s'exprimera uniquement en tant qu'expert sur les listes de passagers interdits de vol où auraient pu figurer "certains" des kamikazes. Selon eux, une telle solution "permettrait au public d'avoir connaissance (...) d'une version imparfaite de la théorie du gouvernement". La juge les autorise à présenter les nouveaux témoins qu'ils veulent à condition d'en informer la défense trois jours auparavant.

Les avocats de Zacarias Moussaoui n'étaient pas joignables vendredi. Jeudi, ils avaient déjà fait part de leur opposition à une telle solution. Sauf appel de leur part, le procès devrait reprendre lundi matin, là où les débats devant les jurés s'étaient arrêtés le 9 mars. La défense, qui sort renforcée de la crise, doit interroger un témoin-clef, l'agent du FBI Harry Samit, qui avait interpellé Moussaoui et tenté d'alerter sans succès sa hiérarchie sur sa dangerosité.

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