Procès Moussaoui: un témoin du FBI explique Al-Qaïda aux jurés (AP)

Publié le

ALEXANDRIA, Virginie (AP) -- La ligne d'attaque des procureurs se dessine au procès Moussaoui. Ayant choisi de le confondre pour mensonge, ils ont donc cherché mardi à mettre à mal la ligne de défense du Français d'origine marocaine, qui affirme qu'il ne savait rien des projets d'attentat du 11 septembre 2001.


A la barre pour la deuxième journée, l'agent du FBI Michael Anticev a offert un témoignage en forme de cours magistral sur Al-Qaïda: les mensonges de couverture pratiqués par ses membres, et les techniques que l'organisation enseigne aux siens pour tromper les interrogateurs s'ils sont pris. En lisant pour l'exemple des extraits du manuel d'Al-Qaïda sur le sujet.
Anticev est également remonté aux origines historiques du mouvement fondé par Oussama ben Laden, la "guerre sainte" contre les Soviétiques en Afghanistan, évoquant au passage des noms qui reviendront sans doute pendant les semaines du procès Moussaoui, comme celui de Khaled Cheikh Mohammed, considéré comme l'organisateur du 11-Septembre.

De leur côté, les avocats commis d'office de Zacarias Moussaoui dressent le portrait d'un gars minable qui rêvait de devenir terroriste mais fut exclu de l'opération majeure car "pas bien dans sa tête". Ils veulent également prouver que les autorités américaines en savaient beaucoup plus, et depuis des années, sur les projets d'Al-Qaïda que Moussaoui lui-même. Et ont notamment rappelé que l'arrestation de Moussaoui, en août 2001, aurait dû déclencher moult signaux d'alarme pour le FBI. Lequel aura choisi de les ignorer.
Ils ont donc "grillé" le témoin du FBI là-dessus: Michael Anticev a donc fini par reconnaître que le FBI était au courant de projet présumés d'utiliser des avions comme bombes volantes sur la Tour Eiffel et le siège de la CIA.

De son côté, Zacarias Moussaoui se montre bien plus calme que d'habitude, depuis que son procès est entré dans sa phase sérieuse, une phase qui pourrait durer de un à trois mois et déterminer de sa vie ou de sa mort. Il s'est contenté, quittant la salle lors d'une pause dans les débat, de lancer: "Que Dieu maudisse l'Amérique!" et "que Dieu bénisse Oussama ben Laden!".
Il a également souri à plusieurs reprises lors de la diffusion d'une interview de Ben Laden, et de celle d'une cassette d'entraînement d'Al-Qaïda, où l'on voit l'attentat contre l'USS Cole en 2000 dans le port d'Aden, au Yémen. Il boude sa mère, présente trois rangs derrière lui dans la salle. Cette dernière a expliqué qu'il était furieux qu'elle communique avec ces avocats qu'il refuse de reconnaître.
Pour Moussaoui, il n'y aura que deux possibilités: la prison à perpétuité ou la peine capitale. Pour la seconde, l'accusation doit d'abord prouver un lien direct entre lui et les attentats. Ce que dément l'intéressé, affirmant qu'il était en formation pour des attentats ultérieurs. AP

Publié dans Dépêches

Commenter cet article