Le procès vitrine de Zacarias Moussaoui (L'Humanité)

Publié le par Lisa Jandi

Justice . Lundi prochain, aux États-Unis, s’ouvre le procès du seul accusé des attentats du 11 septembre 2001.

« Ma douleur est sans limites. Je vais aux États-Unis pour voir mon fils. Je ne l’ai plus revu depuis juillet 2002. Je veux qu’il me voie et qu’il sache que je pense à lui. » Aïcha el-Wafi, la mère de Zacarias Moussaoui, seul inculpé pour les attentats du 11 septembre à New York, essaie de retenir ses larmes, mais elle n’y arrive pas toujours. Invitée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) à la veille du procès qui s’ouvre lundi en Virginie, c’est une femme courageuse, mais désespérée qui se présente, marquée par la douleur d’une mère dont le fils encourt, au pire, la peine de mort, au mieux, la prison à vie.

 

« Mon fils a toujours assumé ces actes et il doit être jugé pour ce qu’il a fait, mais pas pour des choses qu’il n’a pas faites. Il n’a rien à voir avec les attentats du 11 septembre, parce que, à ce moment-là, il était déjà en prison depuis quatre semaines. » Zacarias Moussaoui a reconnu faire partie d’al Qaeda et avoir participé à la préparation d’un acte terroriste qui finalement n’a jamais eu lieu. Mais il conteste son implication dans ceux du 11 septembre, au moment desquels, effectivement, il se trouvait en prison. « Malgré cela, on le présente comme faisant partie des attentats du 11 septembre, loin de toute présomption d’innocence. Il a été d’emblée présenté comme coupable, indique Patrick Baudouin, l’avocat de la mère. On a fait de lui le coupable idéal et ce procès est un procès vitrine. » Le gouvernement français, quant à lui, reste silencieux face à un ressortissant français qui risque la peine de mort. « En France, la peine de mort est abolie. Si la France est contre cette forme de châtiment barbare, qu’elle vienne s’engager pour ses ressortissants auprès de l’autorité américaine », déclare Patrick Baudouin. Seul espoir de la mère : que son fils soit rapatrié, grâce à l’intervention du gouvernement français, pour purger sa peine dans une prison française, près de sa famille. Pour l’instant, cet espoir semble loin.

Lisa Jandi

Publié dans Articles de presse

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