Moussaoui: pré-sélection rapide des jurés parfois contre l'avis des avocats (AFP)

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ALEXANDRIA (Etats Unis) (AFP) - La pré-sélection des jurés qui devront trancher sur le sort du Français Zacarias Moussaoui, seul prévenu au procès en lien avec les attentats du 11-Septembre, s'est poursuivie très rapidement jeudi, en dépit de désaccords de la défense sur certains cas.

A l'issue de la deuxième journée consacrée à l'interrogatoire de personnes tirées au sort sur les listes électorales de l'Etat de Virginie, près de Washington, où est situé le tribunal d'Alexandria, 29 étaient déjà retenues sur les 85 nécessaires pour la sélection finale qui sera organisée le 6 mars.

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Ce jour-là, la défense et l'accusation pourront en récuser respectivement 30 sans donner d'explication et 18 personnes seront finalement gardées (12 jurés et six suppléants).

"Il semble possible que nous finissions d'ici la fin de la semaine prochaine", vendredi 24 février, a indiqué la juge Leonie Brinkema.

La défense aurait souhaité la récusation de six des 14 personnes pré-sélectionnées jeudi par la juge, tandis que l'accusation a exprimé son objection pour trois d'entre-elles.

Un jeune homme d'une vingtaine d'années a été retenu en dépit du fait qu'il connaissait trois personnes dans les tours du World Trade Center le 11 septembre 2001  (qui s'en sont tirées indemnes) et une autre ayant participé aux secours. La mère de son ancien colocataire était en outre au Pentagone ce jour-là.

La défense a tenté de s'opposer à sa sélection, et surtout à celle d'un homme dont une collègue est morte dans l'un des avions détournés.

"Il était très émotif lorsqu'il a parlé de cela", a dit Me Gerald Zerkin. La juge, qui a estimé qu'il confondait son "accent de Boston" (nord) avec de l'émotion, n'a pas suivi.

Zacarias Moussaoui, qui risque la peine de mort, est resté calme.

Le Français âgé de 37 ans, vêtu de sa combinaison verte de prisonnier, au regard souvent sombre et à la longue barbe noire, a juste déclaré à deux reprises à ses avocats qu'il ne voulait pas leur parler: "ne revenez pas me voir (...) je n'ai rien à dire". Il s'est quand même adressé à l'un d'entre eux pour lui signaler qu'il avait une mauvaise vue sur le box des jurés, sur sa droite.

"Que Dieu maudisse l'Amérique", a-t-il aussi lancé, presque à voix basse et en anglais, comme toujours, avant une suspension d'audience.

Les avocats, qu'il a insultés à de nombreuses reprises, n'ont quasiment plus aucun contact avec lui depuis qu'il a plaidé coupable de complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre, le 22 avril 2005.

Mardi, la juge l'avait interdit d'audience pendant plus de deux semaines, en raison de ses insultes. Mais il était de retour à l'audience mercredi.

Selon Me Andrew McBride, avocat et ancien procureur dans ce tribunal, ce changement inexpliqué est sans doute lié à un échange entre la magistrate et le prévenu, au cours duquel il s'est engagé à garder son calme.

Depuis le début de l'interrogatoire des jurés potentiels, la juge vérifie notamment que ces derniers n'ont pas un avis arrêté sur la peine de mort, pour ou contre.

Une femme noire âgée d'une cinquantaine d'années a été exclue mercredi lorsqu'elle a reconnu qu'elle ne pourrait pas condamner quelqu'un à mort. Une autre a été écartée jeudi pour la raison inverse. Elle avait indiqué dans son questionnaire que la peine de mort était "purificatrice".

L'audience doit reprendre vendredi après-midi.

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