Le parcours de Zacarias Moussaoui (Euro News)

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Quatre ans et demi après le 11 septembre 2001, Zacarias Moussaoui reste la seule personne jugée aux Etats-Unis pour sa responsabilité dans les attaques terroristes les pires jamais perpétrées sur le sol américain.

Pourtant ce jour-là, il n'est pas parmi les 19 pirates de l'air. Longtemps consideré comme le 20ème membre de l'opération par les autorités américaine, il n'a pas pu se joindre au groupe parce qu'il était en prison. Il a été arrêté 3 semaines auparavant, le 26 août 2001, pour violation des lois d'immigration. Zacarias Moussaoui rentre aux Etats-Unis le 23 février 2001 en provenance de Londres. Sur lui, une somme d'argent qui avoisine les 35 000 dollars. Pendant quelques mois, de février à mai, il prend des cours pour obtenir un brevet de pilotage.

Le 13 août, il s'inscrit à la Pan Am International Flight Academy à Minneapolis. Deux jours durant, il suit des cours sur Boeing 747-400. Son comportement suspect, provoque son arrestation par le FBI.

De là, s'en suivront des mois de rebondissements judiciaires où la santé mentale de Moussaoui est plusieurs fois mise en cause. Finalement, le 22 avril 2005, le français plaide coupable de complicité mais dément son implication dans le 11 septembre et affirme qu'il préparait une attaque contre la Maison Blanche pour une autre date.

Cinquantre-trois mois de rebondissements qui ont de quoi laisser perplexe Jonathan Turley, professeur de Droit à l'Université George Washington: "Le problème avec ce procès c'est qu'il n'apparaît pas que Moussaoui soit coupable de quoique ce soit. L'opinion générale, c'est qu'il n'était pas le 20ème pirate de l'air. En fait, les responsables des services secrets ont tous dit qu'ils ne croyaient pas qu'il était le 20ème pirate."

La CIA a bien d'autres suspects mais elle les garde au secret, loin de la justice américaine, trop exigente. Elle aurait notamment en sa possession, le cerveau presumé des attentats, Khalid Cheikh Mohammed, arrêté en 2003 au Pakistan, et le trésorier présumé de l'opération du 11 septembre, Ramzi Bin al-Shibh, arrêté en 2002 à Karachi.

Deux hommes qui ne comparaîtront pas au procès de Moussaoui, ce que dénonce sa mère : "S'ils ont besoin d'un coupable, le 20ème pirate est à Guantanamo, l'autre Cheikh Khalid Mohamed et Ramzi, sont entre leur mains. Mais ils ont interdit Zacarias de voir ses témoins!"

Certains juristes considèrent que le procès Moussaoui n'a qu'un but pour le département américain de la Justice: trouver un coupable pour le 11 septembre et le condamner à mort.

Publié dans Articles de presse

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Alex 11/02/2006 07:13

En fait, après de nombreuses lectures d'articles, ce qui m'apparaît plus que problématique, c'est le fait que la France ait décidé de coopérer avec le gouvernement américain. Que les Etats-Unis soient capables de prévoir une législation qui permet l'imposition de la peine de mort sans exiger la présence d'actes matériels, qu'ils soient prêts à faire de Z. Moussaoui (ou de n'importe qui) le coupable des attentats des 11 septembre alors qu'ils savent pertinemment qu’il n’a pas pris part à la préparation de ces attentats, soit. On n’en attendait pas moins des Etats-Unis.
 

Z. Moussaoui a plaidé coupable par défi alors qu’il ne reconnaît pas sa culpabilité (c’est-à-dire qu’il ne reconnaît pas avoir été au courant des attentats), et nombreux sont les récits qui font douter de sa capacité à pouvoir répondre de ses actes devant une juridiction (ou de l’absence d’actes) au sens juridique du terme (« fit to stand trial »). Que fait le gouvernement français ? Z. Moussaoui est un citoyen français. Pourquoi est-ce que le gouvernement français a fait des démarches (même si on peut regretter qu’une prise de position publique n’ait pas accompagné ces démarches) pour que les citoyens français qui étaient détenus à Guantanamo soient extradés vers la France, et qu’il s’abstient de ce genre de démarche concernant Z. Moussaoui (en faisant bien pire : en coopérant) ?? Est-ce le prix à payer pour les bonnes relations entre les pays ? On a dit non à l’Irak, on peut pas tout contester non plus ? Oui, les ratés de la justice française sont importants. Mais il est encore plus important de respecter certains principes fondamentaux même lorsque la presse et les médias ne s’en mêlent pas. Scandaleux.
 

Affaire à suivre…