Le premier procès en relation avec le 11 septembre s'ouvre aux Etats-Unis (La libre belgique)

Publié le par Stéphanie Fontenoy, correspondante à New York

Dans son centre de détention d'Alexandria, près de Washington, le Français Zacarias Moussaoui, premier inculpé aux Etats-Unis dans le cadre du 11 septembre, se trouve face à une impasse: la mort ou la perpétuité. Ce lundi, commence la procédure de sélection des jurés, 12 hommes et femmes, qui décideront, à l'issue des audiences, de la peine à infliger à l'accusé, puisque celui-ci a déjà plaidé coupable pour six chefs d'accusation en relation avec la préparation d'attentats terroristes sur le sol américain.

Obtenir un jury neutre, après le traumatisme entraîné par les plus graves attentats de l'Histoire, est un défi « unique », a déclaré l'un des avocats de Zacarias Moussaoui, Edward Mac Mahon. Quelle que soit son issue, le procès qui s'ouvre aujourd'hui est vécu comme un test pour la société et la justice américaine. Il y sera notamment débattu du degré de connaissance que le gouvernement pouvait avoir de la menace terroriste avant les attaques.

De fait, pour lui éviter la peine de mort, les avocats de Zacarias Moussaoui vont tenter de convaincre les jurés que les services secrets possédaient suffisamment d'informations pour éviter les attentats, un sentiment largement partagé par la population américaine. Si le jury donne raison à la défense, qui compte aussi jouer sur la santé mentale de Zacarias Moussaoui, celui-ci aura la vie sauve mais passera le restant de ses jours derrière les barreaux. A l'inverse, l'accusation souhaite mettre en avant que l'inculpé, un fondamentaliste islamiste avéré, a menti pour couvrir les terroristes du 11 septembre lors de son arrestation le 17 août 2001, et rendu possibles, par ses mensonges, les attentats. Si la majorité des jurés soutient cette thèse, l'accusé sera alors passible de la peine de mort.

«Un complot différent»

Le cas Moussaoui a également mis aussi en lumière le rapport de force entre les droits de l'accusé et le principe du «secret défense» avancé par le gouvernement dans une affaire de terrorisme. Zacarias Moussaoui s'est vu refusé tout contact avec deux membres importants d'al Qaeda détenus au secret aux Etats-Unis, qu'il comptait faire témoigner à décharge. En outre, la juge chargée de l'affaire, Leonie Brinkema, a ordonné la semaine dernière au gouvernement de transmettre à la défense des informations, pour certaines classées, portant notamment sur l'arrestation de Zacarias Moussaoui et l'évaluation de la menace avant le 11 septembre.

Car plus de quatre ans après son arrestation, les liens réels de Zacarias Moussaoui avec les attentats du 11 septembre demeurent flous. Le 22 avril dernier, après avoir changé plusieurs fois d'avis, le Français d'origine marocaine de 37 ans a plaidé coupable des six chefs d'inculpation retenus contre lui: complicité visant à commettre des actes de terrorisme, des actes de piraterie aérienne, des actes de destruction d'aéronefs, d'utilisation d'armes de destruction massive, de meurtres d'employés fédéraux et de destruction de biens. Zacarias Moussaoui a démenti son implication dans les frappes contre le World Trade Center à New York et contre le Pentagone à Washington. En revanche, il a reconnu avoir prêté allégeance à Oussama Ben Laden, faire partie du réseau al Qaeda, et devoir participer à un autre attentat, qui n'a pas eu lieu. «

Je suis venu aux Etats-Unis pour participer à un complot visant à utiliser un avion comme arme de destruction massive. J'ai été formé sur un 747... pour attaquer la Maison-Blanche. Ce complot était différent de celui du 11 septembre 2001

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