Moussaoui, 20e pirate, pilote pour un autre attentat, ou doublure? (Tageblatt)

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Le Français Zacarias Moussaoui, dont le procès s'ouvre ce lundi, a admis le 22 avril 2005 sa culpabilité mais presque cinq ans après son arrestation, de nombreuses zones d'ombre demeurent sur son rôle dans les attentats du 11-Septembre.

Les détails ne manquent pas sur son supposé passé: Zacarias Moussaoui a signé des aveux dans lesquels il dit avoir fait acte d'allégeance à Oussama ben Laden et admet avoir suivi un entraînement dans le camp de Khalden (est de l'Afghanistan) en 1998.

D'après ce document rédigé par l'accusation lorsqu'il a plaidé coupable, il a »géré» un centre d'hébergement d'Al-Qaïda à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan.

»Moussaoui connaissait les plans d'al-Qaïda en vue de projeter des avions dans des immeubles de prestige aux Etats-Unis et avait accepté de (...) participer à ce plan».

Il a même été sélectionné par Oussama ben Laden pour »attaquer la Maison Blanche», selon l'accusation.

Ensuite, lors de son arrestation le 16 août 2001 pour un visa périmé Moussaoui a »nié être membre d'une organisation terroriste et faussement nié qu'il ait pris des cours de pilotage en vue de tuer des Américains».

Il a indiqué s'entraîner pour le plaisir et vouloir se rendre à »New York et Washington». Pour »du tourisme».

Mais devait-il réellement participer aux attentats? La très officielle commission d'enquête sur les attentats du 11-Septembre n'a jamais tranché.

Dans son rapport, la commission parlementaire énumère les liens, du moins indirects, entre Moussaoui et les 19 pirates de l'air.

Moussaoui aurait été au Pakistan, fin 2000, auprès du Pakistano-koweïtien Khalid Cheikh Mohammed, lui-même cerveau des attentats et »numéro 3» d'al-Qaïda.

Le voyage suivant l'a mené à Londres, où il a vu le Yéménite Ramzi ben al-Shaiba, planificateur et intermédiaire entre les pirates de l'air et Cheikh Mohammed.

Arrivé aux Etats-Unis le 23 février 2001, il a, comme plusieurs des kamikazes, pris des cours de pilotage, dans l'Oklahoma (centre) puis l'Etat du Minnesota (nord).

Comme certains il a reçu d'importants virements (deux fois 15.000 dollars) de ben al-Shaiba.

Mais il est resté isolé des pirates de l'air, qui se sont fréquentés notamment dans le New Jersey et en Floride, pendant l'été. Il n'a pas effectué de vols de reconnaissance, comme certains des terroristes.

Alors, que faisait-il aux Etats-Unis ? »La connexion de Moussaoui avec le 11-Septembre est remise en question», titrait, dès novembre 2002, le quotidien USA Today.

Trois explications sont évoquées par la commission d'enquête.

Selon la première, livrée par Cheikh Mohammed, détenu au secret par les Américains depuis mars 2003, il avait été recruté pour une deuxième opération.

»Cheikh Mohammed nie avoir jamais envisagé la participation de Moussaoui», au 11-Septembre, rapporte la commission, notant la contradiction avec le témoignage de Ramzi ben al-Shaiba, détenu depuis septembre 2002, qui lui a indiqué qu'il faisait bien partie de l'opération »11-Septembre».

Selon une troisième thèse, Khalid Cheikh Mohammed craignait que le pilote sélectionné pour attaquer le Congrès ne fasse marche arrière.

Le pilote Ziad Jarrah, très attaché à sa petite amie, avait en effet des différends avec le chef des pirates de l'air, l'Egyptien Mohammed Atta. Khalid Cheikh Mohammed aurait de ce fait prévu une doublure, Moussaoui, pour le remplacer si besoin.

Khaled Cheikh Mohammed a ordonné à Ramzi ben al-Shaiba »d'envoyer les jupes à Sally», message signifiant qu'il devait envoyer des fonds à Moussaoui», un ordre qui aurait pu avoir pour but »d'aider à préparer Moussaoui comme substitut de Jarrah», selon la commission.

Publié dans Articles de presse

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