Etats-Unis: procès de Moussaoui, le 1er en lien avec le 11 septembre (AFP)

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ALEXANDRIA (AFP) - Le premier procès aux Etats-Unis en lien direct avec les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis s'ouvre ce lundi, plus de quatre ans après, avec le début de la sélection des jurés chargés de décider du sort du Français Zacarias Moussaoui, seul prévenu à ce jour.Dès six heures du matin plusieurs des rues attenantes au tribunal fédéral d'Alexandria, à seulement une vingtaine de minutes en voiture de Washington, seront fermées pour raison de sécurité.

Toute la journée, 500 personnes tirées au sort sur les listes électorales de l'Etat de Virginie, où se trouve le tribunal, y sont convoquées pour remplir un questionnaire d'une quarantaine de pages. De leurs réponses neutres ou non dépendra en partie leur sélection pour le premier procès américain lié aux attaques du 11-Septembre, dans un pays qui se déclare encore, quatre ans et cinq mois après les attentats les plus graves de l'histoire, en état de "guerre contre le terrorisme".

Avant de leur faire remplir ce questionnaire, à partir de 10h00 du matin (15h00 GMT) la juge Leonie Brinkema, en charge de l'affaire depuis l'inculpation en décembre 2001 de Moussaoui, leur résumera celle-ci. Elle leur expliquera peut-être que Moussaoui, né le 30 mai 1968 à Saint-Jean-de-Luz, dans le sud-ouest de la France, a été interpellé le 16 août 2001 dans l'Etat du Minnesota (nord) alors qu'il prenait des cours de pilotage. Qu'y faisait-il ? Moussaoui a toujours nié devoir participer aux attentats qui ont tué plus de 3.000 personne presque un mois plus tard, mais a admis, le 22 avril 2005, sa complicité avec les pirates de l'air.

Avec cet aveu, que sa défense avait tenté par tous les moyens de combattre, Moussaoui a limité le procès à la question de savoir s'il sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, sans libération possible, ou à la peine de mort. Il mérite la peine de mort, car il savait et "a menti (...) pour permettre à ses +frères d'al-Qaïda+ de poursuivre l'opération", a affirmé l'accusation. Avant même de répondre à cette question, les jurés potentiels, seront entourés dès lundi de toutes sortes de précautions pour préserver leur anonymat et leur sécurité: toute photographie ou dessin permettant de les identifier a été proscrite par le tribunal. Après avoir rempli le questionnaire, ils devront revenir à partir du 15 février, pour être interrogés et, pour certains, récusés par les avocats ou l'accusation.

Sauf retard, les débats doivent commencer le 6 mars en présence des 12 jurés retenus, avec une première phase à l'issue de laquelle ils décideront s'il est "passible" de la peine de mort et, en cas de réponse positive, une deuxième où ils détermineront s'ils lui imposent ou non la peine capitale.

Durant ces deux phases des témoins et experts se succèderont à la barre, pour l'accusation et la défense.

Comment réagira l'"esclave d'Allah" autoproclamé, le "musulman fondamentaliste ouvertement hostile aux juifs et aux Etats-Unis" ? Ses avocats, à qui il refuse de parler depuis des mois, l'ignorent. Ils ont d'ores et déjà annoncé qu'ils tenteront de prouver que le gouvernement en savait plus sur les attentats du 11-Septembre que Moussaoui. Ils pourraient également tenter de prouver que cet homme brun, trapu, si souvent agité, est atteint de schizophrénie, une circonstance atténuante qui pourrait lui épargner la mort.

A ce procès, il y aura toutefois deux grands absents: le Pakistano-koweïtien Khaled Cheikh Mohammed, numéro trois d'al-Qaïda, cerveau présumé des attentats, et le Yéménite Ramzi bin Al-Shaiba, planificateur supposé. Capturés en 2003 et 2002, ils restent détenus au secret par les Etats-Unis.

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