Etats-Unis : ouverture du procès Moussaoui (Libération)

Publié le par Pascal RICHE

La sélection du jury pour le Français accusé de complot terroriste prendra un mois.

Le procès de Zacharias Moussaoui, Français poursuivi pour complot ayant conduit aux attentats du 11 septembre, doit s'ouvrir aujourd'hui, au tribunal fédéral d'Alexandria, dans la banlieue de Washington. Le premier mois sera consacré à la sélection des 12 jurés parmi un échantillon de 500 personnes. Ce processus vise à s'assurer de la neutralité du jury. Les 500 personnes doivent répondre aujourd'hui à un questionnaire, avant d'être interrogées oralement dans une dizaine de jours. Certains seront alors récusés par la défense ou l'accusation. L'audience proprement dite débutera le 6 mars et durera deux mois. Les jurés auront à décider si Moussaoui mérite la mort ou la prison à vie.

Projets. Ils n'auront pas à se prononcer sur sa culpabilité : le prévenu a déjà plaidé coupable, en avril, de complot terroriste. Il a reconnu être au courant de projets visant à détourner des avions et les écraser sur des villes, et a expliqué que Ben Laden lui avait demandé de jeter un avion sur la Maison Blanche. Mais il a toujours nié avoir été mis au courant des projets précis d'attentats du 11 septembre. Selon ses avocats, il ne connaissait même pas les 19 pirates ayant détourné quatre avions de ligne ce jour-là.

Moussaoui, 37 ans, a été arrêté trois semaines avant les attentats de 2001. Il prenait alors des cours de pilotage dans le Minnesota, et son comportement suspect avait attiré l'attention du FBI. Après le 11 septembre, les enquêteurs l'ont d'abord soupçonné d'être «le 20e terroriste» de l'opération. Toutefois, l'enquête n'a pas confirmé cette piste. Les procureurs comptent démontrer que, s'il n'a pas participé directement au 11 septembre, il aurait pu éviter la tragédie. Ils entendent plaider que ce sont ses mensonges débités au FBI après son arrestation qui ont rendu possible les attentats.

Schizophrénie. La défense, de son côté, cherchera à montrer que le gouvernement fédéral en savait plus long que Moussaoui sur la menace. Elle devrait par ailleurs plaider la schizophrénie de Moussaoui. Quant à savoir ce que déclarera l'accusé, c'est l'énigme. Incontrôlable, celui qui se définit comme l'«esclave d'Allah» refuse de collaborer avec ses propres avocats.

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