Pourquoi faut-il sauver Moussaoui ?

-   Parce que le rejet du terrorisme ne doit pas nous faire oublier notre opposition toute aussi résolue à la peine de mort.
-   Parce qu'une sentence édictant la mort pour intention criminelle, sans qu'il y ait eu passage à l'acte, constituerait un précédent aux Etats-Unis et dans les pays se réclamant de l'état de droit. Zacarias -rappelons-le - était en prison au moment des faits (depuis août 2001 pour expiration de visa)
-   Parce que la justice, où qu'elle s'exerce, doit être équitable et transparente, fondée sur la recherche de la vérité, et non sur une quelconque vengeance d'un Etat frustré de n'avoir pu trouver plus de coupables.
-   Parce que la France l'a lâché, pire, elle a accepté l'entraide judiciaire avec les Etats-Unis alors même que la peine de mort est requise.
-   Parce que Zacarias Moussaoui
qui s'est ainsi fourvoyé dans l'islam radical, se trouvera sans doute peu de défenseurs
.
-   Parce que condamner à mort Moussaoui serait en faire un martyr. Quel effet la peine de mort peut elle avoir sur des personnes la souhaitant plus que tout. Ou souhaite-t-on générer de nouvelles vocations ?
-   Parce que Moussaoui a été contredit par tous les membres d'Al Qaida qui ont témoigné. Jamais pour eux il n'a été question que Moussaoui participe aux attentats du 11 septembre. Ces responsables le jugeaient "peu fiable" et "colérique". Les déclarations de Moussaoui sur Richard Reid ont de plus toutes été démenties.
-   Parce que pour le FBI lui-même, "il est hautement improbable qu'il soit impliqué dans les opérations du 11 septembre 2001"
-   Parce que qu'il est impossible de se fonder sur ce qui serait arrivé si Moussaoui avait parlé. En août 2001, il existait un rapport alarmant sur l'accusé, aucune mesure n'a pourtant été prise.
-   Parce que des agents du FBI ont décrit l'incompétence du gouvernement à réagir
. L'agent Harry Samit dit ainsi avoir tenté sans succès à "70 reprises" d'alerter sa hiérarchie avant le 11-Septembre (voir également Greg Jones).
-   Parce que les violations des droits de la défense
ont été dans ce procès selon les termes même de la juge Brinkema "monumentales". La réquisition de la peine de mort aurait dû plusieurs fois être annulée.

Contact : moussaouiblog@yahoo.fr

Pétition nationale : Nous les prenons sous notre protection !
Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /Mai /2006 15:35
WASHINGTON (AFP) - Zacarias Moussaoui, condamné jeudi à la réclusion à perpétuité pour sa complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre, est revenu lundi sur ses aveux en réclamant l'ouverture d'un nouveau procès, mais la justice américaine a rejeté sa requête trop tardive.

Après avoir échappé à la condamnation à mort à laquelle il s'attendait, le Français, âgé de 37 ans, qui doit être transféré pour le restant de ses jours dans une prison de haute sécurité du Colorado (ouest), a affirmé lundi par l'intermédiaire de ses avocats qu'il avait menti durant son procès.

Il a demandé à revenir formellement sur ses aveux de complicité avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001.

"Je n'ai jamais rencontré Mohammed Atta", qui dirigeait les terroristes du 11-Septembre, a déclaré Moussaoui dans sa requête. Il a affirmé que ses déclarations devant les jurés, selon lesquelles il était au courant du complot et qu'il faisait partie de l'équipe qui a détourné les avions le 11 septembre 2001, étaient une "invention complète". Moussaoui a expliqué son revirement par le fait qu'il ne faisait pas confiance à la justice américaine ni à ses avocats, avant et pendant le procès et a rappelé qu'il avait initialement demandé un "avocat musulman". "Parce que je vois maintenant qu'il est possible d'avoir un procès juste, même avec des jurés américains, et que j'ai l'occasion de prouver que je ne savais rien et que je ne faisais pas partie du complot pour détourner des avions (...) le 11 septembre 2001, je souhaite retirer mon plaider-coupable et demander à la Cour un nouveau procès pour prouver mon innocence dans le complot du 11-Septembre", a-t-il ajouté dans un document transmis par ses avocats au tribunal d'Alexandria (Virginie, est) où a eu lieu son procès.

Moussaoui, "convaincu" qu'il allait être condamné à mort, s'est déclaré dans le document "extrêmement surpris" d'avoir la vie sauve après le verdict, selon le document. La juge Leonie Brinkema a rejeté sa demande "trop tardive" en invoquant l'article 11 du code de procédure criminelle fédéral, qui stipule qu'à la suite d'une condamnation décidée par un tribunal un accusé "ne peut pas retirer son plaider-coupable". "Il ne s'agit pas d'une très grande surprise" a commenté un des avocats commis d'office de Zacarias Moussaoui, Edward MacMahon. "Il n'y avait pas de base légale suffisante pour renverser" la décision, a-t-il ajouté. Les avocats, Gerald Zerkin, Edward MacMahon et Alan Yamamoto, maltraités par leur client durant le procès, semblaient d'ailleurs reconnaître implicitement dès le dépôt de la requête, que le revirement de leur client avait peu de chance d'aboutir. Ils avaient indiqué dans le texte qu'ils connaissaient "la règle qui interdit à un accusé de retirer son plaider-coupable après sa condamnation". Ils avaient néanmoins introduit la requête "en raison de leurs relations difficiles avec Moussaoui, sujet dont le tribunal est au courant", selon une note au tribunal.

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Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /Mai /2006 15:25

ALEXANDRIA, Virginie (AP) -- Condamné à la prison à vie alors qu'il s'attendait à la peine de mort, Zacarias Moussaoui demande un nouveau procès pour plaider innocent dans les attentats du 11-Septembre. Trop tard, répond la juge du tribunal fédéral d'Alexandria, en Virginie.


Le Français d'origine marocaine affirme dans la requête déposée lundi avoir menti le 27 mars en déclarant qu'il était censé détourner un cinquième avion de ligne et le précipiter sur la Maison Blanche le 11 septembre 2001, et non plus tard comme il le soutenait depuis quatre ans. Ce membre autoproclamé d'Al-Qaïda, détenu depuis le 16 août 2001, justifie son comportement par les effets de l'isolement carcéral, l'impossibilité d'obtenir un avocat musulman et son incompréhension du système judiciaire américain.

Contrairement aux souhaits du gouvernement de Washington et faute d'une décision à l'unanimité, le jury a estimé mercredi que l'unique inculpé aux Etats-Unis dans l'enquête sur les attentats-suicide à l'origine de la mort de près de 3.000 personnes ne méritait pas la peine capitale même si son silence a été à l'origine d'au moins un des décès. Le lendemain, la juge Leonie Brinkema a donc condamné Zacarias Moussaoui à la prison à vie, peine qu'il doit purger à la prison fédérale de haute sécurité de Florence, dans le Colorado
.

La magistrate a souligné jeudi que l'accusé avait "renoncé au droit" à faire appel de la condamnation résultant de son plaider coupable en avril 2005.

Le Français d'origine marocaine affirme dans la requête déposée lundi avoir menti le 27 mars en déclarant qu'il était censé détourner un cinquième avion de ligne et le précipiter sur la Maison Blanche le 11 septembre 2001, et non plus tard comme il le soutenait depuis quatre ans. Ce , détenu depuis le 16 août 2001, justifie son comportement par les effets de l'isolement carcéral, l'impossibilité d'obtenir un avocat musulman et son incompréhension du système judiciaire américain. Contrairement aux souhaits du gouvernement de Washington et faute d'une décision à l'unanimité, le jury a estimé mercredi que l'unique inculpé aux Etats-Unis dans l'enquête sur les attentats-suicide à l'origine de la mort de près de 3.000 personnes ne méritait pas la peine capitale même si son silence a été à l'origine d'au moins un des décès. Le lendemain, la juge Leonie Brinkema a donc condamné Zacarias Moussaoui à la prison à vie, peine qu'il doit purger à la prison fédérale de haute sécurité de Florence, dans le Colorado.

Il peut en revanche faire appel de la sentence de prison à vie, mais "je crois que ce serait un acte de futilité", a-t-elle lancé. Lundi, elle a déclaré que les règles fédérales interdisaient de retirer son plaider coupable après le verdict.
Toutefois, les avocats commis d'office de Moussaoui expliquent dans leur requête qu'ils la soumettent quand même en raison de leurs "relations problématiques" avec leur client, qui n'a jamais coopéré avec eux, et du fait qu'ils se retirent du dossier et vont être remplacés.
"L'isolement m'a rendu hostile envers tout le monde et j'ai commencé à adopter des positions extrêmes pour combattre le système", écrit Zacarias Moussaoui, âgé de 37 ans, dans le formulaire remis au tribunal.
Sa "compréhension du système judiciaire américaine était complètement faussée", ajoute-t-il, ce qui l'a amené à plaider coupable. Mais il a été "extrêmement surpris" par le verdict.
"Je pensais être condamné à mort étant donné l'émotion et la colère contre moi après les morts du 11-Septembre, mais en (...) lisant comment les jurés ont mis de côté leurs émotions et leur dégoût pour moi afin de se concentrer sur la loi et les preuves (...) je vois maintenant que je peux bénéficier d'un procès équitable, même avec des jurés américains." Un revirement probablement trop tardif. AP

Par Michael Sniffen - Publié dans : Dépêches
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Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /Mai /2006 15:43
WASHINGTON (AFP) - Les avocats du Français Zacarias Moussaoui, condamné jeudi aux Etats-Unis à la prison à vie, ont demandé lundi à la justice l'ouverture d'un nouveau procès et le retrait de son aveu de culpabilité pour complicité dans les attentats du 11 septembre 2001.

"Parce que je vois maintenant qu'il est possible d'avoir un procès juste, même avec des jurés américains, et que j'ai l'occasion de prouver que je ne savais rien et que je ne faisais pas partie du complot pour détourner des avions (...) le 11 septembre 2001, je souhaite retirer mon plaider-coupable et demander à la Cour un nouveau procès pour prouver mon innocence dans le complot du 11-Septembre", indique Zacarias Moussaoui dans un document transmis par ses avocats au tribunal d'Alexandria (Virginie, est) où a eu lieu son procès. Les avocats, de leur côté, semblent reconnaître implicitement que le revirement de Moussaoui a peu de chance d'aboutir en indiquant dans le texte de la requête qu'ils "sont au courant de la règle qui interdit à un accusé de retirer son plaider-coupable après sa condamnation". "Ils le font néanmoins en raison de leurs relations difficiles avec Moussaoui, dont le tribunal est au courant", précisent-ils dans une note. "J'ai décidé de témoigner que j'étais un membre du complot qui a détourné les avions le 11 septembre 2001, même si je savais qu'il s'agissait d'une invention complète", indique Moussaoui, en expliquant qu'il ne faisait pas confiance au moment de son arrestation ni durant son procès, à ses avocats américains et qu'il aurait souhaité un "avocat musulman". "Au moment où j'ai plaidé coupable, ma compréhension du système judiciaire américain était complètement faussée", dit Moussaoui, en ajoutant qu'il était alors "convaincu" qu'il allait être condamné à mort et qu'il avait été "extrêmement surpris" d'avoir la vie sauve après le verdict.

"Je n'ai jamais rencontré Mohammed Atta", l'un des terroristes présumés du 11 septembre 2001, ajoute-t-il. "J'étais aux Etats-Unis en tant que membre d'Al-Qaïda, mais j'étais impliqué dans une opération séparée, je ne savais rien et n'étais pas membre du complot pour détourner des avions le 11 septembre 2001", écrit-il. "Après avoir étudié le verdict et vu comment les jurés ont mis de côté leurs émotions et leur dégoût pour moi en se concentrant sur la loi et les preuves qui étaient présentées au procès, j'ai commencé de comprendre que le fonctionnement du jury était plus complexe que je ne l'avais pensé", ajoute le Français.

Zacarias Moussaoui, 37 ans, qui est détenu en Virginie, dans la banlieue de Washington, depuis sa condamnation, attend son transfert pour une prison de sécurité maximale dans le Colorado (ouest) après sa condamnation jeudi à la réclusion à perpétuité qui a mis un terme à quatre ans et demi de procédure. Il a décidé vendredi qu'il souhaitait retirer son aveu, ont précisé ses avocats. Interpellé trois semaines avant le 11-Septembre dans le nord des Etats-Unis où il prenait des cours de pilotage, il avait plaidé coupable le 22 avril 2005 de complicité avec les auteurs des attentats sur New York et Washington, qui ont fait près de 3.000 morts le 11 septembre 2001.

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Samedi 6 mai 2006 6 06 /05 /Mai /2006 19:20

Aïcha el-Wafi fait le récit du procès de son fils, condamné à perpétuité.

C'était il y a une semaine, dans un hôtel à Alexandria, Colorado, juste à côté du tribunal où comparaissait le Français Zacarias Moussaoui. Le verdict doit tomber d'un jour à l'autre, et sa mère, Aïcha, a fait le voyage depuis Narbonne, Aude. Une femme s'approche d'elle, américaine, blanche, âge moyen. Elle l'embrasse, elle veut qu'on les photographie ensemble, elle lui dit : «Quand je vous vois à la télé, je comprends ce que vous ressentez.» Juste après, le taxi insiste pour qu'Aïcha ne paye pas la course. Aux Etats-Unis, la mère d'un homme basané, qui a toujours revendiqué faire partie d'Al-Qaeda, revenir de stage en Afghanistan et soutenir Oussama ben Laden, est devenue une sorte d'héroïne populaire. «C'est assez paradoxal», dit son avocat, Patrick Baudoin.

«Tout tordu». Aïcha se souvient de l'ouverture du procès, en janvier, quand elle a regardé dans le box. «J'ai trouvé quelqu'un que je ne connaissais pas, avec une barbe d'islamiste et une toque.» C'était son fils. Elle a croisé son regard. Il a passé les mains dans sa barbe et tourné la tête. Aïcha dit savoir ce qu'il pensait : «Pourquoi tu acceptes de parler aux avocats américains ? Je t'ai dit qu'ils sont contre moi.»
Elle a cru mourir à cette audience où Zacarias s'est mis à s'accuser de choses folles ­ qui n'étaient même pas dans le dossier ­, comme avoir voulu faire sauter la Maison Blanche avec Richard Reid, arrêté de son côté, de l'explosif plein les semelles. «Les avocats étaient bouche bée, dit Aïcha. Les gens criaient, effrayés.» Toute la presse américaine attendait Aïcha à la sortie. On lui demande : «Vous avez raté son éducation ?» Les avocats américains conseillent à Aïcha de se charger pour sauver son fils. Elle proteste. «Je veux dire la vérité.» Sur CNN, elle raconte comment elle lui parlait arabe quand il était petit. Lui se fâchait. «Qu'est ce que tu chantes ? On n'est pas au Maroc.» Puis elle explique qu'il s'est mis à jeter son cartable en rentrant de l'école. «On m'a dit : "Sale négro."» Moussaoui a commencé à apprendre «l'arabe tout tordu» qui se parle près de Narbonne. Le fils a fini par reprocher à la mère d'être «trop européenne. Pourquoi tu ne nous as pas élevés dans l'islam ? Tu ne me comprends pas». Aïcha dit au micro de CNN : «En France, ces jeunes, ils sont tous comme ça.» Des Américaines lui écrivent. «Moi aussi ça pourrait m'arriver, un fils terroriste.»
Après avoir nié, Moussaoui a annoncé à sa mère, un an avant le procès, qu'il décidait de plaider coupable. «Ils veulent ma tête ? Je leur donne. Quand je dis la vérité, je passe pour un menteur. Si je raconte n'importe quoi, ils vont tout gober. Je vais les rendre ridicules.» Elle se souvient être sortie dans la rue comme un robot. «Je me disais : c'est la mort ou la perpétuité. D'une manière ou d'une autre, il est foutu.»
Au procès, les charges tombent une à une pour l'implication de Moussaoui dans les attentats du 11 septembre 2001. Richard Reid nie le projet contre la Maison Blanche. Aïcha respire. C'est le fils qui en rajoute : «J'aurais aimé que cela continue le 12 septembre, le 13, le 14...» Aïcha le regarde «faire le monstre».
«Je suis fière». Elle pense qu'elle n'osera plus jamais reprendre contact avec des familles de victimes des Twin Towers avec lesquelles elle s'était liée. «Ce sont elles qui m'ont téléphoné. Une mère m'a dit : on est pareilles, on a toutes les deux perdu nos enfants.» Dans la rue, on l'arrête : «Nous non plus, on ne croit plus que c'est lui.» Aïcha répond : «Mon garçon, je l'aime. Finalement, je suis fière de lui parce qu'il a réussi à faire ce qu'il a dit : c'est lui qui avait raison. Mais je ne veux pas le voir dehors pour le moment. Il est enfermé dans ses idées.»
Moussaoui a sauvé sa tête. L'avocat Patrick Baudoin espère qu'il sera autorisé, à terme, à purger sa peine en France. Dominique Perben lui avait écrit le souhaiter, lorsqu'il était garde des Sceaux. Pour l'instant, c'est Moussaoui qui refuse. «N'importe où, pas en France.»
Par Florence AUBENAS - Publié dans : Articles de presse
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Samedi 6 mai 2006 6 06 /05 /Mai /2006 19:12
Washington - Zacarias Moussaoui n’a pas été condamné à mort pour sa complicité dans les attentats du 11-Septembre parce que, malgré ses affirmations, son rôle était « mineur », a expliqué l’un ou l’une des douze jurés au procès du Français hier dans les colonnes du « Washington Post ». « Il ne faisait pas nécessairement partie des opérations du 11-Septembre », explique le juré, qui a contacté lui-même le journal pour expliquer le verdict, tout en requérant l’anonymat pour préserver sa tranquillité.
Ce juré est l’un des trois qui ont ajouté une circonstance atténuante à la longue liste proposée par les avocats de la défense : Zacarias Moussaoui n’avait qu’une connaissance limitée du projet des pirates de l’air. Pour ce juré, le tournant est intervenu lors de la première prise de parole de Moussaoui, le 27 mars, quand le Français membre d’al-Qaïda a affirmé qu’il devait projeter un avion contre la Maison Blanche, avec Richard Reid, « l’homme à la chaussure piégée », dans son équipe.
« Au moment où il a prononcé le nom de Richard Reid, je savais qu’il mentait », ajoute le juré.
« C’était comme si le rôle de Moussaoui le 11-Septembre augmentait avec le temps (... alors qu’il) n’a jamais été en mesure de piloter un avion le 11-Septembre », estime-t-il.
Le Français, qui avait plaidé coupable l’année dernière de complicité avec les auteurs des attentats du 11-Septembre, a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité.
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 19:26

Moussaoui vous interpelle comme moi parce qu’il est d'origine marocaine. Le Maroc n’a peut-être rien à voir avec son affaire, mais il fait partie de son histoire. Involontairement, il embarque ce pays doux dans le sillage de sa culpabilité.


Moussaoui m’interpelle parce que c’est un Français, enfant de l’immigration. Il fait partie de ces bricoleurs de l’Islam qui se mettent au service des ingénieurs qui les manipulent à distance. Comme certains jeunes issus de l’immigration, il est rentré dans l’Islam de manière entière, totale. Dure et implacable. Il appartient à cette catégorie de jeunes qui ont embrassé, dans ces années de confusion et de doute que sont les années 90, le chemin religieux en embarquant sur la diligence de l’idéologie. Ils en avaient besoin de cette idéologie qui repose sur la vérité indiscutable. Celle qui a des vertus pour soigner la blessure identitaire. Celle qui ne souffre ni le doute ni le scepticisme. Celle qui ne s’encombre nullement des contingences futiles et inutiles et qui favorise les candidats de l’au-delà. Moussaoui est de ces enfants qui ont appris à exécrer la vie et ne veulent pas emprunter la porte de service pour rejoindre le paradis. Non, il veut la porte principale, la cochère, celle qui mène sur les chemins bordés de vierges intactes et délicates.
Moussaoui vous interpelle comme moi parce qu’il est d'origine marocaine. Le Maroc n’a peut-être rien à voir avec son affaire, mais il fait partie de son histoire. Involontairement, il embarque ce pays doux dans le sillage de sa culpabilité. Comme Mohamed Bouyeri, l'assassin du cinéaste Theo Van Gogh, Moussaoui est une pièce à conviction dans le dossier qui peut être instruit contre le Maroc par ceux qui veulent dévoiler sa part d’intégrisme.
Moussaoui les interpelle eux aussi. Eux, ce sont les Américains. Comme tant d’Occidentaux, ils ont construit leur système judiciaire sur la présomption d’innocence. Ils ont eu alors un mal de chien à se dépêtrer de ce cas qui leur a collé, comme un mauvais sparadrap, sur les doigts. Seul inculpé pour le 11 septembre, alors qu’il était déjà en prison au moment des faits, il n’a eu de cesse de s’auto-accuser, de plaider coupable de six chefs d'accusation de complot en vue des attentats. De renier ses avocats et leur stratégie de défense, de narguer le jury, d’injurier les juges. Comme s’il voulait étaler son inaptitude à la compassion. Dire que sa poitrine sèche ne connaît pas la mansuétude. Signifier que sa culpabilité n’est nullement factice, et qu’il se faisait un devoir religieux de l’aggraver. Moussaoui nous interpelle tous. Il nous indique par le menu quelle est la fortune de quelqu’un qui rentre, dans une religion, en empruntant l’arrière-train de celle-ci. On peut s’habiller de l’envers d’une religion comme on met sa djellaba à l’envers. Avec son jusqu’au-boutisme, Moussaoui est sorti de la sphère rationnelle et de la communauté des hommes. Un aliéné aurait pu être justifié. Un fanatique, comme Mehmet Ali Agça qui a tiré sur le pape, aurait pu être compris. Moussaoui n’est ni l’un ni l’autre. C’est un combattant de Dieu qu’il nous rassure de qualifier de schizophrénie paranoïaque. Moussaoui a interpellé le jury afin d’être envoyé le plus vite possible à l’échafaud. Celui-ci a été plus cynique. Il lui a offert un corbillard de luxe. Pour le restant de sa vie.

Par Driss Ajbali - Publié dans : Articles de presse
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 19:17

La justice américaine a eu raison de ne pas envoyer Zacarias Moussaoui à la mort. Et pas seulement parce qu'il existe encore dans ce pays, comme ailleurs, des citoyens farouchement opposés à la peine capitale, pas seulement parce qu'exécuter Moussaoui n'aurait fait qu'ajouter un mort de plus à la liste déjà fort longue des victimes du 11 septembre.

Il y a le principe, bien sûr, celui qui nous pousse à manifester notre opposition à l'exécution de condamnés. Il y a quelques jours encore, après avoir passé des années dans le couloir de la mort, un criminel américain a été tué par injection létale. Comme prévu, l'homme aurait dû mourir en quelques minutes, or, à cause de mystérieux problèmes de «veines», l'agonie du malheureux a duré plus d'une heure trente. Voilà qui est près non seulement de l'acharnement, mais de la torture.

Cela dit, ce n'est pas seulement parce qu'on est contre la peine capitale qu'il faut saluer la décision des neuf hommes et trois femmes qui délibéraient depuis le 24 avril. D'abord, l'unanimité était requise et il n'y en a pas eu. Certains prétextant l'implication mineure de Moussaoui, d'autres faisant valoir qu'il savait très peu de choses des plans d'attaque du 11 septembre.

Ce qu'il faut saluer, c'est que l'Amérique, même celle de George W. Bush, a ainsi résisté à l'instinct de vengeance presque naturel dans pareille situation. Après tout, c'eût été facile d'envoyer à la potence un des présumés responsables de la mort de plus de 3000 personnes.

Moussaoui est peut-être atteint de troubles psychologiques, son rôle n'a peut-être jamais été déterminé avec certitude, mais il s'est quand même ouvertement déclaré coupable de complicité dans les événements, affirmant qu'il est un fondamentaliste musulman ouvertement hostile aux Juifs et aux États-Unis, jurant aussi publiquement, pendant son procès, fidélité à Oussama ben Laden et clamant sa joie d'avoir contribué à tuer des citoyens américains innocents.

Ajoutons à cela que son discours anti-occidental était connu depuis longtemps, qu'il était soupçonné d'avoir établi des liens avec le Djihad islamique, qu'il avait sévi en Tchétchénie, qu'il avait séjourné dans les camps d'entraînement d'Al-Quaïda en Afghanistan, etc.

Les États-Unis, comme le souhaitaient ardemment leur président et l'ex-maire de New York, Rudy Giuliani, auraient pu assouvir leur vengeance par un premier geste irréversible contre un des auteurs complices des attentats. Ça ne s'est pas produit et pas seulement, j'en suis convaincu, à cause des divisions autour de la peine de mort.

Seul véritable acteur détenu et jugé jusqu'à maintenant pour conspiration dans les événements qui ont secoué les États-Unis et le monde en 2001, même si son implication reste trouble, Zacarias Moussaoui est devenu un symbole. L'envoyer au bûcher, à la chaise électrique, à la chambre à gaz ou le tuer par injection aurait fait de lui, comme l'ont affirmé certains, le martyr qu'il souhaitait devenir.

Et pas pour aller retrouver les vierges promises au paradis, mais plutôt pour continuer à justifier et à alimenter la haine des fondamentalistes et de certains groupes terroristes contre cette Amérique infidèle.

C'est pour ça que les jurés ont bien fait d'opter pour la réclusion à perpétuité. Cette sentence est pour Zacarias Moussaoui un bien pire châtiment que la mort qu'il réclamait.

Et c'est pour ça enfin que ce cri, «Amérique, tu as perdu, j'ai gagné!» qu'il a lancé en français en quittant la salle d'audience d'Alexandria où se déroulait le procès depuis le début février n'a plus, ni pour lui, ni pour ses complices, ni pour nous, aucun sens réel.

En étant condamné à vivre, Zacarias Moussaoui a tout perdu.
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 19:09

Selon la défense, le condamné est le bouc-émissaire qui masque l'échec à juger les véritables responsables du 11-Septembre.

Zacarias Moussaoui, condamné jeudi 4 mai à la prison à vie pour son rôle dans les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis, est devenu le "coupable idéal", alors que trois responsables d'Al-Qaïda n'ont toujours pas été jugés, a estimé jeudi l'un de ses avocats.
Incarcéré depuis quatre semaines au moment des attentats, le Français n'a "aucun crime de sang sur les mains", a déclaré jeudi Me Patrick Baudouin, l'un de ses avocats français.
Les témoignages écrits de trois responsables d'Al-Qaïda, dont Khaled Cheikh Mohammed, considéré comme le chef d'orchestre présumé du 11-Septembre, lus à l'audience, ont minimisé le rôle du Français.
Khaled Cheikh Mohammed, considéré comme le numéro 3 du groupe terroriste, arrêté au Pakistan en mars 2003 et actuellement détenu par les Américains dans un endroit tenu secret, a indiqué que Zacarias Moussaoui aurait dû servir dans une "deuxième vague" d'attaques. Ces témoignages "tendaient à exonérer Zacarias Moussaoui de sa participation aux attentats du 11-Septembre", souligne l'avocat.

Le système fonctionne

Le son de cloche est similaire aux Etats-Unis.
Pour Tim Roemer, membre démocrate de la commission d'enquête sur le 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed "est le responsable de la mort de 3.000 personnes". Reste que le verdict d'Alexandria prouve, selon lui, que "nous avons un système qui fonctionne. C'est ce qui nous sépare vraiment des terroristes".
Un sentiment exprimé aux Etats-Unis tant par ceux qui étaient pour la peine de mort, comme le maire de New York à l'époque des attentats, Rudolph Giuliani, qui a marqué son "considérable respect pour notre système juridique", que par ceux qui sont soulagés par le verdict.
L'affaire Moussaoui vient surtout rappeler, si besoin était, que le plus dur reste à faire, qu'Oussama ben Laden court toujours. Et que Washington ne peut ou ne veut pour l'instant juger d'autres responsables, qu'il s'agisse des personnes détenues à Guantanamo ou ailleurs dans des lieux secrets...

"Second couteau"

Seuls dix des prisonniers de la base américaine à Cuba ont commencé à être jugés, et si Washington dit avoir condamné plus de 200 terroristes dans le cadre du Patriot Act aux Etats-Unis depuis le 11-Septembre, ses détracteurs soulignent que ce sont des cas mineurs.
Du coup, pour Ira Robbins, professeur de droit américain, le gouvernement Bush a voulu faire de Moussaoui une "métaphore" du 11-Septembre. "Ceux que le gouvernement voulait vraiment juger étaient les 19 pirates de l'air et Oussama ben Laden".
Un procès pour l'opinion publique américaine? Me Baudouin, lui, n'est pas loin de le penser. "On a servi un second couteau d'Al-Qaïda qui n'était pas directement impliqué dans les attentats. Il est plus facile de faire de Zacarias Moussaoui l'exutoire de la douleur, légitime, des familles de victimes", réagit l'avocat.
"On a vu en le lui coupable idéal. L'administration américaine tenait son bouc-émissaire", considère Me Baudouin. "Il a été jugé plus pour ses propos, son comportement, souvent odieux, que pour ses actes", a-t-il poursuivi rappelant que son client a souvent été "le meilleur allié de l'accusation".

Perpétuité inexistante

Selon lui, le procès a mis en évidence les carences du FBI qui détenait des informations sur la préparation des attentats. "Il y a des négligences que l'on a essayé d'éluder".
"Il n'en demeure pas moins que ce procès s'inscrit dans le cadre d'une guerre affichée contre le terrorisme qui permet tout et n'importe quoi. Comme "une peine disproportionnée par rapport aux actes reprochés".
En vertu de la convention d'entraide judiciaire signée entre la France et les Etats-Unis, Zacarias Moussaoui peut demander à purger sa peine en France. Cette demande sera alors examinée par les autorités judiciaires américaines et françaises. Seul problème, celui de la concordance des peines. En France, la perpétuité réelle n'existe pas.
Ses avocats ont laissé entendre qu'ils poursuivraient leur combat pour que Zacarias Moussaoui ne finisse pas ses jours dans une prison américaine. (Avec AP)

 

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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 19:05

Les éditoriaux de la presse française commentent, vendredi 5 mai, la condamnation à perpétuité de Zacarias Moussaoui aux Etats-Unis.

LE MONDE

" (...) Le refus du jury d'infliger au seul inculpé traduit devant la justice, à ce jour, pour sa complicité dans les attentats du 11 septembre 2001, révèle non seulement les faiblesses de l'accusation, mais aussi l'ampleur du doute qui traverse la société américaine au sujet de la peine de mort. (...) Le déroulement et l'issue du procès d'Alexandrie, en dépit ou à cause des provacations de Moussaoui et des efforts du procureur pour susciter un désir de vengeance au nom des trois mille victimes, sont exemplaires. Sous l'autorité de la juge Léonie Brinkema, la justice américaine a fait la démonstration qu'elle est capable de juger honnêtement l'accusé le plus odieux. (...) "

LA CROIX
Dominique Quinio

"Amérique, tu as perdu ", a crié Zacarias Moussaoui, en entendant mercredi soir le verdict des jurés du tribunal fédéral d'Alexandria (Virginie) qui lui épargnait une condamnation à mort.
(...) Son procès était tellement exceptionnel qu'il est difficile d'en tirer une conclusion sur l'évolution du débat autour de la peine de mort aux États-Unis. Le choix philosophique de l'abolition n'est pas majoritaire dans le pays, mais les adversaires de la peine capitale mènent leur stratégie sur plusieurs fronts, pour rétrécir au maximum son champ d'application : en démontrant le nombre important d'erreurs judiciaires, en dénonçant l'inhumanité de certaines méthodes utilisées pour exécuter la sentence, en obtenant qu'elle ne soit pas prononcée pour des accusés mineurs ou malades mentaux? Dans les faits, la peine de mort recule. Moussaoui trouvera-t-il dans les longues années d'enfermement qui l'attendent l'occasion de remettre en question ses certitudes mortifères ? Les familles des victimes et le pays tout entier, quant à eux, peuvent se dire, et dire au monde, qu'au terme d'un procès respectueux des droits de chacun, la justice est passée."

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

" (...) Le grand mérite des jurés d'Alexandria aura été de résister à la tentation de la vengeance et de condamner Zacarias Moussaoui pour ce qu'il était (un "petit télégraphiste haineux") et non pour ce qu'il aurait voulu être (un "grand général"). Ils auront su résister à la charge émotionnelle d'un procès émaillé de témoignages bouleversants. Ils auront su également résister à la pression de l'administration Bush qui voulait, à travers ce procès de l'unique inculpé, à ce jour, après les attentats du 11 septembre 2001, faire un exemple et exorciser la douleur d'un peuple. A cet égard, on ne soulignera jamais assez la dignité de nombreuses familles des victimes pour qui "justice a été faite". Et bien faite. La France, hostile à la peine de mort, a tout lieu de se féliciter d'un épilogue qui nous évite un débat épineux avec l'Amérique. Mais qui ne nous dispense pas de nous interroger sur le pourquoi de l'itinéraire démoniaque d'un Français qui voulait simplement... devenir quelqu'un! "

L'ALSACE
François Bécet

" (...) Sans entrer dans un débat sur la justice américaine et les peines qu'elle inflige, un sentiment de malaise reste perceptible : Moussaoui n'est sans doute qu'un comparse que l'équipe de George Bush a présenté comme un grand terroriste. Sa peine semble disproportionnée et il serait souhaitable qu'il puisse la purger en France, dans des conditions moins inhumaines.
Le malaise augmente quand on constate que le " cerveau " présumé des attentats, Khaled Cheikh Mohamed, et leur " coordonnateur ", Ramzi Ben Al Shaiba, n'ont pas été sortis des prisons secrètes de la CIA où ils croupissent. Ils auraient pu dire le rôle exact de Moussaoui et " leur " vérité sur le 11 septembre. Beaucoup estiment qu'ils ne seront jamais jugés. Ce fut un procès pour calmer les victimes, pour montrer que le gouvernement reste déterminé dans sa lutte contre le terrorisme. Mais pas un procès pour la vérité. Le droit a peut-être gagné en ce sens que la peine de mort souhaitée par la Maison Blanche n'a pas été prononcée, mais cette justice est incomplète."

LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Jean-Claude Kiefer

"Personne ne dira le contraire : Zacarias Moussaoui a bénéficié d'un "procès équitable", parfaitement conforme aux standards des conventions internationales. Le jugement a été rendu en toute sérénité, sans esprit de vengeance, avec un sens des responsabilités qui honore les jurés américains. Pourtant, que d'émotions lorsqu'ont été racontés les derniers instants des innocentes victimes du 11 septembre 2001 ! (...) Même si Moussaoui n'a pas tué, il était dans les rouages de l'assassinat collectif. Même s'il a la nationalité française, il " appartient " désormais aux Etats-Unis et à une terrible histoire. Le rapatrier en France, pour qu'il purge une peine de vingt ou trente ans suivie d'une libération pour "bonne conduite", confinerait à l'irresponsabilité. Veut-on vraiment "fabriquer" un "martyr" sur notre sol pour l'exposer aux revendications des mouvements islamistes ? Pour autoriser d'odieux chantages ? Que Zacarias Moussaoui aille dans sa prison du Colorado où sont déjà enfermés les auteurs de l'attentat d'Oklahoma City ou le tristement célèbre "Unabomber". Personne ne s'apitoie sur leur sort."

LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

"Il en est de certains cris de victoire comme de certaines indignations: ils sont pour les uns pathétiques, pour les autres disproportionnées mais disqualifient également leurs auteurs. C'est ainsi que le verdict condamnant Moussaoui à la prison à vie a été accueilli par une ultime fanfaronnade de celui qui venait d'échapper à la peine capitale. (...) Si on peut excuser les excès verbaux d'une mère submergée par le chagrin, on est stupéfait par la sympathie suspecte qui se manifeste pour cet homme qui, tout au long du procès, n'a cessé de revendiquer sa culpabilité, de crier sa haine de l'Amérique, d'insulter les 3 000 victimes du 11 septembre, de cracher sa détestation de tous les "infidèles". Il est à craindre que cette compassion pour cet homme ne cache bien mal une détestation pour l'Amérique. Alors qu'il conviendrait plutôt de rendre hommage à la rigueur de ce tribunal américain, à ces douze jurés pointilleux et à la dignité des familles des victimes après le verdict."

L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"Car Moussaoui en rajoutait jusqu'à la caricature. La peine capitale qu'il risquait, il la voulait lui même autant que ses accusateurs. Lui, pour devenir un martyr. Eux, pour que l'épilogue judiciaire soit à la hauteur de la tragédie du 11 septembre. Les jurés en ont décidé autrement. Ni martyr ni coupable idéal, Moussaoui devra néanmoins purger une peine beaucoup trop lourde pour lui. En France, estime l'un de ses avocats, il aurait été condamné "au maximum à 10 ans de réclusion". Il n'en reste pas moins que par ce verdict, et contrairement à ce qu'on pouvait craindre, la justice américaine a évité l'écueil de la vengeance aveugle. C'est un revers pour Bush qui, d'opérations guerrières en détentions arbitraires à Guantanamo, s'est placé au-dessus des lois internationales et des droits de l'homme au nom de sa lutte contre le terrorisme. Loin de la rumeur du monde désormais, Moussaoui va se retrouver, pour de longues années, seul face à lui même. Comprendra-t-on un jour comment un garçon élevé à Narbonne et ayant fait ses études universitaires à Perpignan, a pu en arriver là ?"

LA DEPECHE DU MIDI
Jean-Christophe Giesbert

"La mort qui a frôlé Zacarias Moussaoui durant son long procès l'aura finalement épargné. Le Français finira sa vie en prison. Aux Etats-Unis, ou en France, si celle-ci obtient qu'il puisse y purger sa peine. Il faut saluer cette décision juste, sage et courageuse du tribunal d'Alexandria. Elle honore la justice américaine mise à rude épreuve tout au long de ce procès marathon par le prévenu le plus imprévisible et insupportable des annales judiciaires américaines. Au point qu'on voyait mal, en dépit de l'inconsistance de bien des éléments avancés par l'accusation, comment Zacarias Moussaoui pouvait échapper à la peine de mort qu'il réclamait à cors et à cris afin de mourir en héros. (...) Belle leçon de justice que ce procès Moussaoui. Elle contraste avec les brutalités commises en Irak et les traitements indignes d'une démocratie infligés aux prisonniers de Guantanamo. Elle nous fait oublier, un temps seulement, son goût immodéré pour la peine de mort que vient de dénoncer l'atroce agonie du malheureux Joseph Clarke. Ainsi va l'Amérique: le meilleur y cotoîe toujours le pire..."

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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 19:02
WASHINGTON - Zacarias Moussaoui a échappé à la peine capitale parce que certains jurés l'ont considéré comme un acteur mineur du complot des attentats du 11-Septembre, déclare l'un d'eux, cité par le Washington Post.
Selon ce juré, Moussaoui est un "personnage ignoble" qui a cependant embelli le rôle qu'il est censé avoir joué dans ce complot.
"Il n'était pas nécessairement partie prenante dans l'opération du 11-Septembre", déclare ce juré au Post. "Son rôle, pour ce qui est du 11-Septembre, était en fait mineur".
Moussaoui, qui a avoué être membre d'Al Qaïda, a été condamné formellement jeudi à la prison à perpétuité et cette peine est incompressible. Il avait plaidé coupable l'an dernier de six chefs d'accusation de conspiration en liaison avec les attentats de 2001.
Le juré a déclaré au Post qu'il est l'une des trois personnes, au sein du juré (composé de 12 membres) qui ont fait inscrire des "circonstances atténuantes" au document de verdict, en y indiquant que Moussaoui avait une "connaissance limitée" du complot du 11-Septembre.
"Il a peut-être été partie prenante d'une opération parallèle, une seconde vague d'attaques, mais il n'était en aucun cas en passe de piloter un avion le 11 septembre", a estimé ce juré.
Le Washington Post précise que ce juré s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat pour ne pas être harcelé si son nom était révélé.
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Elle joue double jeu...

- Hubert Védrine et Marylise Lebranchu se sont longtemps cachés derrière un refus de l'aide consulaire de Z. Moussaoui pour ne pas agir (lors de la demande, il n'était alors question que de visa expiré).

- Comme le gouvernement précédent, le suivant a accepté l'entraide judiciaire avec les Etats-Unis au mépris total des principes de la France sur la peine de mort. Procureurs américains et agents du FBI ont ainsi pu venir enquêter en France pour recueillir des témoignages à charge contre Moussaoui.

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